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Soixante cinquième article de blog : L’organisation du travail peut reposer sur autre chose qu’une hiérarchie méfiante et imposant ses volontés.

L’organisation du travail peut reposer sur autre chose qu’une hiérarchie méfiante et imposant ses volontés.
Le professeur Isaac Getz a ainsi développé le concept d’une prise de décision copartagée entre tous les membres d’une même entreprise. Au Luxembourg, l’IMS est prête à sauter le pas.
En haut, le chef. En dessous, des strates de responsables: codirecteurs, chefs de secteur, responsables de service, cadres, employés.

Le modèle classique d’une entreprise bien structurée sur le papier, mais dont Isaac Getz ne cesse de pointer l’inefficacité. «Il s’agit d’une conception d’entreprise d’un autre âge», commente le professeur de l’ESCP Europe*.

Depuis une dizaine d’années, le spécialiste en leadership et innovation plaide pour un autre concept: l’entreprise libérée. Lui préfère voir se créer des firmes où la majorité des salariés sont libres et responsables d’entreprendre toute action qu’eux-mêmes décident comme meilleure pour leur organisation. Tout cela au service d’une vision portée, «non plus par un patron tout-puissant mais un meneur charismatique».

A terme, la question qui ne résonnera plus dans les couloirs devant être : «Je fais quoi, chef?»

Sans contraindre, ni contrôler

Et de préciser immédiatement: «Je ne parle pas de cette tendance de « freedom washing » consistant à installer des baby-foot et des salles de repos en faisant croire aux salariés que c’est là le symbole ultime qu’ils n’ont aucune pression de leurs supérieurs». Le concept développé par ce doctorant en psychologie se veut «moins superficiel».

Isaac Getz a ainsi construit un principe organisationnel dont, déjà, une centaine d’entreprises se sont inspirées en Europe. Dans le secteur privé comme le public, dans des PME comme dans des groupes importants.

Et de citer pêle-mêle aussi bien Michelin, Decathlon que la société GSP de Metz (spécialisée dans la sécurité) ou la Sécurité sociale belge et ses 1.000 postes. Pour l’heure, le Luxembourg reste à la traîne sur ce modèle (lire ci-contre)

 
 

Le principe repose sur les attentes essentielles de tout homme, et donc tout salarié: un triple besoin de confiance, de réalisation de soi et d’autodirection. «Je ne connais personne qui va travailler avec enthousiasme pour un Ebitda de 12%», se moque le professeur. Selon lui, il appartient plutôt au leader de créer les conditions de satisfaction de ces attentes humaines. Condition sine qua non pour que l’ensemble de son équipe donne le meilleur d’elle-même, «sans contraindre, ni contrôler comme dans l’ancien monde».

Pas si simple

Avec cette philosophie qu’on pourrait qualifier d’humaniste, l’attention est préférée à la supervision, la confiance à la défiance, l’autonomie à l’autorité. A terme, des personnels plus engagés finissant par créer une organisation du travail bien plus performante que dans le cas d’une structure fondée sur la méfiance et le contrôle.

Ce leadership de la transformation doit être incarné d’abord par le « dirigeant » lui-même. Il doit apprendre à lâcher prise, aimer servir, accompagner, respecter. Pas si simple après des décennies où le stéréotype du patron reste celui de l’homme providentiel qui gère tout, dirige seul et qui inspire la crainte. Dans l’entreprise libérée, le boss doit perdre de son ego. «Il devient moins visible mais plus présent.» Il se concentre sur la vision pour son entreprise le développement de ses valeurs. «Ce n’est pas à lui de faire tourner la boutique mais aux équipes auto-dirigées, insiste Isaac Getz. Lui prépare le coup d’après.»  

Soixante quatrième article de blog :Les événements se succèdent plus vite que jamais. Comprenez-en le sens sous le propos de la Spirale Dynamique.

Les événements se succèdent plus vite que jamais. Comprenez-en le sens sous le propos de la Spirale Dynamique. Que vous ayez entendu parler de SD, que vous ayez lu le livre, que vous ayez eu une introduction ou que vous vous sentiez bien avancé, cet événement est fait pour vous. Transformez votre façon de voir et de travailler dans le monde. Cliquez ici pour rejoindre l’événement SPIRAL DYNAMICS Live qui se tiendra à Londres, en novembre. Les résultats obtenus par nos clients incluent l’augmentation de la capacité des dirigeants de 50 à 300% ; des gains de performance significatifs, des équipes – 20 à 39% ; les Coach / Mentors font l’expérience de la transformation de leurs mentorés dès lors qu’ils atteignent des performances supérieures et une vie plus satisfaisante. Vos progrès dépendent-ils des autres ? Comprendre les gens, les encadrer et les accompagner dans le changement et la résolution innovante des problèmes ? Si vous aviez un meilleur soutien, les choses s’amélioreraient-elles ? Ce programme vous fournit des outils importants, des stratégies, des idées et des secrets sur ce qui motive les gens. Profitez de cette opportunité UNIQUE. C’est le moment idéal pour vous lancer. Rendez-vous à Londres ! Le meilleur à vous, Sources : Propos de Mario Rastelli pour Natasha Todorovic-Cowan PDG NVCConsulting / Co-créateur Programmes et certifications Spiral Dynamics® Ce billet vous a inspiré, plu ? pensez à le partager ! Vous avez des questions, sur le fond ou comment appliquer : osez nous contacter !

Soixante troisième article de blog : Ken Wilber : en marche vers une révolution jaune ? (1ère partie)

« Ken Wilber est source d’une pénétrante compréhension. » (Deepak Chopra) « Il a été comparé à Platon, Einstein, William James, Freud et Hegel… entre autres. » (Roger Walsh) « Une nouvelle synthèse scientifique extraordinaire de la conception scientifique et spirituelle de la condition humaine. » (Mitchell Kapor, au sujet du livre de Ken Wilber Une brève histoire de tout) « Rien n’est aussi opératoire qu’une bonne théorie. » (Kurt Lewin) « Vous ne changerez jamais les choses en vous battant contre la réalité existante. Pour changer quelque chose, construisez un nouveau modèle qui rendra l’ancien obsolète » (Richard Buckminster Fuller). Or, et l’actualité nous le démontre quotidiennement surtout en cette période : « faire toujours plus de la même chose conduira invariablement au même résultat ». « Faire plus de la même chose » où Comment réussir à échouer (Paul Watzlawick) est bien la solution que nous propose la politique d’Emmanuel Macron qui depuis son élection présidentielle s’entête à me donner raison (cf. « Macron psychopathe ? »). Dans cette série d’articles, nous allons tenter de présenter des auteurs ou des penseurs susceptibles de nous conduire sur d’autres voies que l’ultra-solution prônée par le système Macron (sous-titre du livre de Paul Watzlawick ci-dessus). Or, les français ont un don particulier qui semble être celui de passer à côté des principaux auteurs dont les conceptions sont à même de révolutionner notre vision du monde. Ainsi, après avoir raté le tournant de la sémantique générale qui a tout de même inspiré des chercheurs indépendants tels que Gaston Bachelard ou bien Henri Laborit, inventeur de la notion de pensée complexe qui sera ensuite largement développée par un certain Edgar Morin, etc., notre pays s’est démarqué en ayant également ostracisé un auteur tel que Ken Wilber qui a écrit un essai reconnu comme un des livres les plus importants jamais publiés par des gens d’horizons extrêmement variés tels que David Böhm, Al Gore, Huston Smith, Michael Murphy, Daniel Golleman ou Larry Dossey, etc. Rien de moins… et c’est peu de le dire ! Ken Wilber a développé une vision du monde intégrale, pluri- et transdisciplinaire qu’il nomme une théorie de tout dans laquelle il définit le spectre de la conscience comme un processus dynamique du développement qui débute par des niveaux prépersonnels, se poursuit par des niveaux personnels eux-mêmes transcendés par des niveaux transpersonnels. Le suffixe trans- signifie « qui traverse l’espace ou la limite, qui est de l’autre côté de la limite que désigne le substantif de la base ». Son souci principal a été de chercher une conception du monde qui puisse inclure et accueillir tous les dimensions, niveaux, domaines, vagues, modes, individus, cultures, etc. ad infinitum, car pour lui : tout le monde a raison et chacun « détient une part importante de la vérité, et toutes ces parts de vérités se doivent d’être honorées, chéries et comprises dans un embrassement plus courtois, plus ample et plus compassionnel ». Comme il le précise lui-même, il n’attaque jamais la croyance centrale d’aucune discipline, mais seulement la revendication que telle ou telle discipline a de détenir la vérité unique. Car pour lui, chaque approche est vraie pour l’essentiel… mais partielle. Et il se répète : « vraie mais partielle, vraie mais partielle, vraie mais partielle… », et de rajouter : « … sur ma tombe, j’espère de tout cœur qu’un jour quelqu’un écrira : ce qu’il a dit était vrai mais partiel ». L’approche intégrale de Ken Wilber est une tentative de réponse « simplexe[1] » afin d’aborder cette complexité avec plus de perspicacité, et donc, une meilleure compréhension du monde dans lequel nous vivons. Wilber présente une manière d’organiser tout ce que l’on sait du monde selon des approches, scientifiques, philosophiques, spirituelles, pratiques, etc. en isolant leur dénominateur commun afin d’en dégager une cohérence d’ensemble. La pensée intégrale, qui peut paraître complexe au néophyte, tend à simplifier toutes nos connaissances humaines dans tous les domaines de la vie depuis que le monde est monde, mais sans réduire cette connaissance à un réductionnisme mutilant tueur de créativités. Entreprise considérable s’il en est, il faut étudier cet auteur pour en comprendre la pensée et entrer dans ses représentations, car il nous donne des outils efficaces pour mieux appréhender les problèmes auxquels nous sommes tous confrontés. Un rapide rappel de quelques-unes de ses notions clefs nous aidera à mieux situer le cadre de sa théorie. Les holons : C’est un des concepts les plus fondamentaux de toute la théorie de Ken Wilber. Il emprunte le terme holon (hol-on) à Arthur Koestler pour qui les holons sont des touts/parties qui composent la réalité. A. Koestler a créé ce mot pour désigner une entité qui est simultanément un tout en soi et une partie d’un autre tout. Ainsi, le tout d’un quark devient une partie d’un atome, le tout d’un atome devient une partie d’une molécule, le tout d’une molécule devient une partie d’une cellule, et ainsi de suite. Le tout d’un niveau devient une partie du tout d’un niveau suivant. L’univers entier est construit à partir de holons et la théorie intégrale est l’étude des holons où qu’ils apparaissent. Chacune de ces entités n’est ni un tout ni une partie, mais un tout/partie : un holon. Les holons sont organisés en holarchie. Holarchie : Une holarchie est une hiérarchie naturelle : le tout d’un niveau devient une partie du niveau suivant (comme dans l’exemple fourni ci-dessus). Pratiquement tous les processus de croissance, de la matière à la vie et au mental, s’inscrivent dans des holarchies qui sont des hiérarchies naturelles ou des ordres croissants de holisme. Les hiérarchies naturelles ou holarchies ont mauvaise réputation en raison de la confusion entretenue avec les hiérarchies de domination : oligarchiesploutocratiesaristocratiesynarchie, etc. Elles sont cependant d’une importance cruciale à comprendre, car le non-respect de ces holarchies naturelles conduit aux hiérarchies pathologiques ou de domination. Ce qui est bel et bien l’un des plus gros problèmes de notre époque. Les 10 niveaux du processus de croissance : Pour Ken Wilber, le processus de croissance est figuré par quatre niveaux pré-personnels, trois niveaux personnels et trois autres trans-personnels, etc. Le tout forme un modèle de développement humain en neuf étapes que l’on peut simplifier selon trois, voire quatre stades : pré-personnels, personnels et transpersonnels ou bien pré-rationnel, rationnel, trans-rationnel ou encore égocentrique, ethnocentrique, mondocentrique, kosmocentrique, etc. Attention toutefois, pour la « sectorisation » en quatre stades, les écrits de Wilber qui s’inspirent de très nombreux auteurs (il déclare avoir développé son modèle d’après la synthèse d’environ deux cents grilles de développement d’auteurs occidentaux et orientaux) peuvent prêter à confusion. Par exemple, l’une des grilles de développement qu’il utilise souvent, celle du développement moral de L. Kohlberg, divise également le développement en pré-conventionnel, conventionnel et post-conventionnel. Cela correspond chez Ken Wilber aux stades pré-rationnel et rationnel comme indiqué dans le tableau ci-dessous. Ce qu’il ne précise pas toujours et peut entraîner des confusions pour ceux qui le lisent et souhaitent saisir son concept de transrationnel. Vers une révolution jaune, tableau 1 Tableau 1 Cette précision importante étant faite, j’ai choisi de vous présenter ces 10 niveaux de conscience sous forme de tableau, mais la représentation la plus juste serait celle d’une spirale dynamique telle qu’ont pu la concevoir les psychologues Don Beck et Cris Cowan d’après les travaux de leur professeur Clare Graves (ouvrages non traduits en français). Vers une révolution jaune, tableau 2 Tableau 2 La description de ces dix niveaux nécessite une présentation plus approfondie qui dépasserait le cadre de ce billet, mais l’idée générale étant que chaque stade décrit une vision du monde différente. Le monde paraît différent et est perçue différemment à chaque niveau et à mesure que de nouvelles capacités cognitives se déploient et évoluent. Pour Ken Wilber ce passage est obligatoirement une inclusion et une transcendance. C’est-à-dire que la trans-rationalité dépasse et inclut la rationalité qui elle-même transcende et inclut la pré-rationalité. C’est en quelque sorte une version améliorée du célèbre aphorisme : « Le tout est plus grand que la somme des parties. » Mais pour que cette évolution, cette inclusion et cette transcendance, soient possibles, il est nécessaire d’intégrer les deux principaux chemins d’accès à la connaissance – l’interne et l’externeque Ken Wilber appelle « sentier de gauche » et « sentier de droite » chacun s’exprimant soit de façon individuelle, soit de façon collective. Le tout se présente sous la forme de quatre quadrants qui renvoient également à une grille de lecture abordant toute problématique selon un point de vue différent donnant ainsi schématiquement quatre façons d’aborder un problème (dans un prochain article, nous verrons comment ces quatre manières d’appréhender le réel peuvent également se conjuguer pour parvenir à être toutes associées entre elles ce qui, au final, revient à aborder un sujet selon une vision intégrale telle qu’ici promue). Les quatre quadrants : Si le spectre de la conscience peut être organisé en niveaux et/ou stades, ou selon un axe vertical symbolisant une holarchie (ou hiérarchie naturelle), l’outil nouveau et sans doute le plus puissant que Ken Wilber met à contribution dans Une brève histoire de tout est cette idée qu’il existe quatre « quadrants » du développement[2]. Autrement dit il existe une spirale dynamique du développement de la conscience qui progresse selon une hiérarchie naturelle combinée à quatre différentes « dimensions » ou quatre différents domaines d’investigation du réel. Les quatre quadrants ou système AQAL et leurs principaux représentants sont ainsi figurés par Ken Wilber (il existe également d’autres représentations plus complètes couplées aux stades du processus de croissance ou à des holarchies correspondant à chaque quadrant) : Vers une révolution jaune, tableau 3 Tableau 3 Les quadrants SD et ID représentant le sentier de droite forment ce que Wilber appelle le Grand Un ou le royaume du TOUT CELA et de la Terre Plate (Flatland), domaine d’investigation du réel privilégié par l’idéologie du post-modernisme ambiant qui outre le fait de dénier les réalités subjectives – sentier de gauche –, qui sont en fait des réalités psychiques objectives complétant les réalités physiques objectives[3] – sentier de droite –, commet également l’une des principales erreurs de raisonnement dénoncées par Wilber : la confusion pré-trans ou cpt en abrégé. La confusion pré-tans : Cette confusion est sans nul doute, dans le prolongement de l’erreur catégorielle que je ne peux présenter ici faute de place (cf. Les trois yeux de la connaissance), l’un des biais cognitifs parmi les plus importants à connaître. Laissons à Ken Wilber le soin de nous expliquer ce qu’il entend par « confusion pré-trans » : « Il est toutefois un […] obstacle à l’émergence d’une vision du monde complète, et celui-ci est sans conteste le plus fascinant de tous. Cet obstacle, cette confusion, a corrompu, sous ses formes diverses, les travaux des psychologues de Freud à Jung, des philosophes de Bergson à Nietzsche, des sociologues de Lévy-Bruhl à Auguste Comte. On le retrouve aussi bien derrière la vision du monde mythologique et romantique que derrière la vision rationnelle et scientifique ; aussi bien dans les tentatives actuelles visant à prôner le mysticisme que dans celles visant à le dénoncer. Je suis convaincu que tant que cet obstacle n’aura pas été levé, tant que cette confusion n’aura pas été dissipée, nous serons dans l’incapacité d’élaborer une vision du monde qui soit vraiment complète. J’ai baptisé cet obstacle la “confusion pré/transˮ [abrégé en cpt] et j’entends en expliquer la nature dans le cadre de ce chapitre. Il est relativement simple de formuler l’essence de la confusion pré/trans. Nous commençons tout simplement par supposer que les êtres humains ont en réalité accès à trois domaines généraux d’être et de connaissance – le sensoriel, le mental et le spirituel. La terminologie variera selon les préférences : subconscient, conscient et surconscient, ou prérationnel, rationnel et transrationnel, ou prépersonnel, personnel et transpersonnel. La difficulté est liée à un fait assez simple : le pré rationnel et le trans rationnel, par exemple, sont non-rationnels, chacun à leur manière, en conséquence, ils paraissent relativement semblables, voire identiques au regard du profane. Cette confusion – entre “préˮ et “transˮ a deux conséquences possibles : les domaines transrationnels sont réduits au niveau pré-personnel [cpt-1 en abrégé], ou les domaines prérationnels sont élevés à une gloire transrationnelle [cpt-2 en abrégé]. Dans un cas comme dans l’autre, la vision du monde est tronquée, une moitié du monde réel (le “préˮ ou le “transˮ) étant victime d’une profonde erreur de traitement et de compréhension[4]. » Selon cette conception « tous les objets de ce monde ne peuvent donc être considérés que comme des objets ayant connu un certain développement. Ce dernier peut être progressif, régressif ou stationnaire, mais il n’est jamais totalement absent. Bref, tous les phénomènes se développent, donc une phénoménologie authentique est toujours évolutive, dynamique – ce fut, par exemple, l’essence de la Phénoménologie de l’Esprit de Hegel[5]. » (Notons également pour les lecteurs habitués de ce site que c’est aussi l’essence même de la théorie de la perversion narcissique que nous retrouverons dans les prochains articles en suivant les traces de Ken Wilber.) Pour bien comprendre ce qu’est la confusion pré-trans, il faut donc avoir en tête les dix niveaux du spectre de la conscience définis par Ken Wilber qui s’inspire en cela des travaux de la spirale dynamique de Clare Graves et de ses successeurs (cf. bibliographie) ainsi que des 3 stades résumés en prépersonnel, personnel et transpersonnel (cf. tableau 2). Et «puisque le développement évolue du prépersonnel ou transpersonnel en passant par le personnel, et puisque le prépersonnel et le transpersonnel sont, chacun à leur façon, non-personnels, alors le profane aura tendance à croire que le prépersonnel et le transpersonnel sont semblables voire identiques. En d’autres termes, il fera une confusion entre les dimensions prépersonnelle et transpersonnelle – et nous voici au cœur de la cpt[6]. » Compte tenu de l’importance de cette confusion chez la plupart des penseurs ou théoriciens en sciences humaines, tant en occident qu’en orient, prenons deux exemples parmi les plus significatifs que nous communiquent Wilber : « En ce qui concerne le développement psychologique humain, les deux exemples majeurs de cpt-1 et cpt-2 sont, respectivement, Freud et Jung (quoiqu’ils ne soient pas les deux seuls représentants de ces classes, ainsi que nous le verrons). Freud avait une notion correcte du ça prépersonnel (A) et du moi personnel (B), mais il réduisit toutes les expériences spirituelles et transpersonnelles (C) au niveau prépersonnel. Les intuitions transtemporelles sont expliquées comme étant des pulsions prétemporelles du ça ; le sâmadhi transsujet/objet est considéré comme une régression vers un narcissisme présujet/objet ; l’union transpersonnelle est interprétée comme une fusion prépersonnelle. Freud suit, à tous égards, la VM-1 (fig. 1 ci-dessous). La VM-1 n’est pas bien entendu propre à Freud. Elle caractérise l’orthodoxie occidentale classique – de Piaget à Sullivan en passant par Adler et Arieti. J’ai le sentiment que Jung se situe à l’extrême opposé. Il avait une notion correcte et très claire de la dimension transpersonnelle ou spirituelle, mais il la fondait et la confondait souvent avec les structures prépersonnelles. Pour Jung, il n’est que deux domaines majeurs : le personnel et le collectif – et il a donc tendance, comme Assagioli lui-même l’a fait remarquer, à obscurcir les différences importantes et profondes existant entre l’inconscient collectif inférieur et l’inconscient collectif supérieur ; soit entre le collectif prépersonnel et le collectif transpersonnel. Ainsi, Jung se retrouve-t-il parfois amené non seulement à glorifier des formes de pensée mythiques infantiles, mais encore à faire subir un traitement régressif à l’Esprit. Quoi qu’il en soit, ses disciples et lui n’ont conscience que de deux domaines majeurs – le moi et le Soi. Le développement humain est donc perçu comme se déroulant selon un axe moi-Soi, qui se présente comme dans le schéma de la figure 2, le Soi se situant au niveau inférieur et le moi au sommet. Voici ni plus ni moins une VM-2, et comme nous le verrons, elle est acceptée de manière générale par maints psychologues transpersonnels, même par ceux qui désavouent Jung. » La vision du monde (VM-1) de la cpt-1 (fig. 1) : Prépersonnel A (C) ○▬▬▬▬▬○ B Personnel La vision du monde (VM-2) de la cpt-2 (fig. 2) : Transpersonnel C (A) ○▬▬▬▬▬○ B Personnel Alors qu’une vision du monde (VM) correcte résumant l’ensemble du spectre de la conscience devrait plutôt être schématisée ainsi selon Wilber (fig. 3) : Prépersonnel A ○▬▬▬▬▬○ B Personnel B ○▬▬▬▬▬○ C Transpersonnel. Je n’ai présenté ici que quelques notions clefs de la philosophie intégrale de Ken Wilber, mais il en existe bien d’autres. Bien que la carte ne soit pas le territoire (cf. Alfred Korzybski), ce dont Ken Wilber a particulièrement conscience, l’intérêt des travaux de cet auteur résident dans le fait qu’il puisse proposer une carte intégrale qui nous permette de nous diriger dans un monde de plus en plus complexe tel que nous le vivons à l’heure actuelle et si comme toutes cartes, la sienne manque encore de précisions, c’est toutefois l’une des plus abouties qui vous permettra de naviguer plus aisément dans les méandres de la complexité humaine. En outre, il est à noter que son positionnement sur la spirale dynamique se situe au niveau correspondant à celui que Clare Grave a défini comme étant A’N’-Jaune caractérisant des individus qui valorisent le savoir, sont en apprentissages permanents et disponibles pour partager leurs connaissances. Les personnes centrées en A’N’-Jaune savent exprimer leur soi, mais jamais aux dépens d’autrui, ils ont pris conscience de l’état désastreux du monde tout en étant sensibles aux autres. Ils ont une vision systémique des problèmes et veulent contribuer à régler les problèmes globaux, etc. (pour aller plus loin dans la description des valeurs promues à chaque niveau de conscience, cf. La Spirale Dynamique de Fabrice Chabreuil et Patricia Chabreuil). À titre d’exemple, je donnerais une liste restreinte de quelques auteurs français centrés A’N’-jaune : Pierre Theilard de Chardin, Henri Laborit, Edgar Morin, Joël de Rosnay, l’astronaute Patrick Baudry, Hubert Reeves, etc. De nos jours, la conscience A’N’-Jaune serait représentée par 5% de la population mondiale d’après les estimations des successeurs de Clare Graves, mais se pourrait-il qu’inconsciemment une poussée de « fièvre » jaune puisse « booster » ce niveau de conscience dont nous aurions bien besoin pour résoudre les problèmes posés par la conscience capitaliste centrée en ER-orange et ceux qui émergent déjà de la conscience relativiste de FS-vert ? En résumé, pour franchir l’obstacle qui se présente à nous collectivement, nous devons d’ores et déjà passer l’étape du post-modernisme par une critique constructive de cette philosophie de vie qui imprègne et domine le monde d’aujourd’hui. Cependant, pour Ken Wilber, penseur critique du post-modernisme, le principal problème des post-modernes réside dans leur narcissisme (cf. son livre non traduit en français Boomeritis). Fait étonnant, Emmanuel Macron est le premier président à incarner cette idéologie attestant par-là de son influence prégnante (cf. « Emmanuel Macron, président du post-modernisme »). Or pour sortir du post-modernisme, il n’y a qu’une seule solution : développer une conscience centrée en A’N’-Jaune… ça ne s’invente pas… serait-ce encore une fois que ce soit le peuple qui montre la voie ? Philippe Vergnes Bibliographie succincte : Pour vous familiariser avec la théorie et les travaux de Ken Wilber, la lecture de ses quelques livres en français est un préalable indispensable de même que les quelques rares auteurs français qu’il a pu inspirer dont voici la liste : Carfatan, Serge (2017), Connaissance de la totalité, pourquoi l’homme fonctionne comme une totalité vivante ?, Paris : Almora, 400 p. Chabreuil, Fabien & Chabreuil, Patricia (2015), La Spirale dynamique (3e édition), Paris : InterEditions, 264 p. Drouot, Patrice (2013), La révolution de la pensée intégrale, Escalquens : Dangles, 300 p. Guérin, Véronique & Ferber, Jacques (2007), Le monde change… et nous ?, Lyon : Chronique Sociale, 252 p. Visser, Frank (2017), Ken Wilber, la pensée comme passion, Paris : Almora, 464 p. Wilber, Ken (1983), Les trois yeux de la connaissance, Monaco : éditions du Rocher, 213 p. Wilber, Ken (1997), Une brève histoire de tout, Boucherville : Mortagne, 452 p. Wilber, Ken (2013), Grâce et courage, Paris : Almora, 624 p. Wilber, Ken (2014), Une théorie de tout, Paris : Almora, 282 p. Wilber, Ken (2017), Le livre de la vision intégrale, Paris : InterEditions, 240 p. (Ce dernier livre est une introduction simplifiée, pour ne pas dire « simpliste », d’accès très facile à la philosophie de Ken Wilber. Il ne saurait toutefois en être véritablement représentatif.) Principaux sites internet : Le journal intégral, le blog d’Olivier Breteau qui présente une myriade d’articles en lien avec la théorie intégrale de Ken Wilber. Philosophie et spiritualité, le site de Serge Carfatan qui comporte des leçons de philosophie très complètes portant sur les travaux de Ken Wilber et bien d’autres encore. Spirale dynamique, le site de Fabrice Chabreuil et Patricia Chabreuil sur la spirale dynamique qui a fortement inspiré la vision intégrale de Ken Wilber. Ressource intégrale, le site du physicien Patrice Drouot, l’auteur du livre La révolution de la pensée intégrale. Développement intégral, le site de Jacques Feber incluant de nombreuses analyses sur notre société en lien avec la spirale dynamique et la vision intégrale de Ken Wilber. Et enfin pour les anglophones, le site de Ken Wilber : kenwilber.com.


[1] Berthoz, Alain (2009), La simplexité, Paris : Odile Jacob, 256 p. « La simplexité, telle que je l’entends, est l’ensemble des solutions trouvées par les organismes vivants pour que, malgré la complexité des processus naturels, le cerveau puisse préparer l’acte et en projeter les conséquences. Ces solutions sont des principes simplificateurs qui permettent de traiter des informations ou des situations, en tenant compte de l’expérience passée et en anticipant l’avenir. Ce ne sont ni des caricatures, ni des raccourcis ou des résumés. Ce sont de nouvelles façons de poser les problèmes, parfois au prix de quelques détours, pour arriver à des actions plus rapides, plus élégantes, plus efficaces. » [2] C’est cette idée que j’avais tenté d’exprimer « naïvement » dans mon article « Se comprendre ou s’entretuer : question de logique ? » sans même connaître Ken Wilber à l’époque. Mon intuition initiale se rapprochait plus du système AQAL que du développement « alambiqué » que je lui avais alors donné pour cet article dont la parution m’aura au moins permis de connaître Ken Wilber suite à l’intervention d’un lecteur qui en a fait le rapprochement. Qu’il en soit remercié. [3] Cf. les écrits d’un auteur tel que Pierre Solié par exemple. [4] Wilber, Ken (1987), Les trois yeux de la connaissance, Monaco : éditions du Rocher, 213 p. (p. 137). Tout le chapitre 7 est consacré à la description et aux exemples de ce que Ken Wilber appelle la confusion pré-trans. [5] Ibid., pp. 137-138. [6] Ibid., p. 139.

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Soixante deuxième article de blog: Une brève histoire de la science émergente des systèmes de valeur

Traduction Dit DawlabaniClare W. Graves, psychologue spécialiste du développement et professeur émérite à Union College, a d’abord posé les fondements de ce nouveau paradigme révolutionnaire. Son cadre, qui a duré toute une vie de recherche, s’appelle Les niveaux de l’existence humaine. Graves était un contemporain d’Abraham Maslow, l’un des premiers psychologues à avoir revendiqué les théories d’une nature hiérarchique du développement humain dans sa théorie de la «hiérarchie des besoins». Graves entreprit de vérifier le travail de son collègue en façonnant plus théorie unifiée de la psychologie humaine. Après avoir interviewé plus d’un millier d’étudiants de Maslow au fil des ans, il lui est apparu que, dans la réalité, les besoins du modèle de Maslow semblaient correspondre à ce que Graves appelait les «niveaux». Graves était convaincu que le modèle n’exprimait pas correctement la dynamique de la nature humaine, le processus des systèmes émergents, ou l’ouverture du développement psychologique d’un être humain mature, qu’il a conclu caractérise le développement de notre espèce. À la manière dont on a besoin d’aujourd’hui, Graves était un penseur visionnaire de son époque qui, au lieu de s’efforcer de trouver des variations sur les modèles et théories psychologiques existants, a commencé à rechercher les raisons qui sous-tendaient les points de vue changeants de la nature humaine. La réponse à la raison pour laquelle tant de choses ont mal tourné pour amener l’économie mondiale au bord de l’effondrement en 2008 après la récession persistante a commencé à sembler très différente une fois examinée à travers la lentille hiérarchique plus riche de la perspective de Graves. Vous trouverez ci-dessous son propre résumé du cadre dans lequel il a perçu la nature humaine. «En bref, ce que je propose, c’est que la psychologie de l’être humain mature soit un processus en spirale se déroulant, émergent, oscillant, caractérisé par une subordination progressive des systèmes plus anciens d’ordre inférieur à des systèmes plus récents d’ordre supérieur en tant que particulier les problèmes existentiels changent. Chaque étape, vague ou niveau d’existence est un état par lequel les gens se dirigent vers d’autres états d’être. Lorsque l’humain est centralisé dans un état d’existence, il a une psychologie particulière. à ce stade. Ses sentiments, motivations, éthique et valeurs, biochimie, degré de activation neurologique, système d’apprentissage, systèmes de croyances, conception de la santé mentale, idées sur ce qu’est la maladie mentale et son traitement, conception et préférence pour la gestion, l’éducation, l’économie et la théorie et la pratique politiques sont toutes appropriées à cet état .  » Ce qui est important dans le domaine de l’économie, et plus particulièrement de la méménomique, est que la recherche de Graves a été le tout premier modèle qui ne visait pas uniquement à comprendre les comportements et les motivations des consommateurs, des producteurs et des décideurs économiques. Il a également proposé que tous ces éléments soient examinés dans une perspective plus globale prenant en compte la biologie (capacités cérébrales), la psychologie (comment les gens pensent) et la sociologie (où vivent les gens), et les examiner dans un contexte de une culture dynamique en constante évolution. Graves a classé ces dimensions dans huit niveaux hiérarchiques d’existence connus, appelés systèmes de valeurs, auxquels ces groupes humains peuvent appartenir. Cette carte constituait la toute première carte psychologique complète de l’expérience humaine, connue sous le nom de modèle bio-psycho-social sur lequel repose en grande partie la philosophie intégrale d’aujourd’hui. Don Beck et Christopher Cowan ont été les deux personnes les plus déterminantes dans la diffusion des travaux académiques de Graves à un public mondial. À la suite de nombreuses années de collaboration étroite avec lui, ils ont mis ses vastes recherches au service d’applications réelles qui ont confirmé ses découvertes et les ont complétées par leurs propres recherches. Bech et Cowan ont incorporé une grande partie du travail exhaustif de Graves dans leur propre théorie appelée «Spiral Dynamics» et ont co-écrit un livre novateur intitulé Spiral Dynamics: Mastering Values, Leadership and Change. Au cours des années suivantes, Beck continua à faire évoluer les travaux de Graves en collaborant avec le philosophe intégral Ken Wilber à la création de Spiral Dynamics Integral ajouta le thème des quatre quadrants du cadre de la philosophie intégrale au modèle AQAL (All Quadrants, All Levels), qui a depuis défini une grande partie du travail de Wilber. Sur le plan théorique, Beck et Cowan continuent tous deux de vérifier le grand nombre de recherches de Graves laissées derrière par différentes applications et méthodologies. Beck compare le concept de Graves de cartographie psychologique au projet du génome humain. Depuis ses premiers travaux avec Graves, il est devenu le leader reconnu dans l’application des principes de cette science émergente des systèmes de valeurs aux points chauds de la planète. Au cours d’une période de dix ans, il a joué un rôle majeur dans la conception de la transition de l’Afrique du Sud après l’apartheid. Il a co-écrit un livre de 1991 intitulé The Crucible: Forger l’avenir de l’Afrique du Sud, qui souligne l’importance de la compréhension de la macro-mémétique des cultures afin de concevoir politiques politiques et économiques. Au cours des dernières années, les travaux de Beck ont influencé les décideurs en Europe, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient, notamment le 10 Downing Street et la restructuration du gouvernement islandais après la crise financière. Ils ont également permis aux dirigeants de la Palestine de construire une société autonome et viable. état de confiance et paisible. Pour la première fois, la psychologie à grande échelle commence à se substituer à des manières arcaniques et linéaires de regarder ce qui motive des groupes et des cultures entières. C’est ce changement de paradigme consistant à voir le monde à travers les lentilles stratifiées des systèmes de valeurs présentées par le cadre de Beck / Graves qui définit les principes de Memenomics. Aujourd’hui, Beck a 70 ans et travaille sur une autre évolution de la théorie actuellement appelée The Master Code. Cette recherche influente sur la nature des valeurs humaines continue de se dérouler au travers de nombreux Gravesians de troisième génération formés dans le monde entier. Aujourd’hui, il existe plus de quinze centres pour l’émergence humaine qui couvrent le globe, du Chili au Moyen-Orient et en Russie, et ils utilisent tous les méthodologies de Graves / Beck pour faire progresser la compréhension de la nature humaine.

Définition d’arcaniqueToute opération hermétique dont le secret ne doit être connu que des seuls initiés. (En occultisme, c’est le nom des cartes, ou lames, du jeu de tarot utilisé à des fins divinatoires : 22 arcanes majeurs et 56 arcanes mineurs.)

Memenomics pp35-35 Sources : https://www.facebook.com/groups/1444189599130630/permalink/2170113159871600/

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Soixante et unième article de blog :

  Si vous êtes dans un chemin de conscience, vous avez certainement dû rencontrer la phrase «aller à la rencontre de soi» ou de «son être véritable», «savoir qui l’on est vraiment», «découvrir sa nature essentielle», etc. Or quand on y regarde de plus près on se rencontre que toutes ses phrases qui semblent identiques renvoient en fait à des réalités fort diverses. Certains parlent de vacuité, d’autres encore parlent de la personne mature, d’autres encore parlent d’âmes ou de lumière intérieure.

Le terme vacuité a plusieurs significations : Tout d’abord, de façon générique, la vacuité est l’état de ce qui est vide. Dans le domaine de la philosophie et de la littérature, la vacuité est aussi le vide intellectuel ou l’absence de valeur ; on parlera ainsi de la vacuité d’une existence

Qui croire? quel est ce «vrai nous» qui se trouve à l’intérieur de nous. Comment passer du «je suis nul» ou «l’autre est un salaud» à «je suis une âme divine qui a pris forme humaine» ou «je suis Lumière et Amour», voire à «Je ne suis personne» ou «je suis pure conscience». Est ce que tout ces «je» renvoient à la même personne, à la même partie de cet être que je désigne comme étant «moi»? Or ce que nous prenons pour «je» est très instable, il évolue de moments en moments, il est impermanent comme disent les bouddhistes.

On peut passer de la joie à la peur en quelques instants. Il suffit d’un mot ou d’un geste pour passer parfois du calme à la colère, de la personne sûre de soi à la fragilité du petit enfant, de la fatigue à l’excitation, du dénigrement à la participation mystique avec la nature. Plus généralement, on peut constater que l’on fonctionne comme si nous étions dans des modes d’être, des manières de considérer les choses, de ressentir et d’agir.

Chacun de ces modes agit comme s’il avait sa propre personnalité, son propre niveau de conscience, son propre rapport au monde, c’est-à-dire de manière de “voir” ce qui se passe dans notre vie et d’agir à partir de cette vision. J’utilise parfois le terme “mode” plutôt que niveau de conscience, parce qu’il est plus neutre et pour ne pas qu’il y ait une rivalité de type « je suis dans un niveau plus haut que toi » qui n’a aucun intérêt.

D’autre part, le terme mode, comme je l’utilise, fait référence aux modes de fonctionnement d’un ordinateur: mode normal, sans échec, super-utilisateur, etc. Chaque mode correspond à des possibilités différentes, à des fonctionnalités plus ou moins puissantes, et chaque mode a son intérêt, sa fonction. Tous ces modes sont pour la plupart inconscient tant qu’on n’a pas fait un travail sur soi, tant qu’on n’a pas pris conscience que, finalement, nous sommes de drôles de machines nous-mêmes et que, même sans être des ordinateurs, nous avons des fonctionnements qui nous dépassent et qu’il s’agit de les comprendre pour les faire évoluer dans le sens que nous désirons. Le bonheur réside en effet dans la souplesse psychique avec laquelle nous allons passer plus ou moins harmonieusement d’un mode à un autre. En ayant une “carte” de ces modes nous pouvons mieux saisir ce qui nous arrive afin d’apercevoir les “défauts de fonctionnement”, les “bugsissus non seulement des blessures de l’enfance, mais aussi, beaucoup plus simplement de notre manque de développement de conscience sur la nature de qui nous sommes vraiment. Si l’on essaye de synthétiser les grands enseignements spirituels ainsi que les différents courant de la psychologie développementale en utilisant l’approche Intégrale, on peut caractériser nos modes de fonctionnement psychique en quatre grands modes principaux. Chacun de ces modes correspond a une manière d’appréhender et de vivre dans le monde. Elle implique aussi une certaine notion d’identité, une façon particulière de dire ‘je’. En allant du mode le plus « frustre »(ou primitif) au plus subtil, nous avons successivement les modes suivants :

  1. le mode infantile (le mode du moi immature), (l’enfant)
  2. le mode mature (l’adulte)
  3. le mode de l’âme (le sage)
  4. le mode de l’Esprit ou du « je suis » (la vacuité, la grâce)

Même si tous les modes existent potentiellement à l’intérieur de chacun, un individu qui ne connait que le premier mode ne peut « voir » les autres, et les personnes qui vivent plus souvent à partir de ces modes plus subtils sont vus comme des fous, des illuminés ou comme des prophètes, par les premiers. Ils suivent donc une dynamique de développement, et bien qu’ils soient tous présents en chacun d’entre nous, ils s’éveillent progressivement à la conscience et les trois niveaux supérieurs s’ancrent s’approfondissent au fur et à mesure de notre cheminement. Chaque mode est caractérisé par une certaine manière de considérer notre vie et notre rapport au monde. Lorsque nous entrons dans l’un de ces modes, c’est comme si la Vie nous apparaissait différente de l’autre mode, comme si le monde avait une autre substance, une autre logique globale.

Le mode immature ou infantile

Le mode infantile ou immature est celui qui fonctionne à 95% au sein de la population mondiale. C’est celui qui est aussi le plus souvent actif chez chacun d’entre nous, à moins d’être des sages ou des saints. Il est caractérisé par une faible intégration des différents aspects de notre personnalité et souvent dominé par l’enfant intérieur, ce petit enfant que nous avons été et qui contrôle encore une grande partie de nos réaction vis à vis du monde. Cela peut être agréable dans un moment de détente ou dans une fête, mais son manque de conscience le rend incapable de prendre en charge sainement tout ce qui vient limiter d’une manière ou d’une autre son désir de toute puissance. Il n’y a pas que l’enfant intérieur qui régit ce mode là, mais aussi son miroir, le parent normatif cassant et contrôlant qui considère que seule sa manière d’agir est la bonne. On voit nettement le mode infantile fonctionner chez l’automobiliste moyen (que nous sommes pratiquement tous  ) qui peut passer du « pousse toi, je suis pressé, tu me gêne! » du jeune nerveux au « pfff, quelle inconséquence! » du papy. Le premier ne pense qu’à lui, alors que le second juge le premier en oubliant qu’il se comporte ou se comportait ainsi. Ces deux sous-modes, celui du « je fais ce que je veux » au comportement débridé et celui du sénior « ils font n’importe quoi, que fait la police! » contrôlant et cassant, ne sont en fait que deux faces ou deux aspects de ce mode immature. Ce caractère infantile est aussi très déclenché lorsque nous rencontrons une blessure psychique en nous qui nous fait régresser à l’état de petit garçon ou de petite fille, lorsque nous avons le sentiment d’être abandonné, rejeté, humilié, pas reconnu, trahi, Ce mode est caractéristique du fonctionnement des premiers niveaux de la Spirale Dynamique (Violet, Rouge, Bleu, Orange) et commence à diminuer en Vert par le travail psychique qui commence à se faire à ce niveau.

Le mode mature

Le mode « mature » est celui que nous devrions avoir en tant qu’individu adulte, qui prend conscience des autres et se sent responsable de ses actes et de leurs conséquences. En ce moment une part de plus en plus importante de la population « avancée » passe dans ce mode de manière plus ou moins permanente (environ 4% de la population mondiale). Il est caractérisé par une beaucoup plus grande intégration des aspects intérieurs, mais aussi et surtout par l’ouverture à l’autre, la capacité à relativiser, à voir plusieurs solutions à la fois, à avancer de manière souple dans la vie, tout en accueillant profondément ce qui est, ce qui est en train de se vivre ici et maintenant. Il constitue l’enjeu de toutes les psychothérapies et des différents courants de ce qu’on appelle «le développement personnel». Globalement, le passage du moi infantile au moi adulte consiste à arrêter de projeter la faute de ce qui nous arrive sur quelqu’un d’autre («c’est pas moi, c’est l’autre») en ramenant tout à nous mêmes (de manière non-narcissique bien entendu), et de passer de l’enfant qui se plaint, juge les autres ou soi-même (honte, culpabilité), à l’adulte qui constate et apprend de ce que les événements lui amène. Du point de vue de la Spirale, il correspond au passage du niveau Vert à Jaune, c’est-à-dire à l’entrée dans le 2ème cycle de la Spirale.

Le mode de l’âme

Le mode de l’âme est connu des artistes, des mystiques et des saints, car c’est la part créatrice et inspirée. Sur le plan symbolique, l’âme est une petite étincelle de Dieu qui a pris un corps pour vivre sur terre. Elle est la part divine qui s’est incarnée dans un corps et qui fait l’expérience de la Vie. Elle s’exprime intérieurement comme un centre de nous mêmes, un être plus sage, plus créatif, plus puissant que notre moi ordinaire. C’est l’inspiration qui nous fait écrire, composer, créer, nourrir, soigner, transmettre et bouger spontanément notre corps, une fois que nous avons ouvert la porte à sa présence. Il n’est pas possible de parler de ce mode sans s’ouvrir à la spiritualité et la présence de l’âme est toujours paradoxale: «C’est comme si quelqu’un de plus grand que moi s’exprimait en moi et au travers de moi sans que cela soit moi». C’est la part de nous mêmes qui est l’endroit où le Soi s’incarne en nous et nous parle doucement. On peut voir l’âme comme ce qui transcende le temps et s’incarne dans un corps humain disposant d’un mental. Tout se passe comme si notre corps et notre petit moi était le véhicule de cette puissance divine intérieure qui cherche juste à s’accomplir sur Terre. L’âme n’est pas intéressée par le petit ‘moi’ mais par le monde, la vie, les autres…

Par le fait qu’elle est connectée à l’ensemble du vivant, elle ne peut plus vouloir son bien uniquement pour elle-même.. Elle est donc mue par l’amour, par l’Agape, l’Amour inconditionnel pour ce qui est et ce qui vit. Dans la perspective de la Spirale, bien que l’âme puisse s’exprimer à tous les niveaux lors d’un état «mystique» ou «créatif», elle commence à être vraiment reconnue comme une partie permanente de notre être à partir de Turquoise et s’incarne totalement au niveau Corail/Indigo (après Turquoise), lorsque le moi a cédé les commandes de l’être à l’âme.

Le mode de l’Esprit ou du «Je suis»

Le mode de l’Esprit ou du « Je suis » est celui de la conscience pure, où la nature essentielle de l’esprit apparait, dans sa pureté, au delà de toutes les pensées et de toutes les croyances. Dans ce mode là, le « moi » disparait, mais l’âme aussi. Le temps n’existe plus, le karma non plus. Il n’y a plus rien que la vacuité de l’Esprit qui emplit tout. La vie apparait comme si cela n’était qu’un grand et merveilleux jeu divin, la «leela», dont nous sommes les personnages sans nous en rendre compte, plongé dans notre ignorance de croire que nous sommes quelqu’un. Nous avons commencé à décrire ce mode dans l’article Arrêter les pensées et réaliser la nature de l’esprit. On devient un bambou creux, une écorce vide et en même temps remplie de cette substance divine qui est partout et nulle part. L’identité individuelle disparait. Difficile même de dire «moi» ou «mon identité» depuis ce mode, car à quoi se référerait ce «moi» ou ce «mon»? Qui suis-je quand il ne reste que la vacuité indicible et extatique d’être rien? Le langage, qui ne cesse de faire des référence à un sujet pensant, qui éprouve des joies et des souffrances, ne correspond plus au vécu où il n’y a plus de sujet et où les émotions ne sont attachées à personne, mais simplement à des sensations physiques qui apparaissent et disparaissent. Et même la parole qui sort de ce corps n’est plus la « mienne»: elle apparait dans cette conscience infinie où il n’y a plus de «je». Tout est parfait. Mais ce mode, sauf pour les grands maître mystiques n’est souvent qu’éphémère et fait partie des expériences d’éveil sur notre chemin de Vie.

La figure 1 illustre ces différents modes. Dans les deux modes du moi infantile et du moi mature, c’est le moi qui est aux commandes, alors que dans le mode de l’âme (et encore plus celui de l’Esprit), ce sont d’autres aspects de nous-mêmes, invisibles depuis le moi, qui dirigent l’individu.

Des manières différentes de voir le monde

Prenons un exemple: votre compagnon/compagne vous a préparé un petit plat, et il ne vous convient pas du tout. Comment le vivez vous?

  1. Vous vous sentez frustré(e) voire en colère. Comment ne peut-elle(il) pas connaître vos goûts? Vous le lui faites savoir avec de l’irritation ou bien vous vous taisez en prenant sur vous et en vous disant que c’est juste ce que vous méritez? (enfant)
  2. Vous vous rendez compte qu’elle(il) ne vous connait pas encore, ce que vous trouvez tout à fait normal, et vous lui en faites part tranquillement. En même temps, vous essayez le plat en vous disant que peut être, aujourd’hui, vous pouvez ressentir autrement ce plat. Encore une belle occasion d’apprendre sur vous. (adulte)
  3. Vous regardez la situation avec bienveillance. Vous voyez en même temps votre frustration infantile, l’humour de la situation, et la merveille de vivre ces instants. Car ne pas aimer quelque chose, c’est déjà être vivant. Vous prenez votre compagnon/compagne dans les bras avec un sentiment d’Amour éperdu. Au delà des sentiments agréables ou désagréables que cela peut avoir, vous sentez que vous êtes connectés à la Vie en faisant l’expérience de l’incarnation. Il n’y a plus que l’Amour qui s’exprime en vous avec lui/elle (âme).
  4. Vous contemplez tout cela comme si vous étiez dans un film, comme s’il s’agissait d’un tableau animé. Vous ressentez la félicité issue de la merveille de cet instant magique créé par le Divin, dans cette danse de l’illusion (le gout) et de sa beauté. Vous « vous » regardez agir et entendez parler comme s’il s’agissait d’un autre que vous, dans l’extase et la perfection de l’Etre (Esprit).

Plus on s’élève dans les modes, plus on prend en compte des aspects de l’univers, plus on embrasse les situations, les personnes et l’ensemble des êtres dans une vision de plus en plus globale.

Dans le mode infantile, on s’intéresse surtout à soi. Le passage au mode mature consiste en une prise en compte complète de l’autre et des autres (comme de la nature) dans chacun de nos actes. Des pratiques comme la Communication Non-Violente, les techniques de gestion des conflits et des émotions, les thérapies centrées sur les blessures du coeur, les accords Toltèques, Ho’oponopono (pardon)1, sont des outils pour nous aider à passer de l’ego infantile au moi mature. Le passage au mode de l’âme, qui constitue comme une sorte d’un réveil intérieur, nécessite un lâcher prise de l’ego pour s’ouvrir à quelque chose de plus grand que lui. Ce lâcher-prise est souvent pris comme un renoncement par l’ego, par une petite mort à son mode de fonctionnement habituel. De ce fait, cette transformation intérieure qui nécessite du temps pour devenir vraiment opérante, s’effectue souvent initialement en ayant des expériences spirituelles profondes et puissantes, caractéristique des conversions religieuses. Avant vous étiez athée, maintenant vous sentez la présence divine en vous et surtout l’Amour divin. C’est bien plus que la foi: vous «savez», vous faites l’expérience du tout autre en vous. Votre vie en est changée à jamais. Vous pouvez commencer à dire «que ta volonté soit faite», vous vous sentez guidé vers l’accomplissement de votre destin. Mais alors que pour beaucoup de religions, l’histoire s’arrête là, certaines ont pu aller plus loin encore et passer au quatrième mode, la réalisation de l’Esprit, généralement vécu comme une mort, une dissolution de toute la personnalité dans la Conscience pure dans l’Amour pur au delà de tout sentiment. Cela prend l’aspect d’un éveil c’est-à-dire d’une sortie de la matrice de l’illusion, de la Maya du monde et du moi. Elle est généralement le résultat d’années de méditations et de pratiques, cette libération s’effectuant progressivement, mais elle peut apparaitre brusquement, à la suite d’une expérience mystique. Ces quatre modes, sont le fruit d’un développement de l’être qui s’ouvre naturellement à des réalités de plus en plus subtiles, mais aussi de plus en plus vraies. Chaque passage au mode d’après est une ouverture vers la Vérité. Mais même après avoir ouvert la porte au dernier mode, le travail sur le moi continue. Car l’ego est puissant et ramène toujours l’individu dans ce désir d’avoir, de prendre, dans l’attachement vis à vis de l’autre ou de ses démons. Le travail sur la maturité du moi ne cesse pas en s’ouvrant à d’autres modes. Il le rend simplement plus rapide et plus efficace pour celui qui veut bien le continuer. Car bien entendu, il y a des risques de se croire arrivé, c’est-à-dire de récupérer des modes supérieurs par le mode infantile, quand celui qui se prétend arrivée en nous était justement absent pour que l’éveil apparaisse.

Qui sommes nous finalement?

Cela signifie que si le vrai « moi » n’est pas l’enfant plaintif ou égotique que nous sommes si souvent (si, si, vous aussi ), le « vrai » être que nous sommes peut être aussi bien l’être mature, l’âme ou l’Esprit. Cela dépend des stages et des enseignants psycho-spirituels. Certains vous amènent à simplement passer à plus de maturité, mais la plupart tendent de faire toucher aux deux autres modes, l’âme ou l’Esprit, parfois en ignorant malheureusement qu’il puisse y avoir un autre: si le bouddhisme et les approches non-dualiste tendent à ignorer l’âme pour se consacrer à la Conscience pure de l’Eveil, beaucoup d’enseignant cherchent surtout à nous éveiller à la présence de notre âme et à la canalisation qui en découle. Dans ce cas, ils tirent un trait sur la nature essentielle de l’Esprit, ne connectant pas à la source profonde de notre être qui est pure vacuité. Ces quatre modes constituent pour moi l’essence de la compréhension du fonctionnement des individus et donc le coeur de l’enseignement du Tantra Intégral. Un chemin vers l’âme en conscience, tout en travaillant sur ses pulsions et ses peurs infantiles. Aller vers l’Amour tout en se dégageant de nos croyances sur l’amour humain classique (le prince charmant), voir son ego enfler et dégonfler, en regardant ce processus avec humour et bienveillance, ressentir la Joie d’être, tout en évitant de se perdre dans les addictions. Et paradoxalement, sentir le bonheur de ne plus être, tout en agissant dans le monde à l’évolution de conscience de l’humanité…

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Soixantième article de blog: Une Comparaison De La Terminologie De La Couleur Dans La Théorie Intégrale, La Dynamique Spirale Et La Chakra-Psychologie selon FRANK VISSER

Introduction

Dans Integral Psychology (2000), Ken Wilber a présenté le schéma de couleurs de Spiral Dynamics (SD) à ses lecteurs, peu de temps après l’avoir découvert comme un modèle de développement pratique et attrayant. Il lui fournissait une terminologie neutre pour faire référence à des descriptions de stade de développement complexes telles que « concrète-opérationnelle » ou « pensée post-post-formelle ». Spiral Dynamics est né du travail de Clare Graves, un contemporain d’Abraham Maslow, qui a mis au point un modèle de développement de valeurs et de visions du monde, à l’image du plus connu des Masloviens, tout en mettant l’accent sur nos valeurs et nos expressions. Dans le modèle d’actualisation de soi de Maslow, les étapes pourraient être regroupées en deux sous-divisions.  Les quatre premiers (besoins physiologiques, besoins de sécurité, d’appartenance, d’amour et d’estime) étaient appelés « carences » ou « besoins D ». Les derniers (besoins d’actualisation et de dépassement de soi) ont été appelés « croissance ou être » ou « besoins B« . [1] Cette division entre les groupes d’étapes a été reflétée dans le modèle de Graves en tant que les six premières étapes dites « de premier niveau », suivies de deux étapes dites de « deuxième niveau ». Le franchissement de cette ligne de partage a été présenté dans un article de magazine comme « un saut considérable.
Le modèle a été repris et développé par Don Beck et le regretté Chris Cowan dans Spiral Dynamics: Maîtriser les valeurs, le leadership et le changement (1996). Plus important encore, ils ont remplacé les descriptions de scène abstraites de Graves (telles que GT ou FS) par des couleurs faciles à mémoriser (voir), en utilisant les connaissances de la psychologie des couleurs. [3]
  1. BEIGE – Prairies de la savane où vivaient les premiers hominidés
  2. VIOLET – une couleur de la royauté et des chefs
  3. RED – émotion chaude et excitation sanglante
  4. BLEU – cieux au-dessus, sang-bleu et loyauté «du vrai bleu»
  5. ORANGE – la couleur des fours industriels au travail
  6. GREEN – éco-conscience et approches naturalistes
  7. JAUNE – énergie solaire et nouvelles technologies postindustrielles
  8. TURQUOISE – la couleur de la terre vue d’un méta-niveau (comme la lune) – un système vivant holistique
Une clarification importante est donnée sur spiraldynamics.org de Cowan:
« Bien qu’il y ait une métaphore lâche derrière les couleurs pour les rendre mémorables, Cowan n’a pas l’intention de donner une signification métaphysique ni de dériver les couleurs des chakras ou de tout autre système . L’ordre a été choisi délibérément pour différer du spectre de la lumière visible , même si nous ‘. Nous avons reçu des plaintes de temps en temps de la part de personnes aux idées profondes nous demandant si nous pouvions reconnaître un arc-en-ciel quand nous en voyons un. Les systèmes express-the-self (nombres impairs) ont des couleurs chaudes – beige, rouge, orange, jaune, corail, etc. Les systèmes de sacrifice / renier-soi ont tous été assignés à des couleurs froides: violet, bleu, vert turquoise, etc.  » (emphase ajoutée) [4]
Don Beck et Wilber se sont rencontrés vers l’an 2000 et ont entamé une collaboration qui a abouti à « Spiral Dynamics Integral » ou SDi. À travers les livres de Wilber, les concepts de Spiral Dynamic pourraient atteindre un public plus large. Le système est devenu extrêmement populaire parmi les étudiants à part entière et le langage couleur deviendra la lingua franca de la communauté à part entière pendant de nombreuses années. Des concepts tels que BLUE ou ORANGE ou GREEN en abrégé pour les segments prémodernes, modernes et postmodernes de la société et en JAUNE pour la culture intégrale à venir se sont rapidement répandus, ce qui a amené ceux qui n’étaient pas au courant à se demander quelle société secrète était devenue l’Institut Intégral.
Ken Wilber, La religion de demain Couverture rigide, Shambhala, 2017, 806 pages.
Wilber et Beck ont ​​tous deux convenu que le fait de réduire l’écart entre le premier et le second rang (c’est-à-dire jusqu’au stade JAUNE) ferait une énorme différence pour la société. Ils ont partagé des opinions bien arrêtées sur le « Mean Green Meme« , qui aurait empêché cette émergence de la première des étapes intégrales en raison de son relativisme omniprésent. Cowan, cependant, a fermement résisté à la réinterprétation wilberienne des concepts du développement durable; où Beck voyait des opportunités pour intégrer le modèle de DD dans le cadre de développement plus large de la théorie intégrée. Cependant, après quelques années, Beck et Wilber se sont séparés sur certains différends conceptuels (ou autres raisons non transparentes).

Qu’est-ce que le MEAN GREEN MEME?

meme vert
Un terme accrocheur pour la conscience pluraliste pathologique . Le Meme Green Green (MGM) fait référence aux formes quasi post-fascistes, socialement stagnantes, auto-corrompantes et anti-évolutives de la postmodernité. Il utilise mais dégrade la complexité cognitive et tempéramentale normale de ce niveau de « méta » intelligence. Cela affaiblit non seulement la conscience verte actuelle, mais enflamme également (en justifiant) le bouleversement d’agents culturels modernes et traditionalistes qui considèrent la postmodernité progressive comme un abandon de tout le saint accomplissement de la civilisation humaine.
Étymologie Utilisé par Ken Wilber pour décrire les effets sociaux néfastes de la phase « verte » déséquilibrée de la conscience sociale et cognitive – tronquant l’utilisation de « valeurs-mèmes » dans Spiral Dynamics.
Dans Integral Spirituality (2006), Wilber a présenté un modèle de développement durable « réformé ». Il avait abandonné la moitié des couleurs SD de son schéma et en avait introduit de nouvelles – sans trop de justification ni d’explication. Par exemple, BEIGE est devenu CRIMSON, PURPLE a été remplacé par MAGENTA, BLUE était sorti, ainsi que YELLOW, qui ont été remplacés par AMBER et TEAL. Si vous entendez beaucoup parler d’ organisations  » sarcelle « , c’est de là que vient cette expression [5]. Cela a effectivement créé deux dialectes de couleur différents, et une certaine confusion, parmi les amateurs de codage de couleur, qui ne parlaient plus la même langue. À ma connaissance, peu d’études ont été consacrées à cette révision de Spiral Dynamics par Wilber – des deux côtés de la clôture.

DYNAMIQUE SPIRALE RECOLORED

Dans son dernier livre, The Religion of Tomorrow (2017), Wilber explique au moins partiellement pourquoi il a changé (certaines des) couleurs du schéma de couleurs de Spiral Dynamics. Il écrit:
Au fur et à mesure des recherches sur la « médecine énergétique » et les « énergies subtiles« , les machines évoquant différents niveaux s’appuieront dans certains cas sur l’obtention directe d’un niveau particulier de conscience en résonnant avec une couleur particulière; il est donc très important que ces couleurs soient dans le bon ordre si nous voulons obtenir les niveaux que nous voulons réellement. Spiral Dynamics utilise également des couleurs pour ses 6 à 8 niveaux de base dans la ligne de valeurs, mais ses affectations de couleurs sont totalement décalées selon les traditions tantriques …
Avec Spiritualité intégrale, La vision intégrale , Le livre électronique The Fourth Turning , etc., j’ai explicitement introduit un spectre de couleurs plus adéquat qui correspond à un arc-en-ciel réel – et donc, selon le Tantra, correspond plus précisément aux énergies réelles à ces différents niveaux. de développement. (p. 692)
  Cet argument nécessite des recherches sur le pourquoi et le comment des couleurs dans le cadre Spiral Dynamics. Cela justifie également une comparaison étroite des nouvelles couleurs de Wilber et de celles utilisées dans les textes de psychologie yogique et tantrique. Mon objectif n’est pas de plaider en faveur de l’un ou l’autre de ces systèmes, mais seulement de voir si la prétention de Wilber d’avoir « un spectre de couleurs plus adéquat qui correspond au véritable arc-en-ciel » est justifiée. Bien entendu, l’adéquation du modèle lui-même est une question différente. L’utilisation des connaissances de la psychologie des couleurs est très efficace pour présenter le modèle aux nouveaux arrivants. Les nouvelles couleurs de Wilber n’ont pas cet attrait intuitif initial. Affirmer qu’il faut utiliser les couleurs spectrales parce qu’elles sont supposées correspondre à des énergies ou des fréquences subtiles dans la nature est une revendication plus indirecte. Quoi qu’il en soit, nous devrions d’abord déterminer si les nouvelles couleurs de Wilber correspondent bien à celles du yoga et du tantra. Mais voyons d’abord comment Wilber a modifié les couleurs standard SD et pourquoi. J’ai donc mis en place un tableau comparatif ci-dessous, avec des couleurs ajoutées dans les cellules du tableau pour rendre les différences plus graphiques: En comparant les deux colonnes de ce tableau, vous pouvez maintenant voir clairement les modifications apportées par Wilber au modèle SD initial:
  1. BEIGE est remplacé par INFRARED
  2. PURPLE est remplacé par MAGENTA
  3. BLEU est remplacé par AMBRE
  4. JAUNE est remplacé par TEAL
  5. Les couleurs du troisième niveau ont été ajoutées
Seuls les modèles RED, ORANGE, GREEN et TURQUOISE ont été retenus dans le modèle de Wilber. Contrairement au modèle du développement durable, le modèle de Wilber reconnaît explicitement un troisième niveau, qui délimite la transition des niveaux personnel à transpersonnel, « super-intégral » ou spirituel – là encore, il ne s’agit pas simplement d’une transition d’étape régulière, mais d’une plus grande importance. Un autre « saut », encore plus important que celui du premier au deuxième tiers. Bien que Graves ait apparemment parlé d’un possible troisième niveau, il s’attendait à ce que les couleurs jaune et turquoise soient suivies en premier par quatre couleurs de second niveau, les trois premières portant le label CORAL, TEAL et AUBERGINE [4]. Ainsi, les six étapes de second niveau correspondraient aux six étapes de premier niveau, en tant que sorte de « nombres premiers » supérieurs (avec un troisième niveau donnant « des nombres premiers doubles ») – aboutissant à un schéma plutôt kabbalistique. Wilber, cependant, a jugé opportun de commencer le troisième niveau plus tôt que ne l’avait imaginé Graves:
J’ai constaté que plusieurs caractéristiques pouvant être considérées comme un nouveau niveau (c’est-à-dire le 3ème niveau) avaient commencé beaucoup plus tôt. pas besoin d’attendre encore 4 étapes pour se rendre au 3ème niveau de Graves. (p. 346)
  Beck et Cowan s’opposent à l’interprétation de Wilber de troisième niveau en tant que non gravesienne. Cependant, Cowan a déclaré sur son site Web à propos de l’existence d’un possible troisième niveau (qui comporterait à nouveau six étapes, selon Graves): « Le fait que de tels niveaux soient une réalité est une pure conjecture de la part du Dr Graves qui a Ce pourrait être le cas si la nature humaine continuait sur sa lancée « . [7] Wilber, du moins, semble avoir trouvé une réutilisation significative et empirique de ce concept de troisième niveau, compte tenu de son étude des étapes de développement et des méthodes transpersonnelles tout au long de sa vie. de transformation personnelle. Ce qui pourrait surprendre de nombreux étudiants à part entière, c’est que pour Wilber, les étapes TEAL et TURQUOISE n’ont aucun sens spirituel. Utilisant sa terminologie, ils représentent les versions basse et haute de la « vision-logique », une forme de cognition représentant l’intégration corps-esprit de la phase dite du centaure. Les étapes « super-intégrales » du troisième niveau sont de nature résolument spirituelle. Wilber fournit des données (non corroborées) sur la prévalence de ces stades de deuxième et troisième niveaux:
Il est très rare que des personnes développent des structures de développement intégrales de second niveau, sans parler des structures de développement super-intégrales de troisième niveau. 
En fait, des recherches basées sur les travaux de Claire [sic] Graves suggèrent qu’environ 5% des individus se situent actuellement au deuxième niveau, et ceux situés au niveau supérieur du deuxième niveau (logique à haute vision, centaure tardive). , Fulcrum-8) ne représentent guère plus de 0,5%, soit une personne sur deux cents. Le nombre au troisième rang est un dixième de celui, si élevé. Par conséquent, lorsque les chercheurs enquêtent sur la population moyenne, dont très peu de méditants de longue date, ils trouveront très peu de personnes qui se sont développées en niveaux de structure de second niveau, et encore moins de niveaux de structure de troisième niveau, transpersonnel, super-intégral ou spirituel. développement. (p. 181-2)
En ce qui concerne plus spécifiquement le schéma de couleurs SD classique, Wilber élabore sur le mauvais placement (arc-en-ciel) de YELLOW et VIOLET – et ajoute que ce mauvais placement n’est pas sans conséquences.
(Népal, 17ème siècle) Peinture de chakra (Népal, 17ème siècle)
En tant que moyen (et qu’un seul moyen) de faire référence aux degrés d’altitude (ou «niveaux» d’altitude), la métathéorie intégrale a suivi la pratique ancienne (trouvée dans, par exemple, la psychologie du yoga) de donner à chaque degré ou niveau majeur un arc-en-ciel  » couleur « , par exemple, allant de l’infrarouge au magenta en passant par le rouge, l’ambre en passant par le vert, le turquoise, le turquoise, l’indigo, le violet, l’ultraviolet et le blanc (avec des subdivisions plus que possible). L’ordre des couleurs est important pour les psychologies traditionnelles, car chaque niveau est dit correspondre à une énergie subtile, que l’on retrouve également dans la nature, comme dans un arc-en-ciel, de sorte que l’ordre des couleurs des niveaux d’altitude, contrairement à ceux utilisé par Spiral Dynamics, doit correspondre à l’ordre trouvé dans un arc-en-ciel. Ceci est important car les biomachines activant un niveau donné doivent correspondre à la couleur réelle trouvée à ce niveau. Ainsi, comme un seul exemple, toutes les traditions placent «violet» ou «violet» au plus haut niveau, alors que Spiral Dynamics le place à l’un des plus bas, ce qui se retournerait mal si des énergies réelles étaient utilisées. (p. 349)
Si tel est effectivement le cas, cela souligne l’importance de s’en tenir méticuleusement à la séquence de couleurs trouvée dans la nature. Selon Wilber, une meilleure séquence de couleurs serait une séquence dans laquelle nous passions d’énergies « brutes » et « brutes » à des énergies plus « raréfiées » et « raffinées »:
L’ordre réel des couleurs du spectre développemental s’avère important, pour des raisons données par les traditions elles-mêmes – chaque chakra, par exemple, a une couleur et ces couleurs apparaissent, du plus bas au plus haut, dans le même ordre que dans un arc-en-ciel naturel, car les énergies réelles des chakras seraient des manifestations des mêmes énergies kosmiques produisant des arcs-en-ciel – reflétant la nature « unifiée » du Kosmos lui-même. Il y a donc une raison pour laquelle les chakras fonctionnent de « l’infrarouge » (ou plus précisément, « cramoisi ») et du « rouge » au bas de l’écran, qui sont des basses fréquences de couleurs vives, « violentes » associées à la colère, à la haine, etc. en avant, au vert des couleurs lisses au milieu, représentant des niveaux plus avancés / évolués, ou des bandes, de couleurs et de conscience, bleu et indigo au sommet, avec leurs tons doux, apaisants et pacifiques. (p. 691-2)
La nouvelle palette de couleurs de Wilber semble se conformer à cette règle: nous allons des couleurs chaudes et rougeâtres (en fait de nombreuses teintes, plus tard) aux couleurs plus froides et bleuâtres, culminant en ultraviolet et en blanc. Notez comment Wilber fait appel aux notions populaires sur la psychologie des couleurs ici. Une différence intéressante réside dans le fait qu’en SD classique, les couleurs chaudes et froides alternent (ce qui forme efficacement la spirale). Wilber a complètement dépouillé ce motif en spirale de ses couleurs. (Encore une fois, le fait que les étapes montrent une séquence en spirale entre les couleurs chaudes et froides, ou des étapes I à les étapes We, est une question empirique dans laquelle nous n’entrerons pas maintenant).

LA PALETTE DE COULEURS YOGA / TANTRA

Passons maintenant à la palette de couleurs de la psychologie yogique et tantrique, pour voir si le nouveau modèle de Wilber se comporte mieux que la dynamique spirale classique. Une recherche sur Internet pour « chakra-psychologie » apporte des tonnes d’images détaillant les chakras et leurs supposées couleurs correspondantes. Autant que je sache, ils confirment tous l’arrangement suivant:
Comme toujours, une richesse d’informations historiques est également donnée sur la page Wikipedia sur Chakra . [7] Le concept de chakra peut être trouvé dans les traditions orientales (tantra hindou, bouddhisme Vajrayana, Bon, Qhigong et métaphysique indonésien et malaisien), ainsi que Écoles occidentales (adaptations occidentales des traditions hindoues, tradition orthodoxe orientale de Hesychasm, Nouvel âge et groupes ésotériques). Pour faciliter la comparaison, plaçons le spectre de couleurs à côté, pour voir si les couleurs arc-en-ciel ont bien été attribuées aux chakras ici, dans le même ordre. Le spectre s’étend des fréquences basses (rouge) ou des longueurs d’onde longues aux hautes fréquences (violet) ou des longueurs d’onde courtes, et les sept couleurs spectrales correspondent aux sept chakras, un par un. Cela a un sens intuitif, si le symbolisme (ou l’énergie derrière lui?) Représente un processus de raffinement ascendant de la matière à l’esprit.
Le spectre de la lumière
Couleurs Prisma
Une autre page Wiki sur les chakras nous fournit un historique des chakras et de la façon dont ils nous sont parvenus en Occident – et nous dit que la plupart des enseignants orientaux contemporains utilisent les interprétations occidentales de textes anciens [8]:
C’est la théorie shakta de 7 chakras principaux à laquelle la plupart des Occidentaux adhèrent, consciemment ou non, en grande partie grâce à la traduction de deux textes indiens, le Sat-Cakra-Nirupana et le Padaka-Pancaka , de Sir John Woodroffe , alias Arthur Avalon, dans un livre intitulé The Serpent Power . Ce livre est extrêmement détaillé et complexe, et plus tard, les idées ont été développées dans ce que les théosophes prédominent dans la conception occidentale des chakras, et largement controversé (dans les cercles théosophiques) de CW Leadbeater dans son livre The Chakras , qui sont en grande partie ses propres méditations et idées sur la question. Cela dit, beaucoup de gourous indiens actuels qui incorporent des chakras dans leurs systèmes de philosophie ne semblent pas radicalement en désaccord avec la vision occidentale des chakras, du moins sur les points clés, et ces vues orientales et occidentales se sont développées à partir du Shakta Tantra. école.
Le site Web répète les arguments de Wilber sur le droit d’avoir les couleurs, sinon vous risqueriez des conséquences énergétiques:
On dit qu’il est très important de connaître le bon ton de couleur pour une zone spécifique, car une mauvaise teinte de couleur peut avoir des effets différents sur le système énergétique. Pourtant, différents systèmes diffèrent par les couleurs qu’ils attribuent. Les couleurs ci-dessus représentent simplement, dans l’ordre, les couleurs de l’arc-en-ciel. En d’autres termes, toutes les couleurs monochromes. (emphase ajoutée)

CORRESPONDANCES ENTRE WILBER ET LE CHAKRA

Wilber fournit des correspondances de stade-chakra dans La religion de demain aux chapitres 9, 10 et 11, où il traite des « dysfonctionnements » des stades de développement des premier, deuxième et troisième niveaux. Les corrélations stade-chakra sont brièvement mentionnées au début de chaque paragraphe et discutent des différentes étapes.
Infrarouge Archaïque: « Le moi commence par s’identifier au chakra-barreau 1 et à ses pulsions alimentaires … » (p. 282)
Magenta Magie: « Cela nous amène au chakra-rung 2 (le pranic, le magenta, la bioénergie, le niveau émotionnel-sexuel … » (p. 289)
Red Magic-Mythic: « Des dynamiques similaires, bien que moins motivées, jouent néanmoins avec le chakra-rung 3 … » (p. 297)
Amber Mythic: « At the next major structure-stage, we find dysfunctions occurring with chakra-rung 4… » (p. 299)
Orange Rational: pas de chakra mentionné ici, mais sous Green Pluralistic, Orange est assigné à chakra 5
Green Pluralistic: « … la prochaine structure majeure (green, chakra 5, Fulcrum 6 [partageant le chakra de gorge 5 avec l’orange Fulcrum-5 puisque les deux sont auto-expressifs], esprit pluraliste), … » (p. 321)
Teal Holistic et Turquoise Integral: « … logique de vision basse et haute (sarcelle et turquoise, structures de second rang, chakra 6 – le » troisième oeil « ou synthétisant le chakra … » (p. 332)
Super-intégral: pas de chakra mentionné, seulement en passant à la note 3, chapitre 9: « … entre les niveaux les plus élevés et les plus élevés du 3ème rang et du super-intégral (chakra 7), alors que l’amour devient universel / kosmique et finalement infini dimensions. » (p. 704)
Lorsque nous ajoutons maintenant les couleurs de chakra traditionnelles, sur la base de la recherche sur la terminologie des couleurs que nous avons effectuée ci-dessus, il en résulte le tableau de correspondances suivant — ou devrions-nous voir des « non-correspondances » ?: Le décalage de couleur évident entre ces deux systèmes est douloureux pour les yeux. Seuls les chakras racine, sacré et couronne semblent correspondre au choix des couleurs de Wilber; le reste est complètement désynchronisé. Visuellement, on voit clairement un décalage des couleurs de chakra Indigo, Bleu, Vert. et les couleurs plus chaudes jaune-orange. Le problème ici semble être que Wilber voulait garder Green et Orange à des niveaux aussi élevés, car une grande partie de son analyse culturelle repose sur ces termes. On peut se demander pourquoi Wilber prétendrait que sa palette de couleurs correspond exactement au spectre de couleurs de l’arc-en-ciel. À cet égard, même s’il fait mieux que le modèle SD (mais comme cela a été dit, les fondateurs de Spiral Dynamic n’ont jamais eu l’intention de donner aux couleurs « toute signification métaphysique ou de dériver les couleurs de chakras ou de tout autre système »), semblent être de graves inadéquations ici.
  1. JAUNE est absent du premier niveau
  2. BLEU est absent du premier niveau
  3. Les niveaux de premier niveau sont dominés par RED / ORANGE
  4. GREEN n’est pas synchronisé avec le chakra vert.
  5. TEAL / TURQUOISE ne correspond pas à INDIGO
Il est assez remarquable, pour commencer, que, à l’exception de GREEN, presque tous les étages Wilberian de premier niveau sont affectés à des couleurs ROUGE ou rougeâtre, du rouge cramoisi foncé aux diverses nuances d’orange. Ne sont-ils pas «des basses fréquences de couleurs brutes,« violentes »associées à la colère, à la haine, etc.»? Et si l’Integral Institute libérait des « bio-machines » basées sur sa compréhension des couleurs du chakra, par exemple, pour stimuler le chakra du cœur, cela ne « se retournerait-il pas mal quand des énergies réelles seraient utilisées »? Et ce qui est arrivé à BLUE (chakra de la gorge) et JAUNE (plexus solaire), deux couleurs traditionnelles importantes, qui ne sont pas seulement des couleurs spectrales, mais des couleurs primaires. Si je devais concevoir un jeu de couleurs qui correspond étroitement aux couleurs traditionnelles, je m’assurerais certainement que celles-ci sont incluses. En outre, comme chaque peintre le sait, vous ne pouvez créer ni vert ni orange sans jaune sur votre palette de couleurs. Une autre façon de le dire est la suivante: dans le modèle de couleur de chakra yoga / tantra, les trois couleurs primaires (ROUGE, JAUNE et BLEU) et leurs couleurs secondaires (ORANGE et VERT) constituent la personnalité humaine. Les qualités supérieures sont exprimées par les couleurs INDIGO et VIOLET non primaires (ou même secondaires). Cela semble assez équilibré et conforme au spectre lumineux. Le modèle de Wilber, contrairement à cela, peint la personnalité humaine avec une couleur primaire (ROUGE) et deux couleurs secondaires (ORANGE, dérivé de JAUNE / ROUGE et VERT, dérivé de JAUNE / BLEU). Comme dit, les couleurs primaires de BLEU et JAUNE sont complètement absentes. Les qualités supérieures sont maintenant exprimées par TEAL et TURQUOISE (un écho de Spiral Dynamics, mais quelque peu en contradiction avec le spectre de la lumière, compensant tous deux l’absence de BLEU), suivis des couleurs ultra-intégrales INDIGO et VIOLET. Si une correspondance des couleurs précise et réaliste est si importante et si Wilber souligne ce point plusieurs fois dans The Religion of Tomorrow , cette inadéquation doit être prise en compte. La couleur TEAL nouvellement introduite ne correspond en aucun cas à la couleur INDIGO affectée au chakra du troisième œil par la psychologie du yoga. Cela serait fatal pour tout modèle qui accorde une grande importance à une correspondance étroite entre les couleurs choisies et les couleurs « naturelles », en particulier pour la structure tant attendue de TEAL! Seules les couleurs situées aux extrémités du spectre semblent avoir une certaine ressemblance.

MONTRER VOS VRAIES COULEURS

Bien sûr, on pourrait conserver les couleurs de Wilber de manière pragmatique (ou désespérément?) Même si elles contredisent les schémas de couleurs du yoga, mais quelque chose ne va pas ici. Il n’y a tout simplement aucune autre source pour ces couleurs de chakra que celles que nous avons mentionnées – et elles n’appuient pas les choix de Wilber, même s’il prétend le faire. Et ce n’est pas une simple question de « tous les modèles ont tort » (ou « juste ») à mon avis. Les modèles peuvent être plus et moins informatifs, en fonction du contexte dans lequel ils sont utilisés. Le contexte actuel est le développement psycho-spirituel humain. En ce sens, les couleurs SD originales semblent supérieures, en raison de leur attrait psychologique direct. Wilber justifie son choix de couleurs indirectement (à tort, comme nous l’avons vu) à travers une théorie ésotérique tantrique sur les couleurs de l’arc-en-ciel et les chakras. Wilber peut écrire négligemment des choses comme:
Spiral Dynamics a le jaune comme l’un de ses deux niveaux les plus élevés, alors que les traditions le placent dans la partie inférieure du spectre, dans la gamme rouge / orange. (p. 692)
Mais pour l’amour de Shiva, les schémas traditionnels ont une place unique pour le JAUNE, et ce n’est certainement pas « dans la gamme rouge / orange » – bien que cela puisse être vrai pour la moitié inférieure rougeâtre de la palette de Wilber, où il semble s’être épuisé de peinture jaune et bleue. Non, on considère traditionnellement que le JAUNE correspond au plexus solaire ou au troisième chakra. Wilber écrit comme toujours:
Lorsque j’ai commencé à utiliser Spiral Dynamics comme une introduction facile aux niveaux d’une ligne particulière (la ligne de valeurs), le commentaire que j’ai le plus souvent reçu était « Ouais, mais ils se sont trompés de couleurs » et je disais toujours:  » Oui, mais cela peut être facilement résolu.  » (p. 692)
Wilber affirme qu’il a toujours suivi le chakra depuis son premier livre – du moins implicitement -, mais pourquoi l’alignement est-il si désespérément faux, même après quatre décennies?
Il s’est avéré que ce n’était pas si facile à aborder et j’ai donc dû expliquer clairement un spectre de couleurs plus précis, conformément aux traditions (un spectre de couleurs qui était implicite dans mon travail, et ce jusqu’à mon premier livre, ferait toujours des parallèles avec le système de chakra yoga – et implicitement, ses couleurs) (p. 692)
Mais qualifier la dynamique spirale classique de « schéma inadéquat » semble mal placé, étant donné l’incohérence de son système de couleurs actuel:
Je regrette de ne pas avoir abordé ce problème de couleurs dès que j’ai commencé à utiliser Spiral Dynamics comme exemple de mon travail sur les niveaux et les lignes – cela a contribué à la dispersion d’un système inadéquat; mais, je suppose, mieux vaut tard que jamais pour le corriger. Je vais utiliser le jeu de couleurs plus adéquat dans cette présentation. (p. 692)
« Adresser » le modèle SD classique en ignorant le sens des différentes couleurs et les raisons pour lesquelles elles ont été choisies apparaît comme du vandalisme – et je comprends les réactions fortement négatives des fondateurs de Spiral Dynamics à ces efforts. Cela en dit long sur la position extra-terrestre de Wilber selon laquelle la principale raison de ses changements de couleur, que Wilber mentionne, est que leur utilisation possible dans des « biomachines » (par exemple, des dispositifs de méditation électroniques) pourrait avoir des effets imprévus. Comparez cela à Spiral Dynamics, qui a déployé de nombreux efforts pour tenter de changer le monde réel, en particulier dans les zones de conflit telles que l’Afrique du Sud et le Moyen-Orient. Les couleurs standard SD n’ont apparemment jamais posé de problème. Mais en présentant un schéma révisé, affirmant – sans aucune référence aux sources tantriques, anciennes ou modernes – « j’ai explicitement introduit un spectre de couleurs plus adéquat qui correspond à un arc-en-ciel réel – et donc, selon le Tantra, plus précisément aux énergies réelles de ces différents niveaux de développement « , demande trop de mon imagination. La palette de couleurs révisée de Wilber n’est peut-être pas « totalement inacceptable selon les traditions tantriques », mais elle semble être un hybride maladroit entre le modèle original Spiral Dynamics et le spectre de couleurs arc-en-ciel / chakra. La nouvelle palette de couleurs de Wilber manque de l’expressivité des couleurs Spiral Dynamics et de la précision naturelle des couleurs arc-en-ciel. Compte tenu de sa prétention à l’exactitude, il s’agit d’un domaine qui doit être sérieusement étudié:
  • La nouvelle palette de couleurs de Wilber montre un motif (en quelque sorte) d’arc-en-ciel, allant du rouge au bleu / violet.
  • Cependant, cela ne correspond pas au schéma de couleurs de la tradition yoga / tantra au niveau des chakras, beaucoup de couleurs sont très éloignées.
  • Par conséquent, si les couleurs doivent être très spécifiques à une étape (pour des raisons énergétiques), le nouveau modèle se décompose.
  • Cela ne fonctionnerait que dans un sens très général, car les couleurs vont du rouge chaud au bleu froid: énergisant => apaisant => inspirant.
  • Comparativement au modèle SD et au modèle yoga / tantra, les couleurs du modèle de Wilber sont moins distinctes et moins informatives, en particulier dans les scènes personnelles.
  • Les couleurs primaires que sont le jaune et le bleu sont absentes et les couleurs rougeâtres sont beaucoup trop présentes dans le nouveau schéma de couleurs de Ken Wilber.
  • La prépondérance disproportionnée des couleurs rougeâtres dans cette partie inférieure (couvrant 4½ chakras!) Est un sujet de préoccupation, à la fois du point de vue de la psychologie des couleurs et du point de vue des doctrines ésotériques de l’énergie subtile tantrique.
Dans l’état actuel des choses, la nouvelle palette de couleurs de Wilber n’est ni évocatrice ni précise.

REMARQUES

[1]  » Hiérarchie des besoins à maslows « , www.wikipedia.org

[2] CW Graves,  » Humanity se prépare à un bond en avant « , The Futurist , 1974, p. 72-87.

[3] On trouvera un aperçu historique de cette période dans l’essai de Albion M. Butters intitulé  » Bref historique de la dynamique spirale  » sur ce site.

[4]  » FAQ Couleurs et terminologie « , spiraldynamics.org.

[5]  » Organisations sarcelle « , www.reinventingorganizationswiki.com

[6]  » Niveaux d’existence « , spiraldynamics.org

[7]  » Chakra « , www.wikipedia.com

[8]  » Chakra « , psychology.wikia.com.

ANNEXE 1: SCHÉMAS DE COULEUR ALTERNATIVE

Modèle de relativité intégrale de Lex Neale
Une autre palette de couleurs a été suggérée dans les commentaires de cet essai par Lex Neale, auteur de Connaître le connaisseur: la science intégrale du soi(Integral Publishers, 2015) et créateur du modèle de relativité intégrale. (Dans le commentaire, il ne mentionne que les chakras supérieurs 4 à 7, j’ai donc provisoirement rempli les chakras 1 à 3). Il s’en tient plus strictement au spectre de la boîte à pluie et aligne les différentes couleurs intégrales sur les chakras comme indiqué ci-dessous. Cela semble être un alignement plus naturel, étant donné l’inadéquation des couleurs trouvée dans la version de Wilber. Sa vision de Second Tier est plus différenciée (deux couleurs et chakras lui sont maintenant attribués, qui correspondent à Teal et Turquoise) et résout le désalignement de Wilber avec le pluralisme vert et le chakra du coeur. Cependant, il introduit de nouveaux problèmes en attribuant les facultés rationnelles au plexus solaire, généralement associé au « centre de dynamisme, d’énergie, de volonté (Itcha shakti) et de réalisation » ( Wikipedia), bien que certaines traditions mentionnent explicitement l’intellect au niveau du plexus solaire (voir le tableau de Hill donné ci-dessous). Wilber assigne ces facultés plus raisonnablement, du moins selon les normes modernes, au chakra de la gorge (du langage parlé). Apparemment, les significations associées aux chakras varient selon les traditions. Cela montre qu’il n’existe pas de modèle parfait.
Le modèle STAGES de Terri O’Fallon
Le modèle STAGES, développé par Terri O’Fallon, est une autre utilisation alternative des couleurs et des scènes . Le modèle STAGES a été inspiré par le modèle intégral de Ken Wilber, le modèle de développement du moi de Susanne Cook-Greuter, la logique d’action de Bill Torbert et la philosophie spirituelle de Sri Aurobindo (dont Wilber a également utilisé les termes dans le passé, avant de les modifier récent La religion de demaintermes de sa fabrication, tels que « para-mental » et « méta-mental »). Seize étapes sont distinguées, regroupées en quatre niveaux de quatre étapes chacun. Certaines (sous) étapes ont été ajoutées, telles que celles orientées règles et transpersonnelles. Ce qui est frappant, c’est que toute association avec Spiral Dynamics ou le spectre arc-en-ciel a été laissée derrière. Au lieu de cela, quatre couleurs de base sont utilisées pour les quatre étapes de chacun des quatre niveaux et ces couleurs / perspectives forment un motif récurrent. Cela rappelle la notion dans Spiral Dynamics selon laquelle les six mèmes de premier niveau sont en quelque sorte dupliqués dans les six mèmes de second niveau suivants – certes, une notion spéculative qui doit être corroborée par des preuves empiriques. Dans le modèle STAGES, le motif de répétition est défini structurellement et les limites de niveau sont moins arbitraires que dans d’autres modèles. Chaque niveau représente un nouveau monde d’objets accessibles à la conscience (par exemple, passer du niveau concret au niveau subtil implique de pouvoir penser aux abstractions et aux systèmes). Au sein de chaque niveau, il y a quatre étapes représentant quatre étapes de complexité et de sophistication croissantes: passive, active, réciproque et interpénérative. (Par exemple, le niveau « 3.0 » ou « Expert » est l’étape passive du niveau subtil.) Les niveaux passif et actif se concentrent sur des objets individuels, tandis que les niveaux réciproques et interpénétriques marquent la compréhension des objets collectifs de ce niveau. Cela nous ramène à l’idée d’une alternance de focalisation individuelle et collective trouvée dans Spiral Dynamics, qui a été supprimée par Wilber. L’utilisation de couleurs uniques et uniques pour les différentes étapes,

ANNEXE 2: PLUS SUR LES CHAKRAS

Voir aussi: M.Alan Kazlev,  » La théorie de l’arc-en-ciel des chakras « , www.kheper.net, qui retrace nombre de ces théories contemporaines sur les couleurs des chakras à l’œuvre de Christopher Hills , un philosophe et chercheur spirituel d’origine anglaise ,  » – découvreur de la spiruline de plancton riche en protéines « (LA Times) et auteur de Nuclear Evolution (1970). (Merci à Oliver Griebel et Silvio Wirth pour m’avoir dirigé vers cette page).

« Bien que les aspects psychologiques de cette théorie n’aient pas été compris, l’idée de faire correspondre les sept chakras aux sept couleurs du spectre était si attrayante que presque tous les livres sur les chakras écrits depuis montrent les chakras dans des couleurs arc-en-ciel. » (kepher.net)

Une autre bonne lecture:  » Les 6 choses les plus importantes sur les chakras que vous n’aviez jamais connues « , www.thewayofmeditation.com.au.

«Nous avons donc à peine effleuré la surface de ce sujet. Non, je ne plaisante pas. C’est très complexe, comme vous pouvez le constater en consultant la littérature scientifique, comme celle de Dory Heilijgers-Seelen ou de Gudrun Bühnemann. Il faut une patience et une concentration exceptionnelles pour même lire un tel travail, sans parler de le produire. Alors voici ce que j’espère sera le résultat de ce post: un peu d’humilité. Un peu moins revendique l’autorité sur des sujets vraiment ésotériques. Peut-être moins de professeurs de yoga essaient de dire à leurs étudiants ce que sont les chakras. Zut, la complexité des sources originales me rend humble. Cela fait maintenant douze ans que je suis sanscrit. »(Chad Foreman)

ANNEXE 3: DIVERS MODÈLES DE COULEURS SCIENTIFIQUES

Une autre approche pour évaluer le nouveau schéma de couleurs de Ken Wilber (et repérer les couleurs qui manquent dans sa palette) consiste à comparer les différents modèles de couleurs scientifiques. Premièrement, il y a le modèle de couleur dit RYB (faisant référence au rouge, au jaune et au bleu en tant que couleurs primaires). Il est principalement utilisé dans l’art et le design. Un autre modèle de couleur est le modèle de couleur RVB (pour le rouge, le vert et le bleu), utilisé dans les appareils électroniques tels que la télévision et les ordinateurs. Le jaune et le vert changent de rôle ici en tant que couleurs primaires, quand le rouge et le bleu restent tels quels. Enfin, il y a le soi-disant modèle de couleur CMJN (cyan, magenta, jaune et Blac k), largement utilisé dans le monde de l’impression. Ajouter du cyan, du magenta et du jaune à l’impression ne suffit pas pour créer du noir, il est tout au plus possible de créer un gris. C’est pourquoi le noir a été ajouté au mélange en tant que quatrième « couleur » supplémentaire.

 
RYB RVB CMJN
roue chromatique RyB roue chromatique RVB roue chromatique cmyk
Soustractif Additif Soustractif
 

Tous ces modèles présentent les couleurs dans un cercle ou une roue , et non dans une échelle ou une forme spectrale, ce qui est une caractéristique intéressante. Alternativement, ils peuvent être présentés sous la forme d’un triangle, avec les couleurs primaires sur les trois coins. Cela permet une large gamme de mélanges de couleurs qu’une présentation linéaire ne pourra pas accueillir facilement.

Le modèle de couleur RYB est appelé  » soustractif « , en ce sens que les couleurs absorbent la lumière et reflètent ce qui reste. En revanche, le modèle de couleur RVB est appelé  » additif « , en ce sens que les couleurs s’additionnent lorsqu’elles sont mélangées. Les trois couleurs primaires RYB créent du noir lorsqu’elles sont mélangées. Les trois couleurs RVB créent ensemble le blanc. Et le modèle CMJN est également appelé soustractif, car il est basé sur la lumière réfléchie par la page imprimée.

Un mot sur les couleurs tertiaires. Selon Wikipedia , « une couleur tertiaire est une couleur obtenue en mélangeant la saturation complète d’une couleur primaire avec la demi-saturation d’une autre couleur primaire et aucune des troisièmes couleurs primaires ». Autreles sources les définissent comme suit: « Les couleurs tertiaires sont des couleurs intermédiaires qui sont créées en mélangeant des concentrations égales d’une couleur primaire avec une couleur secondaire adjacente sur la roue chromatique. » C’est un peu plus facile à réaliser sur une page Web, nous allons donc suivre cette définition ci-dessous.

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Cinquante neuvième article de blog: Réflexions sur la spirale dynamique par Serge Carfantan

Leçon 294. Réflexions sur la spirale dynamique Réflexions sur la Dynamique par Serge Carfantan On doit dans les années 60 à Clare Graves, puis à ses successeurs Don Beck et Christopher Cowan l’élaboration d’une théorie du développement mental de l’humanité appelée spirale dynamique. Elle reprend les idées de la pyramide de Maslow, ainsi que celles de la théorie des stades du développement moral1 chez l’enfant de Laurence Kholberg. Elle sert aujourd’hui de modèle en psychologie. Ken Wilber la reprend à son compte en y ajoutant son propre commentaire. L’objet de cette leçon va être d’en faire une exposition dans le prolongement des recherches menées jusqu’ici à travers les leçons. Nous ne chercherons pas simplement à présenter les idées. Il existe sur le Net d’excellent site qui font se travail, notre propos sera plus synthétique et critique. Le fil conducteur est simple et n’a rien d’original : Cela fait longtemps que les anthropologues et les psychologues cherchent un parallélisme entre le développement psychologique de l’enfant (Kholberg est un disciple de Piaget) et le développement mental de l’humanité (la psychologie humaniste de Maslow). Ce qui fait problème c’est la volonté de hiérarchisation, quand on pense aux dérives de la philosophie de l’Histoire, ses résultats sont pour le moins inquiétants. Auguste Comte avait soutenu l’idée qu’il y avait des peuples « dans l’enfance de l’humanité » et des peuples (européens) d’une « humanité adulte ». Selon Comte l’humanité passerait par le stade théologique, celui de la croyance dans des dieux (la Grèce d’Homère), puis le stade métaphysique (la Grèce des philosophes, Platon, Aristote etc.) pour enfin parvenir au stade positif » de la science objective. La Modernité. Analyse très vague qui mène à un jugement moral dépréciatif sur la culture des peuples dit « primitifs » et à un jugement de supériorité des peuples dit « développés » parce qu’ils disposent de la technoscience. D’où un ethnocentrisme borné qui exprime une méprise complète sur les cultures non occidentales, de leur richesse, de leur originalité et de la profondeur de leur compréhension de la vie. La question qui se pose est donc : est-il possible d’élaborer une typologie du développement mental de l’humanité qui ait une valeur de connaissance ? Est-ce possible sans projeter des jugements à caractère idéologique en s’en tenant rigoureusement à des différences caractéristiques ? Après tout, il y a quelques similitudes dans ce projet avec une tentative désuète comme celui de la caractérologie de Gaston Berger, qui classe les individus selon leurs tendances, sans que cela implique une volonté de chercher inférieurs ou supérieurs (comme les alphas, bêtas et gammas d’Huxley dans Le meilleur des mondes). Il faudrait donc s’en tenir à un point de vue purement descriptif, mais qui s’appuierait sur une connaissance approfondie de la conscience. Le plan suivi ici respecte les huit niveaux de Graves. Pour plus de lisibilité voici le document en intégralité de Serge Carfantan

Illustrations des stades normatif, rationnel et empathique par des attitudes d’enseignants

Mme Dequerre incarne le courant normatif de la spirale dynamique. Ses valeurs clefs sont l’obéissance et l’ordre. Elle apporte sécurité et justice dans la classe mais son manque d’empathie peut la conduire vers la brutalité et l’abus de pouvoir.  
Mme Demo incarne le courant rationnel de la spirale dynamique. Elle favorise la réflexion, la remise en question, l’argumentation et la négociation mais elle risque d’être embarquée dans un dialogue de sourds stérile et épuisant  
Mme Cool incarne le courant empathique de la spirale dynamique. Elle favorise la connaissance de soi de l’élève, la confiance et le dialogue par son écoute globale mais elle risque d’être manipulée
Don Beck – Spiral Dynamics   Explication de la Spirale Dynamique avec Don Beck Ce billet vous a inspiré, plu ? pensez à le partager ! Vous avez des questions, sur le fond ou comment appliquer : osez nous contacter !

Cinquante et unième article de blog : Les principes de l’Ikigai

Le pays du soleil levant où règnent zénitude (pratique consistant à unifier le corps et l’esprit via la méditation), shintoïsme (croyance animiste en la nature et ses forces) et bouddhisme (voie individuelle dont le but est d’atteindre l’éveil ou le Nirvana) et bien d’autres philosophies de vie qui reposent sur la sagesse et la plénitude spirituelle nous transmet un autre enseignement tout droit venu d’Okinawa : l’Ikigai.

Une état d’esprit bien japonais est que la beauté émane de l’intérieur grâce à une alimentation saine et un esprit sain.

En d’autres termes, être bien dans ses baskets nous rend radieuse ! Voilà pourquoi les habitants d’Okinawa (l’île des centenaires) sont souriants, centenaires, bien dans leur peau et heureux.

L’Ikigai fait partie de leurs principes de vie, c’est ce qui les motive à se lever chaque matin.

Joyeuses mamies !
Okinaw femme agée

Les principes de l’Ikigai

Le terme Ikigai remonte à l’ère Heian (794-1185) il signifie Iki = vie et gai = coquillage (qui était une monnaie d’échange précieuse à l’époque), littéralement, donner de la valeur à sa vie, ou comment rendre sa vie plus joyeuse.

Il s’agit de trouver sa raison d’être et de donner un sens à sa vie. Pas facile….me direz vous, la vie quotidienne et son train train étant chronophages il est parfois difficile de se recentrer sur soi. Il s’agit ici de prendre du temps et de réfléchir sur soi.

Voici les 2 grands principes et les 10 règles à suivre avant de passer à l’exercice de réflexion pour trouver son Ikigai

  1. Aller à la rencontre de soi-même, mieux se connaitre est une base avant de seIkigai s’aimer lancer dans ce que l’on veut faire. Rendre les futurs possibles, se décharger de tout ce qui nous empêche d’avancer dans nos volontés. Mettre en lumière tout ce que l’on fait de bien, des petites choses anodines aux grandes actions.
  2. La notion de communauté est très importante (Moai), s’entourer d’amis et se soutenir mutuellement contribue à vivre plus heureux et longtemps.

Les 10 règles à respecter pour s’épanouir selon le concept d’Ikigai :

  1. rester actif, éviter la oisiveté et l’inaction
  2. adopter la « slow life » ne pas vivre dans l’urgence
  3. ne manger que 80% de ce que vous pouvez
  4. s’entourer de personnes bienveillantes
  5. faire de l’exercice, si possible quotidiennement
  6. sourire et s’intéresser aux autres
  7. se reconnecter avec la nature
  8. remercier chaque moment qui vous rend heureux ou qui illumine votre journée
  9. vivre au présent
  10. suivre ses passions

Exercice à pratiquer pour définir son Ikigai

  1. Reprenez les 4 questions des grands cercles et listez vos réponses
    1. qu’est ce que vous aimez ?
    2. en quoi êtes vous doué, quels sont vos talents ?
    3. de quoi le monde (au sens large du terme) a besoin, quelle cause vous sensibilise ?, qu’est ce que vous changeriez dans le monde ?
    4. pourquoi vous paye t’on ? quelle est votre valeur reconnue pour recevoir votre salaire mensuel ? ou qu’est ce que vous pourriez apporter aux autres qui vous rémunéreraient pour votre service ou votre solution ?
  2. Une fois vos listes de mots ou phrases posées dans les cercles, trouvez les idées communes aux cercles qui se croisent pour redéfinir un ou des mots clés correspondants aux 4 thèmes
    1. passion : entre ce qui vous anime et ce pourquoi vous êtes doué, vous devez définir des dénominateurs communs
    2. métier : les mots qui regroupent vos capacités, vos dons et les activités pour lesquelles vous pouvez être récompensé ou payé
    3. vocation : les déterminants qui combinent les services pour lesquels vous pouvez être payé et les valeurs qui vous tiennent à cœur ou les missions pour un monde meilleur
    4. mission : les interactions entre vos valeurs pour un monde meilleur et ce que vous aimez faire, ce qui vous anime
  3. Après plusieurs essais vous trouverez naturellement votre Ikigai qui devra être inscrit au centre du schémas.

Vous ressentirez une certaine paix, voire de la zénitude à faire cet exercice. A vos crayons !

Pour aller plus loin, quelques références de lectures

 

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Cinquante huitième article de blog : DÉNOMINATIONS CONVENUES

DÉNOMINATIONS CONVENUES

Dans le livre de Beck et Cowan, on voit le terme vMEME, avec un petit ‘v’ en exposant. C’est très inconfortable à écrire, j’ai donc cherché une autre solution. Comme le petit ‘v’ signifie valeur, soit value en anglais, j’en ai fait ‘valmeme’ en anglais et valmème en français et je recommande son utilisation pour une écriture facilitée. Clare Graves, à l’origine, a utilisé des paires de lettres pour ses Niveaux d’Existence. La première moitié de l’alphabet (A, B, C, etc.) désigne les Conditions de Vie dans le milieu dans lequel nous vivons et la seconde moitié (N, O, P, etc.) les Capacités Cérébrales qui s’éveillent dans l’esprit.
Ainsi, le premier valmème serait désigné par la combinaison A-N, ensuite B-O, etc.
D’autres consultants et formateurs utilisent des chiffres, mais ce n’est pas très indiqué, car la plupart des gens trouvent que 8 est mieux que 7 ou 5 est mieux que 4, etc. Mais quand il est question de valmèmes, seuls la congruence et le caractère approprié sont les maître-mots, et non pas une quelconque hiérarchie. Au milieu des années 70, un code de couleurs a été développé, et il continue d’être utilisé, car il est simple d’utilisation. L’avantage indéniable des couleurs est qu’il est difficile de dire que ‘BLEU‘ est invariablement meilleur ou pire que ‘ROUGE‘. Ils sont différents, l’un correspondra mieux à certains moments de la vie ou situations du quotidien alors qu’un autre provoquera une grave dispute.
On peut nettement voir différentes couches qui composent ce plateau très connu, la Table Mountain d’Afrique du Sud.
Lors de ses recherches, Graves s’est également rendu compte qu’il y avait une sorte de répétition de certaines choses, que Jaune reprenait des idées de Beige, mais à plus grande échelle, Turquoise ressemblait un peu à Pourpre à une échelle plus vaste, et il en a déduit que peut-être l’évolution humaine et sociétale s’effectue en tiers, un terme anglais qui désigne un groupement de six valmèmes.
 
J’ai longtemps cherché un terme français à utiliser et rien ne convenait, ni gradin, ni boucle. Jusqu’à ce que je tombe sur l’image du plateau. Un plateau dans la nature est composé de différentes couches, les valmèmes dans notre cas, et il les a en lui, car une couche repose sur une autre et ne peut exister pour former le plateau que si celle du dessous est solide. C’est exactement ce qui se passe avec la Spirale. Je préconise donc de traduire le mot anglais tier par plateau pour éviter le franglais. Et voici d’où Beck et Cowan ont tiré le nom des couleurs.
  1. BEIGE A-N (la couleur des herbes de la savane brûlées par le soleil),
  2. POURPRE B-O (la couleur royale des chefs tribaux et des monarques),
  3. ROUGE C-P (les émotions à feu et à sang et la couleur du piment rouge),
  4. BLEU D-Q (le bleu du ciel, des cieux, de la police en France et du véritable croyant),
  5. ORANGE E-R (la couleur de l’énergie rayonnante de l’acier chaud dans un haut fourneau),
  6. VERT F-S (la politique des Verts, les forêts et la conscience écologique),
  7. JAUNE G-T (la puissance du soleil et les technologies alternatives),
  8. TURQUOISE H-U (la couleur des mers du sud et de la terre vue de l’espace),
  9. CORAIL I-V (la vie dans les profondeurs de l’océan et la couleur des coraux).
La convention pour désigner la phase d’entrée dans un valmème, celle qui indique qu’on est au sommet du valmème, donc on l’exprime clairement ou qu’on se trouve en phase de sortie est de les présenter en lettre minuscules et majuscules. vert–JAUNE, c’est sortir de Vert pour entrer en JAUNE ou ORANGE–vert pour sortir de Orange et entrer en Vert. Cela peut aussi signifier avoir un peu de Vert et beaucoup de JAUNE comme valeurs profondes. Et les lettres majuscules comme BLEU sont utilisées pour le sommet du valmème, l’Alpha ou le Nouvel Alpha. Et lorsque vous parlez d’une couleur de manière générale dans le cadre de la Spirale Dynamique, ce serait bon d’utiliser une lettre majuscule en début de mot (Jaune) pour bien différencier de la couleur jaune. Lorsque, comme c’est souvent le cas, plusieurs valmèmes sont engagés dans une situation, nous les présentons dans l’ordre croissant de leur influence, par exemple BLEUROUGE ou pourpre/ROUGEORANGE.
 
Un lexique des valmèmes
 
Pour le travail concret avec les valmèmes dans les organisations, Don Beck et Christopher Cowan nous ont établi quelques caractéristiques de comportement de valmèmes.
 
Le valmème en état MALIGNE – Une condition un peu comme un virus où un valmème se développe hors de tout contrôle.
 
Des valmèmes CAMARADES – La réunion de deux (ou plus de) valmèmes qui coexistent et qui peuvent même constituer une synergie sous des Conditions de Vie particulières. (Une chaude couleur d’un valmème individualiste! et élitiste est souvent uni en synergie à une couleur froide de valmème communautaire! collectiviste.) – ((Mars 2019
 
– En relisant ce petit paragraphe, je me rends compte que les auteurs qui ont défini des couleurs chaudes pour les valmèmes individualistes et froides pour les valmèmes communautaires le faisaient avec une pensée Orange qui est le valmème du capitalisme à outrance, de l’individualisme exacerbé, du rejet de l’Etat et du social. Alors que s’ils l’avaient fait avec une pensée Verte, les choses auraient été sensiblement différentes!))
 
La MIGRATION de valmèmes – Le modèle d’un mouvement de valmèmes qui se répartissent au travers de la planète et prolifèrent au travers de l’éducation, de l’immigration, des voyages, des transitions économiques, des loisirs et des masse-médias. – L’EXPANSION de valmèmes
 
– La distribution de valmèmes au travers de groupes sociaux et de formes géographiques telles que les familles, les entreprises, les communautés, les régions et les sociétés.
 
Le GLISSEMENT de valmème – Lorsqu’un valmème en remplace un autre pour devenir dominant, que ce soit de plus haut ou de plus bas sur la Spirale.
 
La PILE de valmèmes – Il s’agit des valmèmes spécifiques qui sont actifs au sein d’un individu, d’une organisation ou d’une société, qui forment eux-mêmes une hiérarchie de priorités et qui se constituent en réponse à des questions et des circonstances particulières.
 
Une ZONE de valmèmes – Détermine le lieu où un ou plusieurs valmèmes spécifiques domine clairement à un moment particulier en raison de Conditions de Vie spécifiques. la-spirale-dynamique-dans-la-tetePour finir, je vous propose de penser toujours à écrire Spirale avec une majuscule lorsque vous parlez de la Spirale Dynamique afin de permettre une compréhension claire d’une phrase qui comporterait aussi le mot spirale de manière classique qui désigne une courbe qui part d’un point central pour s’en éloigner de plus en plus. Nous vous souhaitons bien du plaisir et beaucoup de succès dans l’utilisation de ce formidable outil qu’est la Spirale Dynamique.
 
Classement d’après Mario Rastelli
 

A-N = pensée automatique

B-O = pensée tribale

C-P = pensée égocentrique

D-Q =pensée égocentrique

E-R = pensée matérialiste

F-S = pensée sociocentriste

G-T = pensée cognitive

H-U = pensée holistique

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Cinquante septième article de blog : Entreprises apprenantes, entreprises libérées, entreprises agiles

Historique et origines

Né des travaux de Chris Argyris1 et de Peter Senge2, le concept et la pratique de l’organisation apprenante se sont développés tout au long des années 90 et 2000, la réflexion sur le « comment apprendre » faisant la suite des recherches de Jean Piaget3 sur l’émergence de l’intelligence chez l’enfant, l’apprentissage par accommodation, par assimilation… Ces recherches ont été reprises par Arie de Geus4, homme d’entreprise, responsable du Group planning de Royal Dutch Shell, dans son livre The Living Company. Peter Senge, dans son livre « La 5e discipline, l’art et la manière des organisations qui apprennent » et dans le « Guide de terrain » décrit cinq voies qui, pratiquées simultanément, permettent à l’entreprise de devenir une « organisation apprenante », en développant l’apprenancele learning, un concept et une attitude, qui va au-delà d’un outil managérial puisqu’il touche au cœur même de la transformation parallèle des personnes et des organisations. L’idée est : « je me transforme moi-même pour transformer mon organisation ». Ces recherches sur l’organisation apprenante ont ensuite largement inspiré les études sur la gouvernance des organisations et l’importance de la transversalité et du dialogue dans les techniques de management.

Transposition pratique en termes de management

Une organisation apprenante est une organisation qui apprend de son expérience et tire les bénéfices des compétences qu’elle acquiert. La mondialisation et le raccourcissement du cycle de vie des produits obligent l’entreprise à repenser son mode de production et de gestion des ressources humaines. Pour être plus flexible, efficace, rapide et pour avoir toujours un train d’avance sur ses concurrents, le développement d’une organisation apprenante apparait être une solution. Il s’agit de mettre le salarié au centre de la réflexion, de le considérer comme un partenaire privilégié dans l’acquisition d’un avantage concurrentiel. Les membres du personnel deviennent une équipe d’acteurs de l’efficience organisationnelle, et ensemble, ils apprennent de leurs erreurs.

Démarche de l’organisation apprenante

Pour Garvin (Harvard Business Revue juin-juillet 1993) une organisation apprenante est « une organisation capable de créer, acquérir et transférer de la connaissance et de modifier son comportement pour refléter de nouvelles connaissances ». Comment mettre en œuvre concrètement cet apprentissage ? Garvin estime que pour devenir apprenante l’organisation doit développer cinq activités :

  1. la résolution de problèmes en groupe ;
  2. l’expérimentation : lancer un projet, faire une expérience pilote, etc. sont des occasions d’apprentissage ;
  3. tirer les leçons des expériences : prendre le temps de dresser un bilan des succès comme des échecs ;
  4. apprendre avec les autres : clients, partenaires, fournisseurs, etc. ;
  5. transférer les connaissances : c’est un point crucial. Il faut mettre à la disposition de ceux qui en ont besoin une base qui rassemble les connaissances utiles.

Plus qu’un modèle, une organisation apprenante est un état d’esprit. Cette démarche se doit d’être considérée comme un véritable projet d’entreprise impliquant l’ensemble des acteurs. Elle s’appuie sur :

  • Un préalable organisationnel : Tous les individus ont le potentiel pour contribuer à l’essor de l’entreprise tout en développant une qualification plus importante, mais ce respect de l’individu ne signifie pas égalité des responsabilités ;
  • Un préalable individuel : cela nécessite de ne pas considérer son savoir comme un pouvoir privé mais comme un atout au développement commun. Apprendre augmente les possibilités pour l’action intelligente.

C’est l’émergence de la société du savoir. Contribuer au savoir devient un critère clé de toutes les activités de l’organisation. C’est mettre en œuvre la volonté de développer la capacité de l’organisation elle-même (et plus seulement des personnes) à apprendre de l’expérience et à évoluer en prenant appui sur celle-ci. C’est investir dans la capacité de chaque personne à monter en compétence et dans la capacité collective à évoluer des groupes qui composent la structure. L’organisation axée sur l’apprentissage est construite comme un système écologique qui stimule l’apprentissage continu à travers le travail. Démarche pragmatique d’évolution vers un objectif de progrès qui s’inscrit dans une logique de responsabilité sociale de l’entreprise dont chaque projet, chaque journée augmente les savoirs. C’est le principe d’une cible de progression organisationnelle et professionnelle qu’il faut retenir, en laissant ouverte une part d’incertitude tant sur les contours que sur l’itinéraire pour l’atteindre. Cette cible mouvante est un principe méthodologique profondément cohérent dans la perspective d’une organisation apprenante. Il s’agit de concevoir des systèmes qui soient capables d’apprendre et d’ajuster leur action comme le ferait un cerveau. Une articulation forte avec les situations de travail, une démarche collective de confrontation, mobiliser l’intelligence pour construire des solutions et les mettre en œuvre, viser un réinvestissement permanent dans le travail des apprentissages acquis. La finalité reste le transfert l’action sur le terrain. Il ne s’agit pas seulement de l’habileté à créer de nouveaux savoirs mais aussi de l’habileté à les transmettre et à les mettre en œuvre.

Objectifs

  • les étapes sont les mêmes dans la nature et le management. Apprendre à apprendre de son expérience tant pour les structures que pour les personnes
  • Mettre en œuvre une logique de développement des personnes, des structures et des outils conformes aux besoins d’évolution progressive

Pour les acteurs de la structure

Susciter et développer l’autonomie la prise d’initiatives. Utiliser et développer les capacités de coopération et d’adaptation au changement. Élargir les possibilités de se réaliser dans son travail (cela tend à améliorer la santé et la qualité de la vie). C’est ensemble avec des approches différentes mais complémentaires que les événements sont explorés. Exploiter des relations possibles entre des phénomènes proches, cela permet de développer les ressources d’un raisonnement logique et d’une construction commune. C’est la manière dont la personne comprend et exploite son expérience qui la rend signifiante. Mais c’est aussi elle qui décide de son investissement qui apprend et choisit de mettre en œuvre. Cette décision dépend de facteurs intrinsèques et extrinsèques dont la responsabilité appartient tant à la personne qu’à l’organisation. Si la participation de l’ensemble des personnes favorise la responsabilisation de chacun, la mise en place d’apports de formation ponctuels et ciblés est une composante incontournable dans la réussite de la démarche. La structure et ses acteurs se doivent de Savoir, Vouloir et Pouvoir acquérir ces nouvelles compétences pour devenir réellement une organisation apprenante.

Pour la structure

Le développement des compétences est à considérer comme un enjeu partagé et permanent. Les entreprises, les produits, l’organisation du travail, les dispositifs se modifient en flux continu et tendu, le capital compétences des personnes doit évoluer et faire évoluer celui de la structure. La projection dans l’avenir professionnel et social tend à donner sens à cet investissement. Il s’agit de faire apparaître le retour réflexif sur les tâches et événements comme une composante ordinaire et reconnue du travail. C’est se situer dans une communication ne se réduisant pas à de simples échanges d’informations mais au partage des démarches, des modes de construction des savoirs, des savoirs en cours d’élaboration. C’est la volonté de miser sur des stratégies de mobilité professionnelles (sinon les démarches pourraient s’avérer pénalisantes pour atteindre des objectifs productifs (économiques et sociaux) à court terme). Dans cette dynamique il est important d’accompagner l’encadrement de proximité dans l’évolution de ses missions. C’est un état de veille permanente, où il s’agit de multiplier les modalités et les occasions de développement des compétences, mais aussi de leur reconnaissance. L’organisation apprenante est aussi qualifiante.

Pour l’activité professionnelle

C’est considérer de manière positive et optimiste les événements de l’activité professionnelle. Ils sont de formidables occasions d’apprentissages et d’évolution tant individuelle que pour l’organisation. Les problèmes ne sont-ils pas des opportunités déguisées en vêtements de travail ? Très souvent les règles cadrent l’action professionnelle et orientent les tâches vers un résultat attendu, alors il s’agit de développer une posture complémentaire d’exploration face aux événements qui font le quotidien de toute activité professionnelle. Ces événements peuvent être considérés de deux types :

  • Les événements aléas perçus comme des dysfonctionnements dont l’origine est involontaire mais qui en réalité sont des opportunités.
  • Les événements provoqués : il s’agit alors d’une modification de l’activité volontaire et c’est dans l’anticipation qu’interviendra la réflexion préalable.
 
Les deux schémas d’apprentissage selon Chris ARGYRIS.

Pour Chris Argyris et Donald Schön, il y a deux niveaux d’apprentissage. Il y a apprentissage en « simple boucle » (single loop) lorsque les acteurs sont capables de détecter une erreur et se contentent de la corriger. Il y a apprentissage en « double boucle » (double loop) lorsqu’il ne s’agit plus seulement de corriger une erreur mais de modifier la façon de penser5. Seule l’organisation capable de modifier les valeurs qui guident les stratégies d’action peuvent être qualifiées d’« organisation apprenantes ». La communication réflexive commune est alors un élément incontournable de la production, il s’agit de réfléchir pour agir, les acteurs sont aussi des chercheurs, mais surtout des trouveurs impliqués dans l’action. L’organisation apprenante permettra d’apprendre à apprendre de son expérience.

Pour le ou les pilotes

Il est un médiateur, avec des qualités d’audace, d’imagination et de modestie face à l’imprévu. Il cristallise les éléments du cadre et crée les conditions de l’apprentissage au regard des événements mais il n’est pas, loin de là, la seule source de savoir et de construction des compétences. Il assure la mise en place d’une évaluation en continu afin de permettre des réajustements pédagogiques ou de contenu. C’est une pédagogie cybernétique où interagissent évaluation, compléments d’information et de formation. Son rôle est de valoriser les micro changements, dans la maîtrise des événements, dans le travail et son environnement. Il se doit de rendre les apprenants acteurs de la transformation : privilégier le développement de nouveaux modes de coopération ; dispenser les apports formatifs au fur et à mesure ; réinvestir rapidement les apprentissages dans le travail. Un adulte n’accepte de se former que s’il trouve dans sa situation par la formation une réponse à ses problèmes. L’objectif est ici autant de renforcer les compétences des formés que de trouver des solutions, le pilote est le garant de l’appropriation et de la compréhension de ce lien. Développer des compétences de communication, le langage et donc la pensée sont des actifs circulant entre pairs, mais aussi entre acteurs de différents niveaux et responsabilité. L’apprentissage réalisé à différents niveaux collectifs est de beaucoup supérieur à la somme des apprentissages individuels, il doit permettre que le système puisse arriver à « apprendre à apprendre » Pour garantir le succès d’un changement il est préférable de faire évoluer l’ensemble d’un collectif de travail. Dans cette perspective, l’encadrement intermédiaire se doit d’évoluer vers un rôle d’animation et de conduite de projet.

Conclusion

Une conclusion qui ne peut être que provisoire empruntée à Philippe Zarifian : « L’élément qui unifie toutes les dimensions d’une organisation apprenante peut s’exprimer ainsi : Apprendre de l’instabilité et des mutations et donc devenir actif face à cette instabilité, apprendre à s’affronter positivement au devenir qui par définition est incertain et le faire ensemble dans des démarches de communication active… ».

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