Soixante troisième article de blog : Ken Wilber : en marche vers une révolution jaune ? (1ère partie)

« Ken Wilber est source d’une pénétrante compréhension. » (Deepak Chopra) « Il a été comparé à Platon, Einstein, William James, Freud et Hegel… entre autres. » (Roger Walsh) « Une nouvelle synthèse scientifique extraordinaire de la conception scientifique et spirituelle de la condition humaine. » (Mitchell Kapor, au sujet du livre de Ken Wilber Une brève histoire de tout) « Rien n’est aussi opératoire qu’une bonne théorie. » (Kurt Lewin) « Vous ne changerez jamais les choses en vous battant contre la réalité existante. Pour changer quelque chose, construisez un nouveau modèle qui rendra l’ancien obsolète » (Richard Buckminster Fuller). Or, et l’actualité nous le démontre quotidiennement surtout en cette période : « faire toujours plus de la même chose conduira invariablement au même résultat ». « Faire plus de la même chose » où Comment réussir à échouer (Paul Watzlawick) est bien la solution que nous propose la politique d’Emmanuel Macron qui depuis son élection présidentielle s’entête à me donner raison (cf. « Macron psychopathe ? »). Dans cette série d’articles, nous allons tenter de présenter des auteurs ou des penseurs susceptibles de nous conduire sur d’autres voies que l’ultra-solution prônée par le système Macron (sous-titre du livre de Paul Watzlawick ci-dessus). Or, les français ont un don particulier qui semble être celui de passer à côté des principaux auteurs dont les conceptions sont à même de révolutionner notre vision du monde. Ainsi, après avoir raté le tournant de la sémantique générale qui a tout de même inspiré des chercheurs indépendants tels que Gaston Bachelard ou bien Henri Laborit, inventeur de la notion de pensée complexe qui sera ensuite largement développée par un certain Edgar Morin, etc., notre pays s’est démarqué en ayant également ostracisé un auteur tel que Ken Wilber qui a écrit un essai reconnu comme un des livres les plus importants jamais publiés par des gens d’horizons extrêmement variés tels que David Böhm, Al Gore, Huston Smith, Michael Murphy, Daniel Golleman ou Larry Dossey, etc. Rien de moins… et c’est peu de le dire ! Ken Wilber a développé une vision du monde intégrale, pluri- et transdisciplinaire qu’il nomme une théorie de tout dans laquelle il définit le spectre de la conscience comme un processus dynamique du développement qui débute par des niveaux prépersonnels, se poursuit par des niveaux personnels eux-mêmes transcendés par des niveaux transpersonnels. Le suffixe trans- signifie « qui traverse l’espace ou la limite, qui est de l’autre côté de la limite que désigne le substantif de la base ». Son souci principal a été de chercher une conception du monde qui puisse inclure et accueillir tous les dimensions, niveaux, domaines, vagues, modes, individus, cultures, etc. ad infinitum, car pour lui : tout le monde a raison et chacun « détient une part importante de la vérité, et toutes ces parts de vérités se doivent d’être honorées, chéries et comprises dans un embrassement plus courtois, plus ample et plus compassionnel ». Comme il le précise lui-même, il n’attaque jamais la croyance centrale d’aucune discipline, mais seulement la revendication que telle ou telle discipline a de détenir la vérité unique. Car pour lui, chaque approche est vraie pour l’essentiel… mais partielle. Et il se répète : « vraie mais partielle, vraie mais partielle, vraie mais partielle… », et de rajouter : « … sur ma tombe, j’espère de tout cœur qu’un jour quelqu’un écrira : ce qu’il a dit était vrai mais partiel ». L’approche intégrale de Ken Wilber est une tentative de réponse « simplexe[1] » afin d’aborder cette complexité avec plus de perspicacité, et donc, une meilleure compréhension du monde dans lequel nous vivons. Wilber présente une manière d’organiser tout ce que l’on sait du monde selon des approches, scientifiques, philosophiques, spirituelles, pratiques, etc. en isolant leur dénominateur commun afin d’en dégager une cohérence d’ensemble. La pensée intégrale, qui peut paraître complexe au néophyte, tend à simplifier toutes nos connaissances humaines dans tous les domaines de la vie depuis que le monde est monde, mais sans réduire cette connaissance à un réductionnisme mutilant tueur de créativités. Entreprise considérable s’il en est, il faut étudier cet auteur pour en comprendre la pensée et entrer dans ses représentations, car il nous donne des outils efficaces pour mieux appréhender les problèmes auxquels nous sommes tous confrontés. Un rapide rappel de quelques-unes de ses notions clefs nous aidera à mieux situer le cadre de sa théorie. Les holons : C’est un des concepts les plus fondamentaux de toute la théorie de Ken Wilber. Il emprunte le terme holon (hol-on) à Arthur Koestler pour qui les holons sont des touts/parties qui composent la réalité. A. Koestler a créé ce mot pour désigner une entité qui est simultanément un tout en soi et une partie d’un autre tout. Ainsi, le tout d’un quark devient une partie d’un atome, le tout d’un atome devient une partie d’une molécule, le tout d’une molécule devient une partie d’une cellule, et ainsi de suite. Le tout d’un niveau devient une partie du tout d’un niveau suivant. L’univers entier est construit à partir de holons et la théorie intégrale est l’étude des holons où qu’ils apparaissent. Chacune de ces entités n’est ni un tout ni une partie, mais un tout/partie : un holon. Les holons sont organisés en holarchie. Holarchie : Une holarchie est une hiérarchie naturelle : le tout d’un niveau devient une partie du niveau suivant (comme dans l’exemple fourni ci-dessus). Pratiquement tous les processus de croissance, de la matière à la vie et au mental, s’inscrivent dans des holarchies qui sont des hiérarchies naturelles ou des ordres croissants de holisme. Les hiérarchies naturelles ou holarchies ont mauvaise réputation en raison de la confusion entretenue avec les hiérarchies de domination : oligarchiesploutocratiesaristocratiesynarchie, etc. Elles sont cependant d’une importance cruciale à comprendre, car le non-respect de ces holarchies naturelles conduit aux hiérarchies pathologiques ou de domination. Ce qui est bel et bien l’un des plus gros problèmes de notre époque. Les 10 niveaux du processus de croissance : Pour Ken Wilber, le processus de croissance est figuré par quatre niveaux pré-personnels, trois niveaux personnels et trois autres trans-personnels, etc. Le tout forme un modèle de développement humain en neuf étapes que l’on peut simplifier selon trois, voire quatre stades : pré-personnels, personnels et transpersonnels ou bien pré-rationnel, rationnel, trans-rationnel ou encore égocentrique, ethnocentrique, mondocentrique, kosmocentrique, etc. Attention toutefois, pour la « sectorisation » en quatre stades, les écrits de Wilber qui s’inspirent de très nombreux auteurs (il déclare avoir développé son modèle d’après la synthèse d’environ deux cents grilles de développement d’auteurs occidentaux et orientaux) peuvent prêter à confusion. Par exemple, l’une des grilles de développement qu’il utilise souvent, celle du développement moral de L. Kohlberg, divise également le développement en pré-conventionnel, conventionnel et post-conventionnel. Cela correspond chez Ken Wilber aux stades pré-rationnel et rationnel comme indiqué dans le tableau ci-dessous. Ce qu’il ne précise pas toujours et peut entraîner des confusions pour ceux qui le lisent et souhaitent saisir son concept de transrationnel. Vers une révolution jaune, tableau 1 Tableau 1 Cette précision importante étant faite, j’ai choisi de vous présenter ces 10 niveaux de conscience sous forme de tableau, mais la représentation la plus juste serait celle d’une spirale dynamique telle qu’ont pu la concevoir les psychologues Don Beck et Cris Cowan d’après les travaux de leur professeur Clare Graves (ouvrages non traduits en français). Vers une révolution jaune, tableau 2 Tableau 2 La description de ces dix niveaux nécessite une présentation plus approfondie qui dépasserait le cadre de ce billet, mais l’idée générale étant que chaque stade décrit une vision du monde différente. Le monde paraît différent et est perçue différemment à chaque niveau et à mesure que de nouvelles capacités cognitives se déploient et évoluent. Pour Ken Wilber ce passage est obligatoirement une inclusion et une transcendance. C’est-à-dire que la trans-rationalité dépasse et inclut la rationalité qui elle-même transcende et inclut la pré-rationalité. C’est en quelque sorte une version améliorée du célèbre aphorisme : « Le tout est plus grand que la somme des parties. » Mais pour que cette évolution, cette inclusion et cette transcendance, soient possibles, il est nécessaire d’intégrer les deux principaux chemins d’accès à la connaissance – l’interne et l’externeque Ken Wilber appelle « sentier de gauche » et « sentier de droite » chacun s’exprimant soit de façon individuelle, soit de façon collective. Le tout se présente sous la forme de quatre quadrants qui renvoient également à une grille de lecture abordant toute problématique selon un point de vue différent donnant ainsi schématiquement quatre façons d’aborder un problème (dans un prochain article, nous verrons comment ces quatre manières d’appréhender le réel peuvent également se conjuguer pour parvenir à être toutes associées entre elles ce qui, au final, revient à aborder un sujet selon une vision intégrale telle qu’ici promue). Les quatre quadrants : Si le spectre de la conscience peut être organisé en niveaux et/ou stades, ou selon un axe vertical symbolisant une holarchie (ou hiérarchie naturelle), l’outil nouveau et sans doute le plus puissant que Ken Wilber met à contribution dans Une brève histoire de tout est cette idée qu’il existe quatre « quadrants » du développement[2]. Autrement dit il existe une spirale dynamique du développement de la conscience qui progresse selon une hiérarchie naturelle combinée à quatre différentes « dimensions » ou quatre différents domaines d’investigation du réel. Les quatre quadrants ou système AQAL et leurs principaux représentants sont ainsi figurés par Ken Wilber (il existe également d’autres représentations plus complètes couplées aux stades du processus de croissance ou à des holarchies correspondant à chaque quadrant) : Vers une révolution jaune, tableau 3 Tableau 3 Les quadrants SD et ID représentant le sentier de droite forment ce que Wilber appelle le Grand Un ou le royaume du TOUT CELA et de la Terre Plate (Flatland), domaine d’investigation du réel privilégié par l’idéologie du post-modernisme ambiant qui outre le fait de dénier les réalités subjectives – sentier de gauche –, qui sont en fait des réalités psychiques objectives complétant les réalités physiques objectives[3] – sentier de droite –, commet également l’une des principales erreurs de raisonnement dénoncées par Wilber : la confusion pré-trans ou cpt en abrégé. La confusion pré-tans : Cette confusion est sans nul doute, dans le prolongement de l’erreur catégorielle que je ne peux présenter ici faute de place (cf. Les trois yeux de la connaissance), l’un des biais cognitifs parmi les plus importants à connaître. Laissons à Ken Wilber le soin de nous expliquer ce qu’il entend par « confusion pré-trans » : « Il est toutefois un […] obstacle à l’émergence d’une vision du monde complète, et celui-ci est sans conteste le plus fascinant de tous. Cet obstacle, cette confusion, a corrompu, sous ses formes diverses, les travaux des psychologues de Freud à Jung, des philosophes de Bergson à Nietzsche, des sociologues de Lévy-Bruhl à Auguste Comte. On le retrouve aussi bien derrière la vision du monde mythologique et romantique que derrière la vision rationnelle et scientifique ; aussi bien dans les tentatives actuelles visant à prôner le mysticisme que dans celles visant à le dénoncer. Je suis convaincu que tant que cet obstacle n’aura pas été levé, tant que cette confusion n’aura pas été dissipée, nous serons dans l’incapacité d’élaborer une vision du monde qui soit vraiment complète. J’ai baptisé cet obstacle la “confusion pré/transˮ [abrégé en cpt] et j’entends en expliquer la nature dans le cadre de ce chapitre. Il est relativement simple de formuler l’essence de la confusion pré/trans. Nous commençons tout simplement par supposer que les êtres humains ont en réalité accès à trois domaines généraux d’être et de connaissance – le sensoriel, le mental et le spirituel. La terminologie variera selon les préférences : subconscient, conscient et surconscient, ou prérationnel, rationnel et transrationnel, ou prépersonnel, personnel et transpersonnel. La difficulté est liée à un fait assez simple : le pré rationnel et le trans rationnel, par exemple, sont non-rationnels, chacun à leur manière, en conséquence, ils paraissent relativement semblables, voire identiques au regard du profane. Cette confusion – entre “préˮ et “transˮ a deux conséquences possibles : les domaines transrationnels sont réduits au niveau pré-personnel [cpt-1 en abrégé], ou les domaines prérationnels sont élevés à une gloire transrationnelle [cpt-2 en abrégé]. Dans un cas comme dans l’autre, la vision du monde est tronquée, une moitié du monde réel (le “préˮ ou le “transˮ) étant victime d’une profonde erreur de traitement et de compréhension[4]. » Selon cette conception « tous les objets de ce monde ne peuvent donc être considérés que comme des objets ayant connu un certain développement. Ce dernier peut être progressif, régressif ou stationnaire, mais il n’est jamais totalement absent. Bref, tous les phénomènes se développent, donc une phénoménologie authentique est toujours évolutive, dynamique – ce fut, par exemple, l’essence de la Phénoménologie de l’Esprit de Hegel[5]. » (Notons également pour les lecteurs habitués de ce site que c’est aussi l’essence même de la théorie de la perversion narcissique que nous retrouverons dans les prochains articles en suivant les traces de Ken Wilber.) Pour bien comprendre ce qu’est la confusion pré-trans, il faut donc avoir en tête les dix niveaux du spectre de la conscience définis par Ken Wilber qui s’inspire en cela des travaux de la spirale dynamique de Clare Graves et de ses successeurs (cf. bibliographie) ainsi que des 3 stades résumés en prépersonnel, personnel et transpersonnel (cf. tableau 2). Et «puisque le développement évolue du prépersonnel ou transpersonnel en passant par le personnel, et puisque le prépersonnel et le transpersonnel sont, chacun à leur façon, non-personnels, alors le profane aura tendance à croire que le prépersonnel et le transpersonnel sont semblables voire identiques. En d’autres termes, il fera une confusion entre les dimensions prépersonnelle et transpersonnelle – et nous voici au cœur de la cpt[6]. » Compte tenu de l’importance de cette confusion chez la plupart des penseurs ou théoriciens en sciences humaines, tant en occident qu’en orient, prenons deux exemples parmi les plus significatifs que nous communiquent Wilber : « En ce qui concerne le développement psychologique humain, les deux exemples majeurs de cpt-1 et cpt-2 sont, respectivement, Freud et Jung (quoiqu’ils ne soient pas les deux seuls représentants de ces classes, ainsi que nous le verrons). Freud avait une notion correcte du ça prépersonnel (A) et du moi personnel (B), mais il réduisit toutes les expériences spirituelles et transpersonnelles (C) au niveau prépersonnel. Les intuitions transtemporelles sont expliquées comme étant des pulsions prétemporelles du ça ; le sâmadhi transsujet/objet est considéré comme une régression vers un narcissisme présujet/objet ; l’union transpersonnelle est interprétée comme une fusion prépersonnelle. Freud suit, à tous égards, la VM-1 (fig. 1 ci-dessous). La VM-1 n’est pas bien entendu propre à Freud. Elle caractérise l’orthodoxie occidentale classique – de Piaget à Sullivan en passant par Adler et Arieti. J’ai le sentiment que Jung se situe à l’extrême opposé. Il avait une notion correcte et très claire de la dimension transpersonnelle ou spirituelle, mais il la fondait et la confondait souvent avec les structures prépersonnelles. Pour Jung, il n’est que deux domaines majeurs : le personnel et le collectif – et il a donc tendance, comme Assagioli lui-même l’a fait remarquer, à obscurcir les différences importantes et profondes existant entre l’inconscient collectif inférieur et l’inconscient collectif supérieur ; soit entre le collectif prépersonnel et le collectif transpersonnel. Ainsi, Jung se retrouve-t-il parfois amené non seulement à glorifier des formes de pensée mythiques infantiles, mais encore à faire subir un traitement régressif à l’Esprit. Quoi qu’il en soit, ses disciples et lui n’ont conscience que de deux domaines majeurs – le moi et le Soi. Le développement humain est donc perçu comme se déroulant selon un axe moi-Soi, qui se présente comme dans le schéma de la figure 2, le Soi se situant au niveau inférieur et le moi au sommet. Voici ni plus ni moins une VM-2, et comme nous le verrons, elle est acceptée de manière générale par maints psychologues transpersonnels, même par ceux qui désavouent Jung. » La vision du monde (VM-1) de la cpt-1 (fig. 1) : Prépersonnel A (C) ○▬▬▬▬▬○ B Personnel La vision du monde (VM-2) de la cpt-2 (fig. 2) : Transpersonnel C (A) ○▬▬▬▬▬○ B Personnel Alors qu’une vision du monde (VM) correcte résumant l’ensemble du spectre de la conscience devrait plutôt être schématisée ainsi selon Wilber (fig. 3) : Prépersonnel A ○▬▬▬▬▬○ B Personnel B ○▬▬▬▬▬○ C Transpersonnel. Je n’ai présenté ici que quelques notions clefs de la philosophie intégrale de Ken Wilber, mais il en existe bien d’autres. Bien que la carte ne soit pas le territoire (cf. Alfred Korzybski), ce dont Ken Wilber a particulièrement conscience, l’intérêt des travaux de cet auteur résident dans le fait qu’il puisse proposer une carte intégrale qui nous permette de nous diriger dans un monde de plus en plus complexe tel que nous le vivons à l’heure actuelle et si comme toutes cartes, la sienne manque encore de précisions, c’est toutefois l’une des plus abouties qui vous permettra de naviguer plus aisément dans les méandres de la complexité humaine. En outre, il est à noter que son positionnement sur la spirale dynamique se situe au niveau correspondant à celui que Clare Grave a défini comme étant A’N’-Jaune caractérisant des individus qui valorisent le savoir, sont en apprentissages permanents et disponibles pour partager leurs connaissances. Les personnes centrées en A’N’-Jaune savent exprimer leur soi, mais jamais aux dépens d’autrui, ils ont pris conscience de l’état désastreux du monde tout en étant sensibles aux autres. Ils ont une vision systémique des problèmes et veulent contribuer à régler les problèmes globaux, etc. (pour aller plus loin dans la description des valeurs promues à chaque niveau de conscience, cf. La Spirale Dynamique de Fabrice Chabreuil et Patricia Chabreuil). À titre d’exemple, je donnerais une liste restreinte de quelques auteurs français centrés A’N’-jaune : Pierre Theilard de Chardin, Henri Laborit, Edgar Morin, Joël de Rosnay, l’astronaute Patrick Baudry, Hubert Reeves, etc. De nos jours, la conscience A’N’-Jaune serait représentée par 5% de la population mondiale d’après les estimations des successeurs de Clare Graves, mais se pourrait-il qu’inconsciemment une poussée de « fièvre » jaune puisse « booster » ce niveau de conscience dont nous aurions bien besoin pour résoudre les problèmes posés par la conscience capitaliste centrée en ER-orange et ceux qui émergent déjà de la conscience relativiste de FS-vert ? En résumé, pour franchir l’obstacle qui se présente à nous collectivement, nous devons d’ores et déjà passer l’étape du post-modernisme par une critique constructive de cette philosophie de vie qui imprègne et domine le monde d’aujourd’hui. Cependant, pour Ken Wilber, penseur critique du post-modernisme, le principal problème des post-modernes réside dans leur narcissisme (cf. son livre non traduit en français Boomeritis). Fait étonnant, Emmanuel Macron est le premier président à incarner cette idéologie attestant par-là de son influence prégnante (cf. « Emmanuel Macron, président du post-modernisme »). Or pour sortir du post-modernisme, il n’y a qu’une seule solution : développer une conscience centrée en A’N’-Jaune… ça ne s’invente pas… serait-ce encore une fois que ce soit le peuple qui montre la voie ? Philippe Vergnes Bibliographie succincte : Pour vous familiariser avec la théorie et les travaux de Ken Wilber, la lecture de ses quelques livres en français est un préalable indispensable de même que les quelques rares auteurs français qu’il a pu inspirer dont voici la liste : Carfatan, Serge (2017), Connaissance de la totalité, pourquoi l’homme fonctionne comme une totalité vivante ?, Paris : Almora, 400 p. Chabreuil, Fabien & Chabreuil, Patricia (2015), La Spirale dynamique (3e édition), Paris : InterEditions, 264 p. Drouot, Patrice (2013), La révolution de la pensée intégrale, Escalquens : Dangles, 300 p. Guérin, Véronique & Ferber, Jacques (2007), Le monde change… et nous ?, Lyon : Chronique Sociale, 252 p. Visser, Frank (2017), Ken Wilber, la pensée comme passion, Paris : Almora, 464 p. Wilber, Ken (1983), Les trois yeux de la connaissance, Monaco : éditions du Rocher, 213 p. Wilber, Ken (1997), Une brève histoire de tout, Boucherville : Mortagne, 452 p. Wilber, Ken (2013), Grâce et courage, Paris : Almora, 624 p. Wilber, Ken (2014), Une théorie de tout, Paris : Almora, 282 p. Wilber, Ken (2017), Le livre de la vision intégrale, Paris : InterEditions, 240 p. (Ce dernier livre est une introduction simplifiée, pour ne pas dire « simpliste », d’accès très facile à la philosophie de Ken Wilber. Il ne saurait toutefois en être véritablement représentatif.) Principaux sites internet : Le journal intégral, le blog d’Olivier Breteau qui présente une myriade d’articles en lien avec la théorie intégrale de Ken Wilber. Philosophie et spiritualité, le site de Serge Carfatan qui comporte des leçons de philosophie très complètes portant sur les travaux de Ken Wilber et bien d’autres encore. Spirale dynamique, le site de Fabrice Chabreuil et Patricia Chabreuil sur la spirale dynamique qui a fortement inspiré la vision intégrale de Ken Wilber. Ressource intégrale, le site du physicien Patrice Drouot, l’auteur du livre La révolution de la pensée intégrale. Développement intégral, le site de Jacques Feber incluant de nombreuses analyses sur notre société en lien avec la spirale dynamique et la vision intégrale de Ken Wilber. Et enfin pour les anglophones, le site de Ken Wilber : kenwilber.com.


[1] Berthoz, Alain (2009), La simplexité, Paris : Odile Jacob, 256 p. « La simplexité, telle que je l’entends, est l’ensemble des solutions trouvées par les organismes vivants pour que, malgré la complexité des processus naturels, le cerveau puisse préparer l’acte et en projeter les conséquences. Ces solutions sont des principes simplificateurs qui permettent de traiter des informations ou des situations, en tenant compte de l’expérience passée et en anticipant l’avenir. Ce ne sont ni des caricatures, ni des raccourcis ou des résumés. Ce sont de nouvelles façons de poser les problèmes, parfois au prix de quelques détours, pour arriver à des actions plus rapides, plus élégantes, plus efficaces. » [2] C’est cette idée que j’avais tenté d’exprimer « naïvement » dans mon article « Se comprendre ou s’entretuer : question de logique ? » sans même connaître Ken Wilber à l’époque. Mon intuition initiale se rapprochait plus du système AQAL que du développement « alambiqué » que je lui avais alors donné pour cet article dont la parution m’aura au moins permis de connaître Ken Wilber suite à l’intervention d’un lecteur qui en a fait le rapprochement. Qu’il en soit remercié. [3] Cf. les écrits d’un auteur tel que Pierre Solié par exemple. [4] Wilber, Ken (1987), Les trois yeux de la connaissance, Monaco : éditions du Rocher, 213 p. (p. 137). Tout le chapitre 7 est consacré à la description et aux exemples de ce que Ken Wilber appelle la confusion pré-trans. [5] Ibid., pp. 137-138. [6] Ibid., p. 139.

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Soixante deuxième article de blog: Une brève histoire de la science émergente des systèmes de valeur

Traduction Dit DawlabaniClare W. Graves, psychologue spécialiste du développement et professeur émérite à Union College, a d’abord posé les fondements de ce nouveau paradigme révolutionnaire. Son cadre, qui a duré toute une vie de recherche, s’appelle Les niveaux de l’existence humaine. Graves était un contemporain d’Abraham Maslow, l’un des premiers psychologues à avoir revendiqué les théories d’une nature hiérarchique du développement humain dans sa théorie de la «hiérarchie des besoins». Graves entreprit de vérifier le travail de son collègue en façonnant plus théorie unifiée de la psychologie humaine. Après avoir interviewé plus d’un millier d’étudiants de Maslow au fil des ans, il lui est apparu que, dans la réalité, les besoins du modèle de Maslow semblaient correspondre à ce que Graves appelait les «niveaux». Graves était convaincu que le modèle n’exprimait pas correctement la dynamique de la nature humaine, le processus des systèmes émergents, ou l’ouverture du développement psychologique d’un être humain mature, qu’il a conclu caractérise le développement de notre espèce. À la manière dont on a besoin d’aujourd’hui, Graves était un penseur visionnaire de son époque qui, au lieu de s’efforcer de trouver des variations sur les modèles et théories psychologiques existants, a commencé à rechercher les raisons qui sous-tendaient les points de vue changeants de la nature humaine. La réponse à la raison pour laquelle tant de choses ont mal tourné pour amener l’économie mondiale au bord de l’effondrement en 2008 après la récession persistante a commencé à sembler très différente une fois examinée à travers la lentille hiérarchique plus riche de la perspective de Graves. Vous trouverez ci-dessous son propre résumé du cadre dans lequel il a perçu la nature humaine. «En bref, ce que je propose, c’est que la psychologie de l’être humain mature soit un processus en spirale se déroulant, émergent, oscillant, caractérisé par une subordination progressive des systèmes plus anciens d’ordre inférieur à des systèmes plus récents d’ordre supérieur en tant que particulier les problèmes existentiels changent. Chaque étape, vague ou niveau d’existence est un état par lequel les gens se dirigent vers d’autres états d’être. Lorsque l’humain est centralisé dans un état d’existence, il a une psychologie particulière. à ce stade. Ses sentiments, motivations, éthique et valeurs, biochimie, degré de activation neurologique, système d’apprentissage, systèmes de croyances, conception de la santé mentale, idées sur ce qu’est la maladie mentale et son traitement, conception et préférence pour la gestion, l’éducation, l’économie et la théorie et la pratique politiques sont toutes appropriées à cet état .  » Ce qui est important dans le domaine de l’économie, et plus particulièrement de la méménomique, est que la recherche de Graves a été le tout premier modèle qui ne visait pas uniquement à comprendre les comportements et les motivations des consommateurs, des producteurs et des décideurs économiques. Il a également proposé que tous ces éléments soient examinés dans une perspective plus globale prenant en compte la biologie (capacités cérébrales), la psychologie (comment les gens pensent) et la sociologie (où vivent les gens), et les examiner dans un contexte de une culture dynamique en constante évolution. Graves a classé ces dimensions dans huit niveaux hiérarchiques d’existence connus, appelés systèmes de valeurs, auxquels ces groupes humains peuvent appartenir. Cette carte constituait la toute première carte psychologique complète de l’expérience humaine, connue sous le nom de modèle bio-psycho-social sur lequel repose en grande partie la philosophie intégrale d’aujourd’hui. Don Beck et Christopher Cowan ont été les deux personnes les plus déterminantes dans la diffusion des travaux académiques de Graves à un public mondial. À la suite de nombreuses années de collaboration étroite avec lui, ils ont mis ses vastes recherches au service d’applications réelles qui ont confirmé ses découvertes et les ont complétées par leurs propres recherches. Bech et Cowan ont incorporé une grande partie du travail exhaustif de Graves dans leur propre théorie appelée «Spiral Dynamics» et ont co-écrit un livre novateur intitulé Spiral Dynamics: Mastering Values, Leadership and Change. Au cours des années suivantes, Beck continua à faire évoluer les travaux de Graves en collaborant avec le philosophe intégral Ken Wilber à la création de Spiral Dynamics Integral ajouta le thème des quatre quadrants du cadre de la philosophie intégrale au modèle AQAL (All Quadrants, All Levels), qui a depuis défini une grande partie du travail de Wilber. Sur le plan théorique, Beck et Cowan continuent tous deux de vérifier le grand nombre de recherches de Graves laissées derrière par différentes applications et méthodologies. Beck compare le concept de Graves de cartographie psychologique au projet du génome humain. Depuis ses premiers travaux avec Graves, il est devenu le leader reconnu dans l’application des principes de cette science émergente des systèmes de valeurs aux points chauds de la planète. Au cours d’une période de dix ans, il a joué un rôle majeur dans la conception de la transition de l’Afrique du Sud après l’apartheid. Il a co-écrit un livre de 1991 intitulé The Crucible: Forger l’avenir de l’Afrique du Sud, qui souligne l’importance de la compréhension de la macro-mémétique des cultures afin de concevoir politiques politiques et économiques. Au cours des dernières années, les travaux de Beck ont influencé les décideurs en Europe, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient, notamment le 10 Downing Street et la restructuration du gouvernement islandais après la crise financière. Ils ont également permis aux dirigeants de la Palestine de construire une société autonome et viable. état de confiance et paisible. Pour la première fois, la psychologie à grande échelle commence à se substituer à des manières arcaniques et linéaires de regarder ce qui motive des groupes et des cultures entières. C’est ce changement de paradigme consistant à voir le monde à travers les lentilles stratifiées des systèmes de valeurs présentées par le cadre de Beck / Graves qui définit les principes de Memenomics. Aujourd’hui, Beck a 70 ans et travaille sur une autre évolution de la théorie actuellement appelée The Master Code. Cette recherche influente sur la nature des valeurs humaines continue de se dérouler au travers de nombreux Gravesians de troisième génération formés dans le monde entier. Aujourd’hui, il existe plus de quinze centres pour l’émergence humaine qui couvrent le globe, du Chili au Moyen-Orient et en Russie, et ils utilisent tous les méthodologies de Graves / Beck pour faire progresser la compréhension de la nature humaine.

Définition d’arcaniqueToute opération hermétique dont le secret ne doit être connu que des seuls initiés. (En occultisme, c’est le nom des cartes, ou lames, du jeu de tarot utilisé à des fins divinatoires : 22 arcanes majeurs et 56 arcanes mineurs.)

Memenomics pp35-35 Sources : https://www.facebook.com/groups/1444189599130630/permalink/2170113159871600/

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Soixantième article de blog: Une Comparaison De La Terminologie De La Couleur Dans La Théorie Intégrale, La Dynamique Spirale Et La Chakra-Psychologie selon FRANK VISSER

Introduction

Dans Integral Psychology (2000), Ken Wilber a présenté le schéma de couleurs de Spiral Dynamics (SD) à ses lecteurs, peu de temps après l’avoir découvert comme un modèle de développement pratique et attrayant. Il lui fournissait une terminologie neutre pour faire référence à des descriptions de stade de développement complexes telles que « concrète-opérationnelle » ou « pensée post-post-formelle ». Spiral Dynamics est né du travail de Clare Graves, un contemporain d’Abraham Maslow, qui a mis au point un modèle de développement de valeurs et de visions du monde, à l’image du plus connu des Masloviens, tout en mettant l’accent sur nos valeurs et nos expressions. Dans le modèle d’actualisation de soi de Maslow, les étapes pourraient être regroupées en deux sous-divisions.  Les quatre premiers (besoins physiologiques, besoins de sécurité, d’appartenance, d’amour et d’estime) étaient appelés « carences » ou « besoins D ». Les derniers (besoins d’actualisation et de dépassement de soi) ont été appelés « croissance ou être » ou « besoins B« . [1] Cette division entre les groupes d’étapes a été reflétée dans le modèle de Graves en tant que les six premières étapes dites « de premier niveau », suivies de deux étapes dites de « deuxième niveau ». Le franchissement de cette ligne de partage a été présenté dans un article de magazine comme « un saut considérable.
Le modèle a été repris et développé par Don Beck et le regretté Chris Cowan dans Spiral Dynamics: Maîtriser les valeurs, le leadership et le changement (1996). Plus important encore, ils ont remplacé les descriptions de scène abstraites de Graves (telles que GT ou FS) par des couleurs faciles à mémoriser (voir), en utilisant les connaissances de la psychologie des couleurs. [3]
  1. BEIGE – Prairies de la savane où vivaient les premiers hominidés
  2. VIOLET – une couleur de la royauté et des chefs
  3. RED – émotion chaude et excitation sanglante
  4. BLEU – cieux au-dessus, sang-bleu et loyauté «du vrai bleu»
  5. ORANGE – la couleur des fours industriels au travail
  6. GREEN – éco-conscience et approches naturalistes
  7. JAUNE – énergie solaire et nouvelles technologies postindustrielles
  8. TURQUOISE – la couleur de la terre vue d’un méta-niveau (comme la lune) – un système vivant holistique
Une clarification importante est donnée sur spiraldynamics.org de Cowan:
« Bien qu’il y ait une métaphore lâche derrière les couleurs pour les rendre mémorables, Cowan n’a pas l’intention de donner une signification métaphysique ni de dériver les couleurs des chakras ou de tout autre système . L’ordre a été choisi délibérément pour différer du spectre de la lumière visible , même si nous ‘. Nous avons reçu des plaintes de temps en temps de la part de personnes aux idées profondes nous demandant si nous pouvions reconnaître un arc-en-ciel quand nous en voyons un. Les systèmes express-the-self (nombres impairs) ont des couleurs chaudes – beige, rouge, orange, jaune, corail, etc. Les systèmes de sacrifice / renier-soi ont tous été assignés à des couleurs froides: violet, bleu, vert turquoise, etc.  » (emphase ajoutée) [4]
Don Beck et Wilber se sont rencontrés vers l’an 2000 et ont entamé une collaboration qui a abouti à « Spiral Dynamics Integral » ou SDi. À travers les livres de Wilber, les concepts de Spiral Dynamic pourraient atteindre un public plus large. Le système est devenu extrêmement populaire parmi les étudiants à part entière et le langage couleur deviendra la lingua franca de la communauté à part entière pendant de nombreuses années. Des concepts tels que BLUE ou ORANGE ou GREEN en abrégé pour les segments prémodernes, modernes et postmodernes de la société et en JAUNE pour la culture intégrale à venir se sont rapidement répandus, ce qui a amené ceux qui n’étaient pas au courant à se demander quelle société secrète était devenue l’Institut Intégral.
Ken Wilber, La religion de demain Couverture rigide, Shambhala, 2017, 806 pages.
Wilber et Beck ont ​​tous deux convenu que le fait de réduire l’écart entre le premier et le second rang (c’est-à-dire jusqu’au stade JAUNE) ferait une énorme différence pour la société. Ils ont partagé des opinions bien arrêtées sur le « Mean Green Meme« , qui aurait empêché cette émergence de la première des étapes intégrales en raison de son relativisme omniprésent. Cowan, cependant, a fermement résisté à la réinterprétation wilberienne des concepts du développement durable; où Beck voyait des opportunités pour intégrer le modèle de DD dans le cadre de développement plus large de la théorie intégrée. Cependant, après quelques années, Beck et Wilber se sont séparés sur certains différends conceptuels (ou autres raisons non transparentes).

Qu’est-ce que le MEAN GREEN MEME?

meme vert
Un terme accrocheur pour la conscience pluraliste pathologique . Le Meme Green Green (MGM) fait référence aux formes quasi post-fascistes, socialement stagnantes, auto-corrompantes et anti-évolutives de la postmodernité. Il utilise mais dégrade la complexité cognitive et tempéramentale normale de ce niveau de « méta » intelligence. Cela affaiblit non seulement la conscience verte actuelle, mais enflamme également (en justifiant) le bouleversement d’agents culturels modernes et traditionalistes qui considèrent la postmodernité progressive comme un abandon de tout le saint accomplissement de la civilisation humaine.
Étymologie Utilisé par Ken Wilber pour décrire les effets sociaux néfastes de la phase « verte » déséquilibrée de la conscience sociale et cognitive – tronquant l’utilisation de « valeurs-mèmes » dans Spiral Dynamics.
Dans Integral Spirituality (2006), Wilber a présenté un modèle de développement durable « réformé ». Il avait abandonné la moitié des couleurs SD de son schéma et en avait introduit de nouvelles – sans trop de justification ni d’explication. Par exemple, BEIGE est devenu CRIMSON, PURPLE a été remplacé par MAGENTA, BLUE était sorti, ainsi que YELLOW, qui ont été remplacés par AMBER et TEAL. Si vous entendez beaucoup parler d’ organisations  » sarcelle « , c’est de là que vient cette expression [5]. Cela a effectivement créé deux dialectes de couleur différents, et une certaine confusion, parmi les amateurs de codage de couleur, qui ne parlaient plus la même langue. À ma connaissance, peu d’études ont été consacrées à cette révision de Spiral Dynamics par Wilber – des deux côtés de la clôture.

DYNAMIQUE SPIRALE RECOLORED

Dans son dernier livre, The Religion of Tomorrow (2017), Wilber explique au moins partiellement pourquoi il a changé (certaines des) couleurs du schéma de couleurs de Spiral Dynamics. Il écrit:
Au fur et à mesure des recherches sur la « médecine énergétique » et les « énergies subtiles« , les machines évoquant différents niveaux s’appuieront dans certains cas sur l’obtention directe d’un niveau particulier de conscience en résonnant avec une couleur particulière; il est donc très important que ces couleurs soient dans le bon ordre si nous voulons obtenir les niveaux que nous voulons réellement. Spiral Dynamics utilise également des couleurs pour ses 6 à 8 niveaux de base dans la ligne de valeurs, mais ses affectations de couleurs sont totalement décalées selon les traditions tantriques …
Avec Spiritualité intégrale, La vision intégrale , Le livre électronique The Fourth Turning , etc., j’ai explicitement introduit un spectre de couleurs plus adéquat qui correspond à un arc-en-ciel réel – et donc, selon le Tantra, correspond plus précisément aux énergies réelles à ces différents niveaux. de développement. (p. 692)
  Cet argument nécessite des recherches sur le pourquoi et le comment des couleurs dans le cadre Spiral Dynamics. Cela justifie également une comparaison étroite des nouvelles couleurs de Wilber et de celles utilisées dans les textes de psychologie yogique et tantrique. Mon objectif n’est pas de plaider en faveur de l’un ou l’autre de ces systèmes, mais seulement de voir si la prétention de Wilber d’avoir « un spectre de couleurs plus adéquat qui correspond au véritable arc-en-ciel » est justifiée. Bien entendu, l’adéquation du modèle lui-même est une question différente. L’utilisation des connaissances de la psychologie des couleurs est très efficace pour présenter le modèle aux nouveaux arrivants. Les nouvelles couleurs de Wilber n’ont pas cet attrait intuitif initial. Affirmer qu’il faut utiliser les couleurs spectrales parce qu’elles sont supposées correspondre à des énergies ou des fréquences subtiles dans la nature est une revendication plus indirecte. Quoi qu’il en soit, nous devrions d’abord déterminer si les nouvelles couleurs de Wilber correspondent bien à celles du yoga et du tantra. Mais voyons d’abord comment Wilber a modifié les couleurs standard SD et pourquoi. J’ai donc mis en place un tableau comparatif ci-dessous, avec des couleurs ajoutées dans les cellules du tableau pour rendre les différences plus graphiques: En comparant les deux colonnes de ce tableau, vous pouvez maintenant voir clairement les modifications apportées par Wilber au modèle SD initial:
  1. BEIGE est remplacé par INFRARED
  2. PURPLE est remplacé par MAGENTA
  3. BLEU est remplacé par AMBRE
  4. JAUNE est remplacé par TEAL
  5. Les couleurs du troisième niveau ont été ajoutées
Seuls les modèles RED, ORANGE, GREEN et TURQUOISE ont été retenus dans le modèle de Wilber. Contrairement au modèle du développement durable, le modèle de Wilber reconnaît explicitement un troisième niveau, qui délimite la transition des niveaux personnel à transpersonnel, « super-intégral » ou spirituel – là encore, il ne s’agit pas simplement d’une transition d’étape régulière, mais d’une plus grande importance. Un autre « saut », encore plus important que celui du premier au deuxième tiers. Bien que Graves ait apparemment parlé d’un possible troisième niveau, il s’attendait à ce que les couleurs jaune et turquoise soient suivies en premier par quatre couleurs de second niveau, les trois premières portant le label CORAL, TEAL et AUBERGINE [4]. Ainsi, les six étapes de second niveau correspondraient aux six étapes de premier niveau, en tant que sorte de « nombres premiers » supérieurs (avec un troisième niveau donnant « des nombres premiers doubles ») – aboutissant à un schéma plutôt kabbalistique. Wilber, cependant, a jugé opportun de commencer le troisième niveau plus tôt que ne l’avait imaginé Graves:
J’ai constaté que plusieurs caractéristiques pouvant être considérées comme un nouveau niveau (c’est-à-dire le 3ème niveau) avaient commencé beaucoup plus tôt. pas besoin d’attendre encore 4 étapes pour se rendre au 3ème niveau de Graves. (p. 346)
  Beck et Cowan s’opposent à l’interprétation de Wilber de troisième niveau en tant que non gravesienne. Cependant, Cowan a déclaré sur son site Web à propos de l’existence d’un possible troisième niveau (qui comporterait à nouveau six étapes, selon Graves): « Le fait que de tels niveaux soient une réalité est une pure conjecture de la part du Dr Graves qui a Ce pourrait être le cas si la nature humaine continuait sur sa lancée « . [7] Wilber, du moins, semble avoir trouvé une réutilisation significative et empirique de ce concept de troisième niveau, compte tenu de son étude des étapes de développement et des méthodes transpersonnelles tout au long de sa vie. de transformation personnelle. Ce qui pourrait surprendre de nombreux étudiants à part entière, c’est que pour Wilber, les étapes TEAL et TURQUOISE n’ont aucun sens spirituel. Utilisant sa terminologie, ils représentent les versions basse et haute de la « vision-logique », une forme de cognition représentant l’intégration corps-esprit de la phase dite du centaure. Les étapes « super-intégrales » du troisième niveau sont de nature résolument spirituelle. Wilber fournit des données (non corroborées) sur la prévalence de ces stades de deuxième et troisième niveaux:
Il est très rare que des personnes développent des structures de développement intégrales de second niveau, sans parler des structures de développement super-intégrales de troisième niveau. 
En fait, des recherches basées sur les travaux de Claire [sic] Graves suggèrent qu’environ 5% des individus se situent actuellement au deuxième niveau, et ceux situés au niveau supérieur du deuxième niveau (logique à haute vision, centaure tardive). , Fulcrum-8) ne représentent guère plus de 0,5%, soit une personne sur deux cents. Le nombre au troisième rang est un dixième de celui, si élevé. Par conséquent, lorsque les chercheurs enquêtent sur la population moyenne, dont très peu de méditants de longue date, ils trouveront très peu de personnes qui se sont développées en niveaux de structure de second niveau, et encore moins de niveaux de structure de troisième niveau, transpersonnel, super-intégral ou spirituel. développement. (p. 181-2)
En ce qui concerne plus spécifiquement le schéma de couleurs SD classique, Wilber élabore sur le mauvais placement (arc-en-ciel) de YELLOW et VIOLET – et ajoute que ce mauvais placement n’est pas sans conséquences.
(Népal, 17ème siècle) Peinture de chakra (Népal, 17ème siècle)
En tant que moyen (et qu’un seul moyen) de faire référence aux degrés d’altitude (ou «niveaux» d’altitude), la métathéorie intégrale a suivi la pratique ancienne (trouvée dans, par exemple, la psychologie du yoga) de donner à chaque degré ou niveau majeur un arc-en-ciel  » couleur « , par exemple, allant de l’infrarouge au magenta en passant par le rouge, l’ambre en passant par le vert, le turquoise, le turquoise, l’indigo, le violet, l’ultraviolet et le blanc (avec des subdivisions plus que possible). L’ordre des couleurs est important pour les psychologies traditionnelles, car chaque niveau est dit correspondre à une énergie subtile, que l’on retrouve également dans la nature, comme dans un arc-en-ciel, de sorte que l’ordre des couleurs des niveaux d’altitude, contrairement à ceux utilisé par Spiral Dynamics, doit correspondre à l’ordre trouvé dans un arc-en-ciel. Ceci est important car les biomachines activant un niveau donné doivent correspondre à la couleur réelle trouvée à ce niveau. Ainsi, comme un seul exemple, toutes les traditions placent «violet» ou «violet» au plus haut niveau, alors que Spiral Dynamics le place à l’un des plus bas, ce qui se retournerait mal si des énergies réelles étaient utilisées. (p. 349)
Si tel est effectivement le cas, cela souligne l’importance de s’en tenir méticuleusement à la séquence de couleurs trouvée dans la nature. Selon Wilber, une meilleure séquence de couleurs serait une séquence dans laquelle nous passions d’énergies « brutes » et « brutes » à des énergies plus « raréfiées » et « raffinées »:
L’ordre réel des couleurs du spectre développemental s’avère important, pour des raisons données par les traditions elles-mêmes – chaque chakra, par exemple, a une couleur et ces couleurs apparaissent, du plus bas au plus haut, dans le même ordre que dans un arc-en-ciel naturel, car les énergies réelles des chakras seraient des manifestations des mêmes énergies kosmiques produisant des arcs-en-ciel – reflétant la nature « unifiée » du Kosmos lui-même. Il y a donc une raison pour laquelle les chakras fonctionnent de « l’infrarouge » (ou plus précisément, « cramoisi ») et du « rouge » au bas de l’écran, qui sont des basses fréquences de couleurs vives, « violentes » associées à la colère, à la haine, etc. en avant, au vert des couleurs lisses au milieu, représentant des niveaux plus avancés / évolués, ou des bandes, de couleurs et de conscience, bleu et indigo au sommet, avec leurs tons doux, apaisants et pacifiques. (p. 691-2)
La nouvelle palette de couleurs de Wilber semble se conformer à cette règle: nous allons des couleurs chaudes et rougeâtres (en fait de nombreuses teintes, plus tard) aux couleurs plus froides et bleuâtres, culminant en ultraviolet et en blanc. Notez comment Wilber fait appel aux notions populaires sur la psychologie des couleurs ici. Une différence intéressante réside dans le fait qu’en SD classique, les couleurs chaudes et froides alternent (ce qui forme efficacement la spirale). Wilber a complètement dépouillé ce motif en spirale de ses couleurs. (Encore une fois, le fait que les étapes montrent une séquence en spirale entre les couleurs chaudes et froides, ou des étapes I à les étapes We, est une question empirique dans laquelle nous n’entrerons pas maintenant).

LA PALETTE DE COULEURS YOGA / TANTRA

Passons maintenant à la palette de couleurs de la psychologie yogique et tantrique, pour voir si le nouveau modèle de Wilber se comporte mieux que la dynamique spirale classique. Une recherche sur Internet pour « chakra-psychologie » apporte des tonnes d’images détaillant les chakras et leurs supposées couleurs correspondantes. Autant que je sache, ils confirment tous l’arrangement suivant:
Comme toujours, une richesse d’informations historiques est également donnée sur la page Wikipedia sur Chakra . [7] Le concept de chakra peut être trouvé dans les traditions orientales (tantra hindou, bouddhisme Vajrayana, Bon, Qhigong et métaphysique indonésien et malaisien), ainsi que Écoles occidentales (adaptations occidentales des traditions hindoues, tradition orthodoxe orientale de Hesychasm, Nouvel âge et groupes ésotériques). Pour faciliter la comparaison, plaçons le spectre de couleurs à côté, pour voir si les couleurs arc-en-ciel ont bien été attribuées aux chakras ici, dans le même ordre. Le spectre s’étend des fréquences basses (rouge) ou des longueurs d’onde longues aux hautes fréquences (violet) ou des longueurs d’onde courtes, et les sept couleurs spectrales correspondent aux sept chakras, un par un. Cela a un sens intuitif, si le symbolisme (ou l’énergie derrière lui?) Représente un processus de raffinement ascendant de la matière à l’esprit.
Le spectre de la lumière
Couleurs Prisma
Une autre page Wiki sur les chakras nous fournit un historique des chakras et de la façon dont ils nous sont parvenus en Occident – et nous dit que la plupart des enseignants orientaux contemporains utilisent les interprétations occidentales de textes anciens [8]:
C’est la théorie shakta de 7 chakras principaux à laquelle la plupart des Occidentaux adhèrent, consciemment ou non, en grande partie grâce à la traduction de deux textes indiens, le Sat-Cakra-Nirupana et le Padaka-Pancaka , de Sir John Woodroffe , alias Arthur Avalon, dans un livre intitulé The Serpent Power . Ce livre est extrêmement détaillé et complexe, et plus tard, les idées ont été développées dans ce que les théosophes prédominent dans la conception occidentale des chakras, et largement controversé (dans les cercles théosophiques) de CW Leadbeater dans son livre The Chakras , qui sont en grande partie ses propres méditations et idées sur la question. Cela dit, beaucoup de gourous indiens actuels qui incorporent des chakras dans leurs systèmes de philosophie ne semblent pas radicalement en désaccord avec la vision occidentale des chakras, du moins sur les points clés, et ces vues orientales et occidentales se sont développées à partir du Shakta Tantra. école.
Le site Web répète les arguments de Wilber sur le droit d’avoir les couleurs, sinon vous risqueriez des conséquences énergétiques:
On dit qu’il est très important de connaître le bon ton de couleur pour une zone spécifique, car une mauvaise teinte de couleur peut avoir des effets différents sur le système énergétique. Pourtant, différents systèmes diffèrent par les couleurs qu’ils attribuent. Les couleurs ci-dessus représentent simplement, dans l’ordre, les couleurs de l’arc-en-ciel. En d’autres termes, toutes les couleurs monochromes. (emphase ajoutée)

CORRESPONDANCES ENTRE WILBER ET LE CHAKRA

Wilber fournit des correspondances de stade-chakra dans La religion de demain aux chapitres 9, 10 et 11, où il traite des « dysfonctionnements » des stades de développement des premier, deuxième et troisième niveaux. Les corrélations stade-chakra sont brièvement mentionnées au début de chaque paragraphe et discutent des différentes étapes.
Infrarouge Archaïque: « Le moi commence par s’identifier au chakra-barreau 1 et à ses pulsions alimentaires … » (p. 282)
Magenta Magie: « Cela nous amène au chakra-rung 2 (le pranic, le magenta, la bioénergie, le niveau émotionnel-sexuel … » (p. 289)
Red Magic-Mythic: « Des dynamiques similaires, bien que moins motivées, jouent néanmoins avec le chakra-rung 3 … » (p. 297)
Amber Mythic: « At the next major structure-stage, we find dysfunctions occurring with chakra-rung 4… » (p. 299)
Orange Rational: pas de chakra mentionné ici, mais sous Green Pluralistic, Orange est assigné à chakra 5
Green Pluralistic: « … la prochaine structure majeure (green, chakra 5, Fulcrum 6 [partageant le chakra de gorge 5 avec l’orange Fulcrum-5 puisque les deux sont auto-expressifs], esprit pluraliste), … » (p. 321)
Teal Holistic et Turquoise Integral: « … logique de vision basse et haute (sarcelle et turquoise, structures de second rang, chakra 6 – le » troisième oeil « ou synthétisant le chakra … » (p. 332)
Super-intégral: pas de chakra mentionné, seulement en passant à la note 3, chapitre 9: « … entre les niveaux les plus élevés et les plus élevés du 3ème rang et du super-intégral (chakra 7), alors que l’amour devient universel / kosmique et finalement infini dimensions. » (p. 704)
Lorsque nous ajoutons maintenant les couleurs de chakra traditionnelles, sur la base de la recherche sur la terminologie des couleurs que nous avons effectuée ci-dessus, il en résulte le tableau de correspondances suivant — ou devrions-nous voir des « non-correspondances » ?: Le décalage de couleur évident entre ces deux systèmes est douloureux pour les yeux. Seuls les chakras racine, sacré et couronne semblent correspondre au choix des couleurs de Wilber; le reste est complètement désynchronisé. Visuellement, on voit clairement un décalage des couleurs de chakra Indigo, Bleu, Vert. et les couleurs plus chaudes jaune-orange. Le problème ici semble être que Wilber voulait garder Green et Orange à des niveaux aussi élevés, car une grande partie de son analyse culturelle repose sur ces termes. On peut se demander pourquoi Wilber prétendrait que sa palette de couleurs correspond exactement au spectre de couleurs de l’arc-en-ciel. À cet égard, même s’il fait mieux que le modèle SD (mais comme cela a été dit, les fondateurs de Spiral Dynamic n’ont jamais eu l’intention de donner aux couleurs « toute signification métaphysique ou de dériver les couleurs de chakras ou de tout autre système »), semblent être de graves inadéquations ici.
  1. JAUNE est absent du premier niveau
  2. BLEU est absent du premier niveau
  3. Les niveaux de premier niveau sont dominés par RED / ORANGE
  4. GREEN n’est pas synchronisé avec le chakra vert.
  5. TEAL / TURQUOISE ne correspond pas à INDIGO
Il est assez remarquable, pour commencer, que, à l’exception de GREEN, presque tous les étages Wilberian de premier niveau sont affectés à des couleurs ROUGE ou rougeâtre, du rouge cramoisi foncé aux diverses nuances d’orange. Ne sont-ils pas «des basses fréquences de couleurs brutes,« violentes »associées à la colère, à la haine, etc.»? Et si l’Integral Institute libérait des « bio-machines » basées sur sa compréhension des couleurs du chakra, par exemple, pour stimuler le chakra du cœur, cela ne « se retournerait-il pas mal quand des énergies réelles seraient utilisées »? Et ce qui est arrivé à BLUE (chakra de la gorge) et JAUNE (plexus solaire), deux couleurs traditionnelles importantes, qui ne sont pas seulement des couleurs spectrales, mais des couleurs primaires. Si je devais concevoir un jeu de couleurs qui correspond étroitement aux couleurs traditionnelles, je m’assurerais certainement que celles-ci sont incluses. En outre, comme chaque peintre le sait, vous ne pouvez créer ni vert ni orange sans jaune sur votre palette de couleurs. Une autre façon de le dire est la suivante: dans le modèle de couleur de chakra yoga / tantra, les trois couleurs primaires (ROUGE, JAUNE et BLEU) et leurs couleurs secondaires (ORANGE et VERT) constituent la personnalité humaine. Les qualités supérieures sont exprimées par les couleurs INDIGO et VIOLET non primaires (ou même secondaires). Cela semble assez équilibré et conforme au spectre lumineux. Le modèle de Wilber, contrairement à cela, peint la personnalité humaine avec une couleur primaire (ROUGE) et deux couleurs secondaires (ORANGE, dérivé de JAUNE / ROUGE et VERT, dérivé de JAUNE / BLEU). Comme dit, les couleurs primaires de BLEU et JAUNE sont complètement absentes. Les qualités supérieures sont maintenant exprimées par TEAL et TURQUOISE (un écho de Spiral Dynamics, mais quelque peu en contradiction avec le spectre de la lumière, compensant tous deux l’absence de BLEU), suivis des couleurs ultra-intégrales INDIGO et VIOLET. Si une correspondance des couleurs précise et réaliste est si importante et si Wilber souligne ce point plusieurs fois dans The Religion of Tomorrow , cette inadéquation doit être prise en compte. La couleur TEAL nouvellement introduite ne correspond en aucun cas à la couleur INDIGO affectée au chakra du troisième œil par la psychologie du yoga. Cela serait fatal pour tout modèle qui accorde une grande importance à une correspondance étroite entre les couleurs choisies et les couleurs « naturelles », en particulier pour la structure tant attendue de TEAL! Seules les couleurs situées aux extrémités du spectre semblent avoir une certaine ressemblance.

MONTRER VOS VRAIES COULEURS

Bien sûr, on pourrait conserver les couleurs de Wilber de manière pragmatique (ou désespérément?) Même si elles contredisent les schémas de couleurs du yoga, mais quelque chose ne va pas ici. Il n’y a tout simplement aucune autre source pour ces couleurs de chakra que celles que nous avons mentionnées – et elles n’appuient pas les choix de Wilber, même s’il prétend le faire. Et ce n’est pas une simple question de « tous les modèles ont tort » (ou « juste ») à mon avis. Les modèles peuvent être plus et moins informatifs, en fonction du contexte dans lequel ils sont utilisés. Le contexte actuel est le développement psycho-spirituel humain. En ce sens, les couleurs SD originales semblent supérieures, en raison de leur attrait psychologique direct. Wilber justifie son choix de couleurs indirectement (à tort, comme nous l’avons vu) à travers une théorie ésotérique tantrique sur les couleurs de l’arc-en-ciel et les chakras. Wilber peut écrire négligemment des choses comme:
Spiral Dynamics a le jaune comme l’un de ses deux niveaux les plus élevés, alors que les traditions le placent dans la partie inférieure du spectre, dans la gamme rouge / orange. (p. 692)
Mais pour l’amour de Shiva, les schémas traditionnels ont une place unique pour le JAUNE, et ce n’est certainement pas « dans la gamme rouge / orange » – bien que cela puisse être vrai pour la moitié inférieure rougeâtre de la palette de Wilber, où il semble s’être épuisé de peinture jaune et bleue. Non, on considère traditionnellement que le JAUNE correspond au plexus solaire ou au troisième chakra. Wilber écrit comme toujours:
Lorsque j’ai commencé à utiliser Spiral Dynamics comme une introduction facile aux niveaux d’une ligne particulière (la ligne de valeurs), le commentaire que j’ai le plus souvent reçu était « Ouais, mais ils se sont trompés de couleurs » et je disais toujours:  » Oui, mais cela peut être facilement résolu.  » (p. 692)
Wilber affirme qu’il a toujours suivi le chakra depuis son premier livre – du moins implicitement -, mais pourquoi l’alignement est-il si désespérément faux, même après quatre décennies?
Il s’est avéré que ce n’était pas si facile à aborder et j’ai donc dû expliquer clairement un spectre de couleurs plus précis, conformément aux traditions (un spectre de couleurs qui était implicite dans mon travail, et ce jusqu’à mon premier livre, ferait toujours des parallèles avec le système de chakra yoga – et implicitement, ses couleurs) (p. 692)
Mais qualifier la dynamique spirale classique de « schéma inadéquat » semble mal placé, étant donné l’incohérence de son système de couleurs actuel:
Je regrette de ne pas avoir abordé ce problème de couleurs dès que j’ai commencé à utiliser Spiral Dynamics comme exemple de mon travail sur les niveaux et les lignes – cela a contribué à la dispersion d’un système inadéquat; mais, je suppose, mieux vaut tard que jamais pour le corriger. Je vais utiliser le jeu de couleurs plus adéquat dans cette présentation. (p. 692)
« Adresser » le modèle SD classique en ignorant le sens des différentes couleurs et les raisons pour lesquelles elles ont été choisies apparaît comme du vandalisme – et je comprends les réactions fortement négatives des fondateurs de Spiral Dynamics à ces efforts. Cela en dit long sur la position extra-terrestre de Wilber selon laquelle la principale raison de ses changements de couleur, que Wilber mentionne, est que leur utilisation possible dans des « biomachines » (par exemple, des dispositifs de méditation électroniques) pourrait avoir des effets imprévus. Comparez cela à Spiral Dynamics, qui a déployé de nombreux efforts pour tenter de changer le monde réel, en particulier dans les zones de conflit telles que l’Afrique du Sud et le Moyen-Orient. Les couleurs standard SD n’ont apparemment jamais posé de problème. Mais en présentant un schéma révisé, affirmant – sans aucune référence aux sources tantriques, anciennes ou modernes – « j’ai explicitement introduit un spectre de couleurs plus adéquat qui correspond à un arc-en-ciel réel – et donc, selon le Tantra, plus précisément aux énergies réelles de ces différents niveaux de développement « , demande trop de mon imagination. La palette de couleurs révisée de Wilber n’est peut-être pas « totalement inacceptable selon les traditions tantriques », mais elle semble être un hybride maladroit entre le modèle original Spiral Dynamics et le spectre de couleurs arc-en-ciel / chakra. La nouvelle palette de couleurs de Wilber manque de l’expressivité des couleurs Spiral Dynamics et de la précision naturelle des couleurs arc-en-ciel. Compte tenu de sa prétention à l’exactitude, il s’agit d’un domaine qui doit être sérieusement étudié:
  • La nouvelle palette de couleurs de Wilber montre un motif (en quelque sorte) d’arc-en-ciel, allant du rouge au bleu / violet.
  • Cependant, cela ne correspond pas au schéma de couleurs de la tradition yoga / tantra au niveau des chakras, beaucoup de couleurs sont très éloignées.
  • Par conséquent, si les couleurs doivent être très spécifiques à une étape (pour des raisons énergétiques), le nouveau modèle se décompose.
  • Cela ne fonctionnerait que dans un sens très général, car les couleurs vont du rouge chaud au bleu froid: énergisant => apaisant => inspirant.
  • Comparativement au modèle SD et au modèle yoga / tantra, les couleurs du modèle de Wilber sont moins distinctes et moins informatives, en particulier dans les scènes personnelles.
  • Les couleurs primaires que sont le jaune et le bleu sont absentes et les couleurs rougeâtres sont beaucoup trop présentes dans le nouveau schéma de couleurs de Ken Wilber.
  • La prépondérance disproportionnée des couleurs rougeâtres dans cette partie inférieure (couvrant 4½ chakras!) Est un sujet de préoccupation, à la fois du point de vue de la psychologie des couleurs et du point de vue des doctrines ésotériques de l’énergie subtile tantrique.
Dans l’état actuel des choses, la nouvelle palette de couleurs de Wilber n’est ni évocatrice ni précise.

REMARQUES

[1]  » Hiérarchie des besoins à maslows « , www.wikipedia.org

[2] CW Graves,  » Humanity se prépare à un bond en avant « , The Futurist , 1974, p. 72-87.

[3] On trouvera un aperçu historique de cette période dans l’essai de Albion M. Butters intitulé  » Bref historique de la dynamique spirale  » sur ce site.

[4]  » FAQ Couleurs et terminologie « , spiraldynamics.org.

[5]  » Organisations sarcelle « , www.reinventingorganizationswiki.com

[6]  » Niveaux d’existence « , spiraldynamics.org

[7]  » Chakra « , www.wikipedia.com

[8]  » Chakra « , psychology.wikia.com.

ANNEXE 1: SCHÉMAS DE COULEUR ALTERNATIVE

Modèle de relativité intégrale de Lex Neale
Une autre palette de couleurs a été suggérée dans les commentaires de cet essai par Lex Neale, auteur de Connaître le connaisseur: la science intégrale du soi(Integral Publishers, 2015) et créateur du modèle de relativité intégrale. (Dans le commentaire, il ne mentionne que les chakras supérieurs 4 à 7, j’ai donc provisoirement rempli les chakras 1 à 3). Il s’en tient plus strictement au spectre de la boîte à pluie et aligne les différentes couleurs intégrales sur les chakras comme indiqué ci-dessous. Cela semble être un alignement plus naturel, étant donné l’inadéquation des couleurs trouvée dans la version de Wilber. Sa vision de Second Tier est plus différenciée (deux couleurs et chakras lui sont maintenant attribués, qui correspondent à Teal et Turquoise) et résout le désalignement de Wilber avec le pluralisme vert et le chakra du coeur. Cependant, il introduit de nouveaux problèmes en attribuant les facultés rationnelles au plexus solaire, généralement associé au « centre de dynamisme, d’énergie, de volonté (Itcha shakti) et de réalisation » ( Wikipedia), bien que certaines traditions mentionnent explicitement l’intellect au niveau du plexus solaire (voir le tableau de Hill donné ci-dessous). Wilber assigne ces facultés plus raisonnablement, du moins selon les normes modernes, au chakra de la gorge (du langage parlé). Apparemment, les significations associées aux chakras varient selon les traditions. Cela montre qu’il n’existe pas de modèle parfait.
Le modèle STAGES de Terri O’Fallon
Le modèle STAGES, développé par Terri O’Fallon, est une autre utilisation alternative des couleurs et des scènes . Le modèle STAGES a été inspiré par le modèle intégral de Ken Wilber, le modèle de développement du moi de Susanne Cook-Greuter, la logique d’action de Bill Torbert et la philosophie spirituelle de Sri Aurobindo (dont Wilber a également utilisé les termes dans le passé, avant de les modifier récent La religion de demaintermes de sa fabrication, tels que « para-mental » et « méta-mental »). Seize étapes sont distinguées, regroupées en quatre niveaux de quatre étapes chacun. Certaines (sous) étapes ont été ajoutées, telles que celles orientées règles et transpersonnelles. Ce qui est frappant, c’est que toute association avec Spiral Dynamics ou le spectre arc-en-ciel a été laissée derrière. Au lieu de cela, quatre couleurs de base sont utilisées pour les quatre étapes de chacun des quatre niveaux et ces couleurs / perspectives forment un motif récurrent. Cela rappelle la notion dans Spiral Dynamics selon laquelle les six mèmes de premier niveau sont en quelque sorte dupliqués dans les six mèmes de second niveau suivants – certes, une notion spéculative qui doit être corroborée par des preuves empiriques. Dans le modèle STAGES, le motif de répétition est défini structurellement et les limites de niveau sont moins arbitraires que dans d’autres modèles. Chaque niveau représente un nouveau monde d’objets accessibles à la conscience (par exemple, passer du niveau concret au niveau subtil implique de pouvoir penser aux abstractions et aux systèmes). Au sein de chaque niveau, il y a quatre étapes représentant quatre étapes de complexité et de sophistication croissantes: passive, active, réciproque et interpénérative. (Par exemple, le niveau « 3.0 » ou « Expert » est l’étape passive du niveau subtil.) Les niveaux passif et actif se concentrent sur des objets individuels, tandis que les niveaux réciproques et interpénétriques marquent la compréhension des objets collectifs de ce niveau. Cela nous ramène à l’idée d’une alternance de focalisation individuelle et collective trouvée dans Spiral Dynamics, qui a été supprimée par Wilber. L’utilisation de couleurs uniques et uniques pour les différentes étapes,

ANNEXE 2: PLUS SUR LES CHAKRAS

Voir aussi: M.Alan Kazlev,  » La théorie de l’arc-en-ciel des chakras « , www.kheper.net, qui retrace nombre de ces théories contemporaines sur les couleurs des chakras à l’œuvre de Christopher Hills , un philosophe et chercheur spirituel d’origine anglaise ,  » – découvreur de la spiruline de plancton riche en protéines « (LA Times) et auteur de Nuclear Evolution (1970). (Merci à Oliver Griebel et Silvio Wirth pour m’avoir dirigé vers cette page).

« Bien que les aspects psychologiques de cette théorie n’aient pas été compris, l’idée de faire correspondre les sept chakras aux sept couleurs du spectre était si attrayante que presque tous les livres sur les chakras écrits depuis montrent les chakras dans des couleurs arc-en-ciel. » (kepher.net)

Une autre bonne lecture:  » Les 6 choses les plus importantes sur les chakras que vous n’aviez jamais connues « , www.thewayofmeditation.com.au.

«Nous avons donc à peine effleuré la surface de ce sujet. Non, je ne plaisante pas. C’est très complexe, comme vous pouvez le constater en consultant la littérature scientifique, comme celle de Dory Heilijgers-Seelen ou de Gudrun Bühnemann. Il faut une patience et une concentration exceptionnelles pour même lire un tel travail, sans parler de le produire. Alors voici ce que j’espère sera le résultat de ce post: un peu d’humilité. Un peu moins revendique l’autorité sur des sujets vraiment ésotériques. Peut-être moins de professeurs de yoga essaient de dire à leurs étudiants ce que sont les chakras. Zut, la complexité des sources originales me rend humble. Cela fait maintenant douze ans que je suis sanscrit. »(Chad Foreman)

ANNEXE 3: DIVERS MODÈLES DE COULEURS SCIENTIFIQUES

Une autre approche pour évaluer le nouveau schéma de couleurs de Ken Wilber (et repérer les couleurs qui manquent dans sa palette) consiste à comparer les différents modèles de couleurs scientifiques. Premièrement, il y a le modèle de couleur dit RYB (faisant référence au rouge, au jaune et au bleu en tant que couleurs primaires). Il est principalement utilisé dans l’art et le design. Un autre modèle de couleur est le modèle de couleur RVB (pour le rouge, le vert et le bleu), utilisé dans les appareils électroniques tels que la télévision et les ordinateurs. Le jaune et le vert changent de rôle ici en tant que couleurs primaires, quand le rouge et le bleu restent tels quels. Enfin, il y a le soi-disant modèle de couleur CMJN (cyan, magenta, jaune et Blac k), largement utilisé dans le monde de l’impression. Ajouter du cyan, du magenta et du jaune à l’impression ne suffit pas pour créer du noir, il est tout au plus possible de créer un gris. C’est pourquoi le noir a été ajouté au mélange en tant que quatrième « couleur » supplémentaire.

 
RYB RVB CMJN
roue chromatique RyB roue chromatique RVB roue chromatique cmyk
Soustractif Additif Soustractif
 

Tous ces modèles présentent les couleurs dans un cercle ou une roue , et non dans une échelle ou une forme spectrale, ce qui est une caractéristique intéressante. Alternativement, ils peuvent être présentés sous la forme d’un triangle, avec les couleurs primaires sur les trois coins. Cela permet une large gamme de mélanges de couleurs qu’une présentation linéaire ne pourra pas accueillir facilement.

Le modèle de couleur RYB est appelé  » soustractif « , en ce sens que les couleurs absorbent la lumière et reflètent ce qui reste. En revanche, le modèle de couleur RVB est appelé  » additif « , en ce sens que les couleurs s’additionnent lorsqu’elles sont mélangées. Les trois couleurs primaires RYB créent du noir lorsqu’elles sont mélangées. Les trois couleurs RVB créent ensemble le blanc. Et le modèle CMJN est également appelé soustractif, car il est basé sur la lumière réfléchie par la page imprimée.

Un mot sur les couleurs tertiaires. Selon Wikipedia , « une couleur tertiaire est une couleur obtenue en mélangeant la saturation complète d’une couleur primaire avec la demi-saturation d’une autre couleur primaire et aucune des troisièmes couleurs primaires ». Autreles sources les définissent comme suit: « Les couleurs tertiaires sont des couleurs intermédiaires qui sont créées en mélangeant des concentrations égales d’une couleur primaire avec une couleur secondaire adjacente sur la roue chromatique. » C’est un peu plus facile à réaliser sur une page Web, nous allons donc suivre cette définition ci-dessous.

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Cinquante neuvième article de blog: Réflexions sur la spirale dynamique par Serge Carfantan

Leçon 294. Réflexions sur la spirale dynamique Réflexions sur la Dynamique par Serge Carfantan On doit dans les années 60 à Clare Graves, puis à ses successeurs Don Beck et Christopher Cowan l’élaboration d’une théorie du développement mental de l’humanité appelée spirale dynamique. Elle reprend les idées de la pyramide de Maslow, ainsi que celles de la théorie des stades du développement moral1 chez l’enfant de Laurence Kholberg. Elle sert aujourd’hui de modèle en psychologie. Ken Wilber la reprend à son compte en y ajoutant son propre commentaire. L’objet de cette leçon va être d’en faire une exposition dans le prolongement des recherches menées jusqu’ici à travers les leçons. Nous ne chercherons pas simplement à présenter les idées. Il existe sur le Net d’excellent site qui font se travail, notre propos sera plus synthétique et critique. Le fil conducteur est simple et n’a rien d’original : Cela fait longtemps que les anthropologues et les psychologues cherchent un parallélisme entre le développement psychologique de l’enfant (Kholberg est un disciple de Piaget) et le développement mental de l’humanité (la psychologie humaniste de Maslow). Ce qui fait problème c’est la volonté de hiérarchisation, quand on pense aux dérives de la philosophie de l’Histoire, ses résultats sont pour le moins inquiétants. Auguste Comte avait soutenu l’idée qu’il y avait des peuples « dans l’enfance de l’humanité » et des peuples (européens) d’une « humanité adulte ». Selon Comte l’humanité passerait par le stade théologique, celui de la croyance dans des dieux (la Grèce d’Homère), puis le stade métaphysique (la Grèce des philosophes, Platon, Aristote etc.) pour enfin parvenir au stade positif » de la science objective. La Modernité. Analyse très vague qui mène à un jugement moral dépréciatif sur la culture des peuples dit « primitifs » et à un jugement de supériorité des peuples dit « développés » parce qu’ils disposent de la technoscience. D’où un ethnocentrisme borné qui exprime une méprise complète sur les cultures non occidentales, de leur richesse, de leur originalité et de la profondeur de leur compréhension de la vie. La question qui se pose est donc : est-il possible d’élaborer une typologie du développement mental de l’humanité qui ait une valeur de connaissance ? Est-ce possible sans projeter des jugements à caractère idéologique en s’en tenant rigoureusement à des différences caractéristiques ? Après tout, il y a quelques similitudes dans ce projet avec une tentative désuète comme celui de la caractérologie de Gaston Berger, qui classe les individus selon leurs tendances, sans que cela implique une volonté de chercher inférieurs ou supérieurs (comme les alphas, bêtas et gammas d’Huxley dans Le meilleur des mondes). Il faudrait donc s’en tenir à un point de vue purement descriptif, mais qui s’appuierait sur une connaissance approfondie de la conscience. Le plan suivi ici respecte les huit niveaux de Graves. Pour plus de lisibilité voici le document en intégralité de Serge Carfantan

Illustrations des stades normatif, rationnel et empathique par des attitudes d’enseignants

Mme Dequerre incarne le courant normatif de la spirale dynamique. Ses valeurs clefs sont l’obéissance et l’ordre. Elle apporte sécurité et justice dans la classe mais son manque d’empathie peut la conduire vers la brutalité et l’abus de pouvoir.  
Mme Demo incarne le courant rationnel de la spirale dynamique. Elle favorise la réflexion, la remise en question, l’argumentation et la négociation mais elle risque d’être embarquée dans un dialogue de sourds stérile et épuisant  
Mme Cool incarne le courant empathique de la spirale dynamique. Elle favorise la connaissance de soi de l’élève, la confiance et le dialogue par son écoute globale mais elle risque d’être manipulée
Don Beck – Spiral Dynamics   Explication de la Spirale Dynamique avec Don Beck Ce billet vous a inspiré, plu ? pensez à le partager ! Vous avez des questions, sur le fond ou comment appliquer : osez nous contacter !

Cinquante et unième article de blog : Les principes de l’Ikigai

Le pays du soleil levant où règnent zénitude (pratique consistant à unifier le corps et l’esprit via la méditation), shintoïsme (croyance animiste en la nature et ses forces) et bouddhisme (voie individuelle dont le but est d’atteindre l’éveil ou le Nirvana) et bien d’autres philosophies de vie qui reposent sur la sagesse et la plénitude spirituelle nous transmet un autre enseignement tout droit venu d’Okinawa : l’Ikigai.

Une état d’esprit bien japonais est que la beauté émane de l’intérieur grâce à une alimentation saine et un esprit sain.

En d’autres termes, être bien dans ses baskets nous rend radieuse ! Voilà pourquoi les habitants d’Okinawa (l’île des centenaires) sont souriants, centenaires, bien dans leur peau et heureux.

L’Ikigai fait partie de leurs principes de vie, c’est ce qui les motive à se lever chaque matin.

Joyeuses mamies !
Okinaw femme agée

Les principes de l’Ikigai

Le terme Ikigai remonte à l’ère Heian (794-1185) il signifie Iki = vie et gai = coquillage (qui était une monnaie d’échange précieuse à l’époque), littéralement, donner de la valeur à sa vie, ou comment rendre sa vie plus joyeuse.

Il s’agit de trouver sa raison d’être et de donner un sens à sa vie. Pas facile….me direz vous, la vie quotidienne et son train train étant chronophages il est parfois difficile de se recentrer sur soi. Il s’agit ici de prendre du temps et de réfléchir sur soi.

Voici les 2 grands principes et les 10 règles à suivre avant de passer à l’exercice de réflexion pour trouver son Ikigai

  1. Aller à la rencontre de soi-même, mieux se connaitre est une base avant de seIkigai s’aimer lancer dans ce que l’on veut faire. Rendre les futurs possibles, se décharger de tout ce qui nous empêche d’avancer dans nos volontés. Mettre en lumière tout ce que l’on fait de bien, des petites choses anodines aux grandes actions.
  2. La notion de communauté est très importante (Moai), s’entourer d’amis et se soutenir mutuellement contribue à vivre plus heureux et longtemps.

Les 10 règles à respecter pour s’épanouir selon le concept d’Ikigai :

  1. rester actif, éviter la oisiveté et l’inaction
  2. adopter la « slow life » ne pas vivre dans l’urgence
  3. ne manger que 80% de ce que vous pouvez
  4. s’entourer de personnes bienveillantes
  5. faire de l’exercice, si possible quotidiennement
  6. sourire et s’intéresser aux autres
  7. se reconnecter avec la nature
  8. remercier chaque moment qui vous rend heureux ou qui illumine votre journée
  9. vivre au présent
  10. suivre ses passions

Exercice à pratiquer pour définir son Ikigai

  1. Reprenez les 4 questions des grands cercles et listez vos réponses
    1. qu’est ce que vous aimez ?
    2. en quoi êtes vous doué, quels sont vos talents ?
    3. de quoi le monde (au sens large du terme) a besoin, quelle cause vous sensibilise ?, qu’est ce que vous changeriez dans le monde ?
    4. pourquoi vous paye t’on ? quelle est votre valeur reconnue pour recevoir votre salaire mensuel ? ou qu’est ce que vous pourriez apporter aux autres qui vous rémunéreraient pour votre service ou votre solution ?
  2. Une fois vos listes de mots ou phrases posées dans les cercles, trouvez les idées communes aux cercles qui se croisent pour redéfinir un ou des mots clés correspondants aux 4 thèmes
    1. passion : entre ce qui vous anime et ce pourquoi vous êtes doué, vous devez définir des dénominateurs communs
    2. métier : les mots qui regroupent vos capacités, vos dons et les activités pour lesquelles vous pouvez être récompensé ou payé
    3. vocation : les déterminants qui combinent les services pour lesquels vous pouvez être payé et les valeurs qui vous tiennent à cœur ou les missions pour un monde meilleur
    4. mission : les interactions entre vos valeurs pour un monde meilleur et ce que vous aimez faire, ce qui vous anime
  3. Après plusieurs essais vous trouverez naturellement votre Ikigai qui devra être inscrit au centre du schémas.

Vous ressentirez une certaine paix, voire de la zénitude à faire cet exercice. A vos crayons !

Pour aller plus loin, quelques références de lectures

 

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Cinquante huitième article de blog : DÉNOMINATIONS CONVENUES

DÉNOMINATIONS CONVENUES

Dans le livre de Beck et Cowan, on voit le terme vMEME, avec un petit ‘v’ en exposant. C’est très inconfortable à écrire, j’ai donc cherché une autre solution. Comme le petit ‘v’ signifie valeur, soit value en anglais, j’en ai fait ‘valmeme’ en anglais et valmème en français et je recommande son utilisation pour une écriture facilitée. Clare Graves, à l’origine, a utilisé des paires de lettres pour ses Niveaux d’Existence. La première moitié de l’alphabet (A, B, C, etc.) désigne les Conditions de Vie dans le milieu dans lequel nous vivons et la seconde moitié (N, O, P, etc.) les Capacités Cérébrales qui s’éveillent dans l’esprit.
Ainsi, le premier valmème serait désigné par la combinaison A-N, ensuite B-O, etc.
D’autres consultants et formateurs utilisent des chiffres, mais ce n’est pas très indiqué, car la plupart des gens trouvent que 8 est mieux que 7 ou 5 est mieux que 4, etc. Mais quand il est question de valmèmes, seuls la congruence et le caractère approprié sont les maître-mots, et non pas une quelconque hiérarchie. Au milieu des années 70, un code de couleurs a été développé, et il continue d’être utilisé, car il est simple d’utilisation. L’avantage indéniable des couleurs est qu’il est difficile de dire que ‘BLEU‘ est invariablement meilleur ou pire que ‘ROUGE‘. Ils sont différents, l’un correspondra mieux à certains moments de la vie ou situations du quotidien alors qu’un autre provoquera une grave dispute.
On peut nettement voir différentes couches qui composent ce plateau très connu, la Table Mountain d’Afrique du Sud.
Lors de ses recherches, Graves s’est également rendu compte qu’il y avait une sorte de répétition de certaines choses, que Jaune reprenait des idées de Beige, mais à plus grande échelle, Turquoise ressemblait un peu à Pourpre à une échelle plus vaste, et il en a déduit que peut-être l’évolution humaine et sociétale s’effectue en tiers, un terme anglais qui désigne un groupement de six valmèmes.
 
J’ai longtemps cherché un terme français à utiliser et rien ne convenait, ni gradin, ni boucle. Jusqu’à ce que je tombe sur l’image du plateau. Un plateau dans la nature est composé de différentes couches, les valmèmes dans notre cas, et il les a en lui, car une couche repose sur une autre et ne peut exister pour former le plateau que si celle du dessous est solide. C’est exactement ce qui se passe avec la Spirale. Je préconise donc de traduire le mot anglais tier par plateau pour éviter le franglais. Et voici d’où Beck et Cowan ont tiré le nom des couleurs.
  1. BEIGE A-N (la couleur des herbes de la savane brûlées par le soleil),
  2. POURPRE B-O (la couleur royale des chefs tribaux et des monarques),
  3. ROUGE C-P (les émotions à feu et à sang et la couleur du piment rouge),
  4. BLEU D-Q (le bleu du ciel, des cieux, de la police en France et du véritable croyant),
  5. ORANGE E-R (la couleur de l’énergie rayonnante de l’acier chaud dans un haut fourneau),
  6. VERT F-S (la politique des Verts, les forêts et la conscience écologique),
  7. JAUNE G-T (la puissance du soleil et les technologies alternatives),
  8. TURQUOISE H-U (la couleur des mers du sud et de la terre vue de l’espace),
  9. CORAIL I-V (la vie dans les profondeurs de l’océan et la couleur des coraux).
La convention pour désigner la phase d’entrée dans un valmème, celle qui indique qu’on est au sommet du valmème, donc on l’exprime clairement ou qu’on se trouve en phase de sortie est de les présenter en lettre minuscules et majuscules. vert–JAUNE, c’est sortir de Vert pour entrer en JAUNE ou ORANGE–vert pour sortir de Orange et entrer en Vert. Cela peut aussi signifier avoir un peu de Vert et beaucoup de JAUNE comme valeurs profondes. Et les lettres majuscules comme BLEU sont utilisées pour le sommet du valmème, l’Alpha ou le Nouvel Alpha. Et lorsque vous parlez d’une couleur de manière générale dans le cadre de la Spirale Dynamique, ce serait bon d’utiliser une lettre majuscule en début de mot (Jaune) pour bien différencier de la couleur jaune. Lorsque, comme c’est souvent le cas, plusieurs valmèmes sont engagés dans une situation, nous les présentons dans l’ordre croissant de leur influence, par exemple BLEUROUGE ou pourpre/ROUGEORANGE.
 
Un lexique des valmèmes
 
Pour le travail concret avec les valmèmes dans les organisations, Don Beck et Christopher Cowan nous ont établi quelques caractéristiques de comportement de valmèmes.
 
Le valmème en état MALIGNE – Une condition un peu comme un virus où un valmème se développe hors de tout contrôle.
 
Des valmèmes CAMARADES – La réunion de deux (ou plus de) valmèmes qui coexistent et qui peuvent même constituer une synergie sous des Conditions de Vie particulières. (Une chaude couleur d’un valmème individualiste! et élitiste est souvent uni en synergie à une couleur froide de valmème communautaire! collectiviste.) – ((Mars 2019
 
– En relisant ce petit paragraphe, je me rends compte que les auteurs qui ont défini des couleurs chaudes pour les valmèmes individualistes et froides pour les valmèmes communautaires le faisaient avec une pensée Orange qui est le valmème du capitalisme à outrance, de l’individualisme exacerbé, du rejet de l’Etat et du social. Alors que s’ils l’avaient fait avec une pensée Verte, les choses auraient été sensiblement différentes!))
 
La MIGRATION de valmèmes – Le modèle d’un mouvement de valmèmes qui se répartissent au travers de la planète et prolifèrent au travers de l’éducation, de l’immigration, des voyages, des transitions économiques, des loisirs et des masse-médias. – L’EXPANSION de valmèmes
 
– La distribution de valmèmes au travers de groupes sociaux et de formes géographiques telles que les familles, les entreprises, les communautés, les régions et les sociétés.
 
Le GLISSEMENT de valmème – Lorsqu’un valmème en remplace un autre pour devenir dominant, que ce soit de plus haut ou de plus bas sur la Spirale.
 
La PILE de valmèmes – Il s’agit des valmèmes spécifiques qui sont actifs au sein d’un individu, d’une organisation ou d’une société, qui forment eux-mêmes une hiérarchie de priorités et qui se constituent en réponse à des questions et des circonstances particulières.
 
Une ZONE de valmèmes – Détermine le lieu où un ou plusieurs valmèmes spécifiques domine clairement à un moment particulier en raison de Conditions de Vie spécifiques. la-spirale-dynamique-dans-la-tetePour finir, je vous propose de penser toujours à écrire Spirale avec une majuscule lorsque vous parlez de la Spirale Dynamique afin de permettre une compréhension claire d’une phrase qui comporterait aussi le mot spirale de manière classique qui désigne une courbe qui part d’un point central pour s’en éloigner de plus en plus. Nous vous souhaitons bien du plaisir et beaucoup de succès dans l’utilisation de ce formidable outil qu’est la Spirale Dynamique.
 
Classement d’après Mario Rastelli
 

A-N = pensée automatique

B-O = pensée tribale

C-P = pensée égocentrique

D-Q =pensée égocentrique

E-R = pensée matérialiste

F-S = pensée sociocentriste

G-T = pensée cognitive

H-U = pensée holistique

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Cinquante septième article de blog : Entreprises apprenantes, entreprises libérées, entreprises agiles

Historique et origines

Né des travaux de Chris Argyris1 et de Peter Senge2, le concept et la pratique de l’organisation apprenante se sont développés tout au long des années 90 et 2000, la réflexion sur le « comment apprendre » faisant la suite des recherches de Jean Piaget3 sur l’émergence de l’intelligence chez l’enfant, l’apprentissage par accommodation, par assimilation… Ces recherches ont été reprises par Arie de Geus4, homme d’entreprise, responsable du Group planning de Royal Dutch Shell, dans son livre The Living Company. Peter Senge, dans son livre « La 5e discipline, l’art et la manière des organisations qui apprennent » et dans le « Guide de terrain » décrit cinq voies qui, pratiquées simultanément, permettent à l’entreprise de devenir une « organisation apprenante », en développant l’apprenancele learning, un concept et une attitude, qui va au-delà d’un outil managérial puisqu’il touche au cœur même de la transformation parallèle des personnes et des organisations. L’idée est : « je me transforme moi-même pour transformer mon organisation ». Ces recherches sur l’organisation apprenante ont ensuite largement inspiré les études sur la gouvernance des organisations et l’importance de la transversalité et du dialogue dans les techniques de management.

Transposition pratique en termes de management

Une organisation apprenante est une organisation qui apprend de son expérience et tire les bénéfices des compétences qu’elle acquiert. La mondialisation et le raccourcissement du cycle de vie des produits obligent l’entreprise à repenser son mode de production et de gestion des ressources humaines. Pour être plus flexible, efficace, rapide et pour avoir toujours un train d’avance sur ses concurrents, le développement d’une organisation apprenante apparait être une solution. Il s’agit de mettre le salarié au centre de la réflexion, de le considérer comme un partenaire privilégié dans l’acquisition d’un avantage concurrentiel. Les membres du personnel deviennent une équipe d’acteurs de l’efficience organisationnelle, et ensemble, ils apprennent de leurs erreurs.

Démarche de l’organisation apprenante

Pour Garvin (Harvard Business Revue juin-juillet 1993) une organisation apprenante est « une organisation capable de créer, acquérir et transférer de la connaissance et de modifier son comportement pour refléter de nouvelles connaissances ». Comment mettre en œuvre concrètement cet apprentissage ? Garvin estime que pour devenir apprenante l’organisation doit développer cinq activités :

  1. la résolution de problèmes en groupe ;
  2. l’expérimentation : lancer un projet, faire une expérience pilote, etc. sont des occasions d’apprentissage ;
  3. tirer les leçons des expériences : prendre le temps de dresser un bilan des succès comme des échecs ;
  4. apprendre avec les autres : clients, partenaires, fournisseurs, etc. ;
  5. transférer les connaissances : c’est un point crucial. Il faut mettre à la disposition de ceux qui en ont besoin une base qui rassemble les connaissances utiles.

Plus qu’un modèle, une organisation apprenante est un état d’esprit. Cette démarche se doit d’être considérée comme un véritable projet d’entreprise impliquant l’ensemble des acteurs. Elle s’appuie sur :

  • Un préalable organisationnel : Tous les individus ont le potentiel pour contribuer à l’essor de l’entreprise tout en développant une qualification plus importante, mais ce respect de l’individu ne signifie pas égalité des responsabilités ;
  • Un préalable individuel : cela nécessite de ne pas considérer son savoir comme un pouvoir privé mais comme un atout au développement commun. Apprendre augmente les possibilités pour l’action intelligente.

C’est l’émergence de la société du savoir. Contribuer au savoir devient un critère clé de toutes les activités de l’organisation. C’est mettre en œuvre la volonté de développer la capacité de l’organisation elle-même (et plus seulement des personnes) à apprendre de l’expérience et à évoluer en prenant appui sur celle-ci. C’est investir dans la capacité de chaque personne à monter en compétence et dans la capacité collective à évoluer des groupes qui composent la structure. L’organisation axée sur l’apprentissage est construite comme un système écologique qui stimule l’apprentissage continu à travers le travail. Démarche pragmatique d’évolution vers un objectif de progrès qui s’inscrit dans une logique de responsabilité sociale de l’entreprise dont chaque projet, chaque journée augmente les savoirs. C’est le principe d’une cible de progression organisationnelle et professionnelle qu’il faut retenir, en laissant ouverte une part d’incertitude tant sur les contours que sur l’itinéraire pour l’atteindre. Cette cible mouvante est un principe méthodologique profondément cohérent dans la perspective d’une organisation apprenante. Il s’agit de concevoir des systèmes qui soient capables d’apprendre et d’ajuster leur action comme le ferait un cerveau. Une articulation forte avec les situations de travail, une démarche collective de confrontation, mobiliser l’intelligence pour construire des solutions et les mettre en œuvre, viser un réinvestissement permanent dans le travail des apprentissages acquis. La finalité reste le transfert l’action sur le terrain. Il ne s’agit pas seulement de l’habileté à créer de nouveaux savoirs mais aussi de l’habileté à les transmettre et à les mettre en œuvre.

Objectifs

  • les étapes sont les mêmes dans la nature et le management. Apprendre à apprendre de son expérience tant pour les structures que pour les personnes
  • Mettre en œuvre une logique de développement des personnes, des structures et des outils conformes aux besoins d’évolution progressive

Pour les acteurs de la structure

Susciter et développer l’autonomie la prise d’initiatives. Utiliser et développer les capacités de coopération et d’adaptation au changement. Élargir les possibilités de se réaliser dans son travail (cela tend à améliorer la santé et la qualité de la vie). C’est ensemble avec des approches différentes mais complémentaires que les événements sont explorés. Exploiter des relations possibles entre des phénomènes proches, cela permet de développer les ressources d’un raisonnement logique et d’une construction commune. C’est la manière dont la personne comprend et exploite son expérience qui la rend signifiante. Mais c’est aussi elle qui décide de son investissement qui apprend et choisit de mettre en œuvre. Cette décision dépend de facteurs intrinsèques et extrinsèques dont la responsabilité appartient tant à la personne qu’à l’organisation. Si la participation de l’ensemble des personnes favorise la responsabilisation de chacun, la mise en place d’apports de formation ponctuels et ciblés est une composante incontournable dans la réussite de la démarche. La structure et ses acteurs se doivent de Savoir, Vouloir et Pouvoir acquérir ces nouvelles compétences pour devenir réellement une organisation apprenante.

Pour la structure

Le développement des compétences est à considérer comme un enjeu partagé et permanent. Les entreprises, les produits, l’organisation du travail, les dispositifs se modifient en flux continu et tendu, le capital compétences des personnes doit évoluer et faire évoluer celui de la structure. La projection dans l’avenir professionnel et social tend à donner sens à cet investissement. Il s’agit de faire apparaître le retour réflexif sur les tâches et événements comme une composante ordinaire et reconnue du travail. C’est se situer dans une communication ne se réduisant pas à de simples échanges d’informations mais au partage des démarches, des modes de construction des savoirs, des savoirs en cours d’élaboration. C’est la volonté de miser sur des stratégies de mobilité professionnelles (sinon les démarches pourraient s’avérer pénalisantes pour atteindre des objectifs productifs (économiques et sociaux) à court terme). Dans cette dynamique il est important d’accompagner l’encadrement de proximité dans l’évolution de ses missions. C’est un état de veille permanente, où il s’agit de multiplier les modalités et les occasions de développement des compétences, mais aussi de leur reconnaissance. L’organisation apprenante est aussi qualifiante.

Pour l’activité professionnelle

C’est considérer de manière positive et optimiste les événements de l’activité professionnelle. Ils sont de formidables occasions d’apprentissages et d’évolution tant individuelle que pour l’organisation. Les problèmes ne sont-ils pas des opportunités déguisées en vêtements de travail ? Très souvent les règles cadrent l’action professionnelle et orientent les tâches vers un résultat attendu, alors il s’agit de développer une posture complémentaire d’exploration face aux événements qui font le quotidien de toute activité professionnelle. Ces événements peuvent être considérés de deux types :

  • Les événements aléas perçus comme des dysfonctionnements dont l’origine est involontaire mais qui en réalité sont des opportunités.
  • Les événements provoqués : il s’agit alors d’une modification de l’activité volontaire et c’est dans l’anticipation qu’interviendra la réflexion préalable.
 
Les deux schémas d’apprentissage selon Chris ARGYRIS.

Pour Chris Argyris et Donald Schön, il y a deux niveaux d’apprentissage. Il y a apprentissage en « simple boucle » (single loop) lorsque les acteurs sont capables de détecter une erreur et se contentent de la corriger. Il y a apprentissage en « double boucle » (double loop) lorsqu’il ne s’agit plus seulement de corriger une erreur mais de modifier la façon de penser5. Seule l’organisation capable de modifier les valeurs qui guident les stratégies d’action peuvent être qualifiées d’« organisation apprenantes ». La communication réflexive commune est alors un élément incontournable de la production, il s’agit de réfléchir pour agir, les acteurs sont aussi des chercheurs, mais surtout des trouveurs impliqués dans l’action. L’organisation apprenante permettra d’apprendre à apprendre de son expérience.

Pour le ou les pilotes

Il est un médiateur, avec des qualités d’audace, d’imagination et de modestie face à l’imprévu. Il cristallise les éléments du cadre et crée les conditions de l’apprentissage au regard des événements mais il n’est pas, loin de là, la seule source de savoir et de construction des compétences. Il assure la mise en place d’une évaluation en continu afin de permettre des réajustements pédagogiques ou de contenu. C’est une pédagogie cybernétique où interagissent évaluation, compléments d’information et de formation. Son rôle est de valoriser les micro changements, dans la maîtrise des événements, dans le travail et son environnement. Il se doit de rendre les apprenants acteurs de la transformation : privilégier le développement de nouveaux modes de coopération ; dispenser les apports formatifs au fur et à mesure ; réinvestir rapidement les apprentissages dans le travail. Un adulte n’accepte de se former que s’il trouve dans sa situation par la formation une réponse à ses problèmes. L’objectif est ici autant de renforcer les compétences des formés que de trouver des solutions, le pilote est le garant de l’appropriation et de la compréhension de ce lien. Développer des compétences de communication, le langage et donc la pensée sont des actifs circulant entre pairs, mais aussi entre acteurs de différents niveaux et responsabilité. L’apprentissage réalisé à différents niveaux collectifs est de beaucoup supérieur à la somme des apprentissages individuels, il doit permettre que le système puisse arriver à « apprendre à apprendre » Pour garantir le succès d’un changement il est préférable de faire évoluer l’ensemble d’un collectif de travail. Dans cette perspective, l’encadrement intermédiaire se doit d’évoluer vers un rôle d’animation et de conduite de projet.

Conclusion

Une conclusion qui ne peut être que provisoire empruntée à Philippe Zarifian : « L’élément qui unifie toutes les dimensions d’une organisation apprenante peut s’exprimer ainsi : Apprendre de l’instabilité et des mutations et donc devenir actif face à cette instabilité, apprendre à s’affronter positivement au devenir qui par définition est incertain et le faire ensemble dans des démarches de communication active… ».

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Cinquante-sixième article de blog (correspondance entre Ennéagramme et SPIRALE DYNAMIQUE)

Ennéagramme et Spirale Dynamique
Chris Cowan, Natasha Todorovic, Fabien & Patricia Chabreuil interviewés par Jack Labanauskas (Traduction par Fabien Chabreuil)

Veuillez visionner le document Ennéagramme ci-dessous

[Note de l’éditeur : La conversation ci-dessous s’est déroulée en plusieurs fois, sur une période de quelques mois, au cours de plusieurs échanges entre Christopher Cowan et Natasha Todorovic, auteurs et enseignants de Spiral Dynamics, Fabien et Patricia Chabreuil, enseignants et coauteurs de plusieurs livres en français à propos de l’Ennéagramme et d’un à propos de la Spirale Dynamique, et Jack Labanauskas.

Quand Fabien et Patricia ont appris Spiral Dynamics, ils ont immédiatement perçu comment le système à la fois différait de l'Ennéagramme et le complétait. Pendant deux ans, ils ont vérifié les implications pratiques de ce constat en observant et en interrogeant leurs étudiants, et ils ont trouvé les résultats utiles et encourageants.]

Jack Labanauskas : Fabien et Patricia, parlez-nous de vos recherches actuelles sur les liens entre l'Ennéagramme et la Spirale Dynamique. En quoi est-il important de faire ce lien ? Comment avez-vous découvert la Spirale Dynamique et pouvez-vous présenter ce modèle à nos lecteurs ?

Fabien Chabreuil : Il m'est arrivé une chose étrange. En 2002, au cours d'une formation, je me suis retrouvé assis à côté d'un participant nommé Michael. Après que nous nous sommes présentés, il m'a dit : "Ah ! Vous enseignez l'Ennéagramme. J'ai un peu étudié le modèle autrefois, mais il ne m'a jamais vraiment intéressé." Ça, c'est une surprise ! Comment peut-on ne pas être intéressé par l'Ennéagramme ? Aussi, lui ai-je demandé : "N'avez-vous pas réussi à trouver votre type ?" "Si, m'a-t-il répondu, je suis très clairement un 1. La colère et le perfectionnisme sont les moteurs de ma personnalité, mais je ne suis pas centré en BLEU."

Jack : Centré en BLEU ? Cela demande une explication.

Fabien : C'est aussi ce que j'ai pensé. En fait BLEU est issu du modèle appelé Spirale Dynamique (Spiral Dynamics). La Spirale Dynamique décrit aussi le fonctionnement de la personnalité humaine, mais là où l'Ennéagramme la considère comme fixe, un type pour la vie, la Spirale Dynamique la considère comme évoluant en une série de niveaux, plusieurs pouvant coexister à un moment donné.

Patricia Chabreuil : Nous sommes toujours attentifs aux gens qui n’apprécient pas l’Ennéagramme. Ils sont souvent l’occasion d’améliorer notre connaissance des profils ou notre pédagogie ; parfois ils permettent d’affiner le modèle et de le rendre plus précis. C’est ainsi que nous avons découvert le Modèle Unifié de l’Ennéagramme [EM novembre 1998] ou les contrepassions [EM octobre 2002].

Fabien : Ce qu'il y avait de nouveau avec Michael, c'est qu'il se reconnaissait dans le modèle de l'Ennéagramme tout en considérant que celui-ci ne le décrivait que de manière très imprécise.

En gros, les mécanismes de base des types, passion et fixation notamment, étaient pertinents, mais la plupart de ce que les livres d’Ennéagramme disaient sur son fonctionnement lui semblait étranger.

Jack : C'est étonnant. Généralement, ce sont les mécanismes de base qui sont les plus difficiles à reconnaître. Accepter que sa vie est pilotée par sa passion et sa fixation est douloureux. Le reste coule de source.

Patricia : Vous avez raison. Michael fonctionnait à l'envers de ce que nous entendons le plus souvent. Il était suffisamment lucide pour se savoir dirigé par les mécanismes du 1. Ses doutes sur le modèle en étaient d'autant plus pertinents.

Fabien : C'est là que la Spirale Dynamique intervient, mais, comme le dit un proverbe français, il vaut mieux s'adresser au Bon Dieu qu'à ses saints. La Spirale Dynamique est la version popularisée d'un modèle élaboré par un chercheur américain nommé Clare W. Graves [Professeur Émérite, Union College, Schenectady, NY], puis simplifié et appliqué par Christopher Cowan et Don Edward Beck dont il fut le mentor. Christopher Cowan et Natasha Todorovic, qui est son associée et dont les propres apports sont passionnants, ont accepté de présenter eux-mêmes le modèle.

Jack : OK ! Alors qu’est-ce que la Spirale Dynamique ?

Christopher Cowan : En premier lieu, nous partageons avec l'Ennéagramme l'idée que les gens pensent différemment les uns des autres, que des gens appartenant à une même famille, une même entreprise, un même pays ont des modèles du monde totalement différents. Comme l'Ennéagramme aussi, la Spirale Dynamique met un peu d'ordre dans ce chaos apparent de la psyché humaine. Il fournit un cadre décrivant l'évolution de ces modèles du monde au sein des individus et des sociétés.

Natasha Todorovic : La principale différence est que la Spirale Dynamique ne définit pas un ensemble de types. C'est un processus dynamique qui se déploie et décrit comment les individus et les sociétés évoluent ou stagnent. Chacun de ces systèmes émerge si la personne a les capacités correspondantes et si ses conditions de vie le nécessitent. Clare W. Graves, le génie à l'origine des recherches et du modèle, disait qu'il s'agissait de systèmes bio-psycho-sociaux émergents.

Jack : Et concrètement, pouvez-vous nous décrire ces systèmes ?

Chris : Pour des raisons pédagogiques et de simplification, nous avons affecté à chaque système une couleur, là où à l’origine Clare W. Graves utilisait une paire de lettres. Le premier niveau est BEIGE. À l’âge de la pierre, BEIGE représentait le fin du fin du développement. Sa seule préoccupation est pourtant la satisfaction des besoins physiologiques instinctifs, comme la recherche de nourriture ou la reproduction.

Natasha : L’évolution des êtres humains est suivie rapidement d’une évolution correspondante des sociétés. Un nourrisson commence son existence par une période BEIGE. Plus tard, ces préoccupations existent toujours bien entendu, mais elles ne sont plus prioritaires dans l’existence, sauf problèmes graves. Par exemple, certaines maladies, comme celle d’Alzheimer, amènent des personnes à se comporter et à réagir au niveau BEIGE.

Jack : Il me semble que BEIGE correspond dans le modèle de l’Ennéagramme à ce que nous appelons l’instinct de conservation. Et après BEIGE ?

Chris : Après BEIGE, vient le monde VIOLET. La pensée est animiste *. L’individu, bien qu’il n’y ait pas encore de sens réel du soi, se sacrifie aux désirs des anciens, aux ordres des ancêtres et des esprits. L’appartenance à une tribu est un moyen d’assurer sa sécurité dans un monde effrayant et rempli de pouvoirs mystérieux.

*L’animisme, (du latin animus, originairement « esprit », puis « âme ») est la croyance en un esprit, une force vitale, qui anime les êtres vivants, les objets mais aussi les éléments naturels, comme les pierres ou le vent, ainsi qu’en des génies protecteurs1

Natasha : Actuellement, c’est le monde de l’anthropologie et de l’enfance. Pourtant, les traces sont encore bien visibles aujourd’hui dans les superstitions, l’importance de la réciprocité dans les contacts, les rituels *, l’importance des liens du sang. L’impact de ce niveau est bien souvent sous-estimé, notamment dans le contexte de la mondialisation et des relations internationales. Le niveau suivant…

Le terme rituel peut désigner :

Jack : Permettez-moi de vous interrompre. Quand et pourquoi passe-t-on d’un niveau à un autre ?

Chris : Chaque système émerge en fonction des conditions de vie auxquelles l’être humain est confronté. Il est activé pour résoudre les principaux problèmes que posent ces conditions de vie. Mais en conséquence, il les modifie. Certains de ces changements sont positifs. D’autres sont négatifs, créent de nouveaux problèmes et quand ceux-ci s’accumulent, le besoin d’un nouveau système se fait sentir.

Fabien : Ennéatype 7 oblige, j’aime bien expliquer cela par une métaphore. Vous êtes dans une pièce. Les conditions de vie sont telles qu’il fait froid. Vous introduisez un radiateur. Ce radiateur modifie comme prévu les conditions de vie en rendant la température plus agréable. Mais en même temps, il dessèche l’atmosphère et quelque temps plus tard, sans vraiment faire le lien, vous développez des allergies. Votre radiateur, qui devait résoudre tous vos problèmes, en a créé de nouveaux et sous l’effet du changement que vous croyiez positif, vos conditions de vie redeviennent exagérément inconfortables. Vous aspirez alors à une nouvelle modification. Vous provoquez alors un changement en prenant quotidiennement des antihistaminiques. Formidable, vous respirez à nouveau. Le problème semble enfin définitivement résolu. Pourtant, quelque temps plus tard, sous l’effet de la vague somnolence créée par ces médicaments, vous commettez nombre d’erreurs dans vos activités personnelles et professionnelles. Un nouveau changement s’impose. Etc.

Chris : Pour résumer, chaque niveau de la Spirale résout les problèmes posés par le niveau précédent et crée les problèmes que résoudra le niveau suivant.

Jack : Jusqu’à ce que… ?

Natasha : Le système n’a pas de fin. Aujourd’hui, huit niveaux ont émergé. Quand l’être humain aura pris conscience que le huitième niveau pose à son tour son lot de problèmes, comme le disait Graves, « il se mettra en route pour la quête du neuvième niveau. À chaque niveau de sa quête, il croit avoir trouvé la réponse aux problèmes de l’existence.

Pourtant, à sa grande surprise, il est consterné de découvrir que la solution n’est pas celle qu’il avait trouvée. Chaque niveau le laisse déconcerté et perplexe. C’est tout simplement qu’à chaque fois qu’il a résolu un groupe de problèmes, il en trouve un nouveau à la place. Sa quête est sans fin. » La Spirale Dynamique est un système ouvert, et n’envisage pas un état final de perfection.

Chris : Parmi les problèmes posés à chaque niveau, il y a la dialectique individu-collectivité. Un niveau privilégie l’expression du soi, et le suivant au contraire sacrifie le soi aux besoins de la communauté. Trop d’individualisme pose des problèmes que l’être humain cherche à résoudre en s’intégrant dans un groupe. Au bout de quelque temps, cela crée une frustration et des difficultés, et le balancier repart dans un niveau individualiste.

Jack : Cela implique qu’après VIOLET, nous allons trouver un niveau privilégiant le soi ?

Chris : Exact ! Après chaque couleur froide où le soi est sacrifié, vient une couleur chaude où il est exprimé. La couleur qui suit VIOLET est ROUGE.

Natasha : ROUGE, c’est le monde de l’égocentrisme impulsif, du pouvoir et de la domination. La manière naturelle de faire face à un monde imprévisible où vous découvrez pour la première fois un sens du soi et où vous êtes submergé par des émotions est d’être le plus fort et le plus solide, et d’avoir la réputation de l’être. Ceux qui sont centrés dans ce système ne ressentent pas de culpabilité, parce qu’ils n’ont pas encore développé les circuits neuronaux correspondants. Ils ne pensent pas aux conséquences et n’ont pas de vision à long terme. C’est un système qui n’est pas sensible aux punitions et qui pourtant en est presque systématiquement l’objet dans notre société. Les punitions ne font que leur confirmer l’exactitude de leur modèle du monde.

Jack : Mais dites donc, dans le développement de l’être humain, cela ressemble étrangement aux « deux années terribles » !

Natasha : Je serais prudente à propos de la comparaison avec le développement de l’enfant, car il s’agit après tout d’un modèle décrivant le fonctionnement des adultes et non pas un développement chronologique. Cependant, globalement, vous avez raison. C’est cette période où l’enfant ne sait que dire non, période effectivement terrible pour les parents. Il y a aussi bien souvent le même problème aux alentours de la puberté. C’est un système très important pour comprendre les jeunes à risques et une part de la criminalité urbaine. ROUGE peut aussi être incroyablement créatif et penser en dehors du cadre. Quand ils pensent à ROUGE, beaucoup de gens l’associent à la violence. Mais la violence existe dans beaucoup de systèmes. Si nous utilisons bien le modèle, nous nous demandons quelles conditions ont conduit à la violence — pourquoi ? Si la violence était un acte impulsif et incontrôlable, alors elle pouvait venir de ce système ; mais si elle était étudiée et planifiée, alors elle pouvait tout aussi bien venir d’un autre système. ROUGE est la réalité de la vie qui prévaut dans certains quartiers et dans certains pays. Le film Monster en est une excellente illustration.

Chris : Même si notre culture qui se veut civilisée a tendance à rejeter ROUGE, il est important de considérer que ce niveau, comme tous les autres, est une étape indispensable du développement humain. C’est avec ROUGE qu’apparaît réellement un sens du soi soutenu par une grande puissance à agir sans contraintes.

Jack : Que se passe-t-il quand cet égocentrisme devient excessif ?

Chris : Si les capacités nécessaires sont présentes, BLEU émerge.

Jack : D’un coup ?

Chris : Non, et c’est là un point important. Les travaux de Graves définissent des sous-systèmes entre deux niveaux. Le passage entre deux niveaux peut être vu comme une transition continue, mais pour que le modèle reste opérationnel, il est plus simple de parler de grandes étapes. Par exemple, ROUGE est suivi de ROUGE/bleu, puis de rouge/BLEU, avant d’arriver à BLEU proprement dit. Ces subtilités sont indispensables pour comprendre véritablement le système, mais certainement trop complexes pour une première approche comme celle d’aujourd’hui.

Natasha : Avec BLEU émergent la prise de conscience d’un temps linéaire, des préoccupations à propos de la mort, et en conséquence le besoin de donner un sens à la vie, et l’apparition de la culpabilité plutôt que seulement la honte qui était présente en ROUGE. Il y a une bonne manière, voulue par une Vérité Supérieure, de faire les choses, d’organiser le monde et la société. Cette Vérité Absolue transcendante punit et récompense. Un ordre social se crée auquel l’individu se soumet dans l’espoir d’une récompense future.

Jack : Peut-on dire que les religions chrétiennes ou le communisme sont en BLEU ?

Chris : Un niveau de la Spirale se manifeste rarement seul, mais plutôt en combinaisons. Mais vous avez raison, ces systèmes expriment fortement BLEU. C’est l’occasion peut-être d’introduire un autre aspect du modèle. Les différents niveaux décrivent des systèmes de valeurs. Mais nous faisons la distinction notamment entre les valeurs de surface et les valeurs cachées entre les idéaux affichés et les idéologies sous-jacentes. La Spirale Dynamique décrit des systèmes de valeurs cachées, plus ou moins inconscientes. Chacun de ces systèmes peut s’exprimer par une multitude de systèmes de valeurs de surface apparemment très différents. Ainsi deux systèmes antagonistes comme le catholicisme et le communisme peuvent appartenir au même niveau de la Spirale. Un même conteneur BLEU peut accueillir des contenus différents.

Fabien : Cela est un point commun supplémentaire entre la Spirale Dynamique et l’Ennéagramme. Un type de l’Ennéagramme consiste aussi en un ensemble de mécanismes plus ou moins inconscients, chacun d’entre eux pouvant s’incarner en une multitude de personnalités extrêmement différentes. Par exemple, le sens du beau est un axe de la vie des ennéatypes 4, mais j’en ai connu certains qui l’exprimaient en faisant du chant grégorien, et d’autres qui se consacraient à la carrosserie automobile. Ou bien nous savons que tous les ennéatypes 1 ont une vie dirigée par des valeurs morales, mais cela ne nous dit rien sur la nature desdites valeurs.

Jack : Je suppose qu’on a donc la même problématique que pour l’Ennéagramme. Se positionner sur un ou plusieurs niveaux de la Spirale n’est pas toujours évident et nécessite une introspection honnête et lucide.

Fabien : Vous avez raison. D’autant qu’un ensemble de valeurs de surface peut superficiellement ressembler à un des niveaux de la Spirale et pourtant correspondre en valeurs cachées à un autre niveau.

Jack : Vous auriez un exemple utilisant les niveaux que nous avons déjà abordés ?

Patricia : Le guru d’une secte peut avoir en surface un discours BLEU (sacrifions-nous aujourd’hui pour notre éveil spirituel futur), alors qu’en fait il ne cherche qu’à satisfaire immédiatement ses impulsions et obtenir pouvoir, gloire et fortune au détriment de ses disciples, ce qui est une expression de ROUGE et aussi sans doute d’autres niveaux que nous n’avons pas encore abordés. Bien évidemment, tous ne fonctionnent pas ainsi.

Jack : C’est clair. Donc après BLEU devrait revenir un système individualiste.

Natasha : Exact. Voici maintenant ORANGE, un niveau qui nous est familier puisqu’il domine actuellement la culture occidentale. En ORANGE, le monde est perçu comme plein de ressources et d’occasions d’atteindre le succès, d’obtenir des résultats, d’avoir de l’influence et d’atteindre l’autonomie. ORANGE recherche la productivité et prend des risques calculés. L’important est d’être un gagnant et de contrôler le changement.

Chris : On doit à ORANGE l’introduction de la rationalité, telle que nous la concevons depuis les philosophes des Lumières. Il y a plusieurs manières d’agir et d’être, mais une d’entre elles est meilleure et peut être trouvée par l’étude et la recherche. Par son fort individualisme, ORANGE apporte aussi, au moins sur le plan théorique, l’égalité des droits indépendamment de la race, de la culture ou du sexe… tant que vous êtes capable de fournir des résultats. ORANGE croit au progrès personnel et historique. De tous les niveaux identifiés à ce jour, ORANGE est de loin le plus matérialiste, et donc c’est dans ce domaine que son influence sur le monde a été la plus considérable, par exemple au niveau de notre confort quotidien, de l’agriculture, du transport, de la globalisation et de l’échange d’informations.

Jack : Individualisme et matérialisme, cela fait un monde un peu limité, non ?

Chris : C’est justement cette constatation qui provoque l’émergence du niveau suivant, VERT. En VERT, l’attention se porte vers ceux qui ont été exclus par ORANGE et aboutit à un retour du sens collectif. Il devient important de prendre en compte les besoins humains, d’appartenir à une ou des communautés, de vivre en harmonie et de rechercher le consensus.

Natasha : La pensée est relativiste et se focalise sur les gens, l’humain, les besoins environnementaux et l’interdépendance du vivant. Les idées sont étudiées dans leur contexte. Tous les membres du groupe sont écoutés, et leurs choix sont respectés, autant que cela est possible. Le fonctionnement devient plus intuitif. L’égalité et l’équilibre de la vie sont souvent des valeurs centrales. Une responsabilité collective sur le fonctionnement du monde commence à apparaître, ainsi que le doute et l’ambiguïté.

Jack : Il me semble que ce sont des valeurs qui jouent un rôle de plus en plus important.

Natasha : Oui, c’est actuellement le système émergent dans la culture occidentale et qui commence à avoir un impact non négligeable, notamment dans certaines parties des pays d’Europe du Nord : VERT est certainement plus présent au Danemark ou en Suède qu’aux États-Unis.

Chris : Bien que le plus souvent, VERT commence juste à apparaître, il existe deux autres systèmes, tous deux marginaux. On les trouve présents chez des individus, ou dans des petits groupes ou organisations, mais ils ne dominent encore la culture d’aucun pays. D’une certaine façon, ces deux systèmes semblent répéter les deux premiers systèmes de la Spirale, mais à un niveau plus élevé. Le premier, JAUNE, est caractérisé par une réduction notable de la compulsivité et de la peur qui étaient des moteurs des six premiers niveaux.

Jack : Pourriez-vous préciser ces peurs ? Il me semble qu’elles n’ont pas été mentionnées explicitement, et cela nous permettra de faire un bilan des six premiers niveaux.

Natasha : En BEIGE, la peur dominante est la peur naturelle et instinctive, comme la peur des bruits violents ou des hauteurs ; c’est un programme utile pour échapper aux tigres à dents de sabre et à toutes les créatures ayant des mâchoires et des crocs, et pour ne pas tomber d’une falaise. En VIOLET, les peurs dominantes sont celles des esprits diaboliques, des malédictions, de la colère des ancêtres et de la transgression des tabous. En ROUGE, la peur n’est pas reconnue, mais les personnes fortes sont respectées et la honte est redoutée. En BLEU, on peut avoir peur d’être victime de ROUGE, ou peur du chaos social. Des préoccupations concernant le péché et le mal, la mort et la punition deviennent prioritaires. ORANGE peut avoir peur de l’échec, de la ruine financière, de la dégradation de son image, de laisser passer des occasions ou de perdre le contrôle. VERT peut avoir peur d’être rejeté, de ne pas être aimé des autres, de perdre sa liberté ou d’être désapprouvé socialement pour avoir blessé les sentiments des autres.

Jack : Et donc après VERT, la peur n’existe plus ?

Natasha : Si bien sûr ! Mais elle n’est plus le mécanisme fondamental de réaction au monde. L’attention se focalise sur des problèmes d’existence, plutôt que de survie. On peut être concerné par la peur, mais ce n’est plus un élément-clé invalidant.

Patricia : C’est un peu comme en Ennéagramme. Tout ego peut ressentir et ressent à un moment ou à un autre de l’envie. Mais pour l’ennéatype 4, cette émotion est au cœur de son fonctionnement ; elle est structurelle alors que pour tous les autres ennéatypes, elle est circonstancielle et donc secondaire. De la même manière, la peur est structurelle dans les six premiers niveaux de la Spirale, alors qu’elle est circonstancielle après.

Jack : Vous aviez parlé de deux caractéristiques des niveaux de la deuxième boucle qui commence après VERT.

Chris : Précisons bien que puisque nous ne connaissons à ce jour que deux niveaux après VERT, la deuxième boucle, la répétition des six premiers systèmes, n’est qu’une hypothèse, fascinante certes, mais une hypothèse. Ceci dit, la deuxième caractéristique qui semble commune est que peu à peu se met en place une conscience globale de l’apport des différents niveaux de la Spirale, du besoin de connecter les forces intérieures et extérieures, d’accepter simultanément l’ordre et le chaos. Graves disait qu’il s’agissait d’utiliser mieux le cerveau déjà présent.

Jack : Comment cela se manifeste-t-il ?

Natasha : Vient un temps où l’individualité, sacrifiée en VERT, fait son retour. Les valeurs collectives gardent leur sens, mais le groupe n’est plus une fin en soi. JAUNE apparaît et est aussi un système relativiste et prenant en compte les situations et leur interdépendance. En JAUNE, l’individu considère que le monde est en danger et que le changement, ou l’absence de changement, ne peut pas être considéré comme la norme. En conséquence, le chaos et l’incertitude sont inévitables, et l’ambiguïté est une façon de vivre parfaitement acceptable.

Chris : JAUNE aborde ce monde avec une pensée systémique. Il note les interdépendances et accepte avec flexibilité les différences et les flux. Plus importante que l’idée d’intégration est celle de différenciation. Il n’y a pas de besoin ou de compulsion à terminer ; comprendre est la clé. Ceux qui sont dans ce système privilégient le fait d’être fonctionnel et n’aiment pas ce qui ne l’est pas. Souvent, JAUNE n’aime pas non plus l’autoritarisme et la compétition, et quand il y est confronté, il quitte la scène s’il ne peut pas les changer.

Adopter la pensée systémique et entreprendre efficace

Aujourd’hui j’aimerais partager avec vous un nouveau concept que j’apprécie beaucoup : la pensée systémique qui a été développée par Donella Meadows (non traduit en français malheureusement).

Avec la spécialisation des compétences à outrance et la division des tâches (Taylorisme), nous avons perdu petit à petit la vision d’ensemble. Chacun est cantonné à son champs d’action et ne se préoccupe peu voir pas du tout des autres secteurs. Nous voyons l’arbre mais pas la forêt. Dans son livre Thinking in Systems (non traduit en français malheureusement) , l’auteur nous propose une nouvelle façon d’aborder les choses, et les problèmes. Elle nous propose d’adopter la pensée systémique.

Qu’est ce que la pensée systémique ?

Un système est un ensemble d’éléments qui est organisé de façon cohérente en vue de remplir une fonction ou d’atteindre un objectif. Il existe :

  • des systèmes simples (linéaires et prévisibles) du type A==>B==>C, comme par exemple une fonction mathématique.
  • des systèmes compliqués, composés de plusieurs systèmes simples, et donc analysables par décomposition comme par exemple un logiciel informatique.
  • des systèmes complexes (non linéaires et imprévisibles) comme le corps humain.

Un système complexe est très difficile à analyser, surtout si l’on croit qu’il s’agit d’un système compliqué. La science moderne qui a voulu tout rationaliser ne nous a pas permis jusqu’à maintenant d’étudier les systèmes complexes, car ne se concentrait que sur des évènements prévisibles. La pensée systémique cherche à combler cette lacune et force à voir et comprendre les systèmes dans leur ensemble plutôt que par décomposition.

Qu’est ce qu’un système complexe ?

Comme dit précédemment, un système complexe n’est pas linéaire. L’entreprise par exemple est un système complexe dans son ensemble. Il est très difficile de prévoir ce qui va se passer car :

  • Les réseaux et les liens de causes à effets y sont nombreux (environnement économique, environnement social, …)
  • Des délais. Des causes peuvent avoir des effets à court terme, d’autres à très long terme. Par exemple, une décision stratégique peut avoir une conséquence immédiate ou au contraire des conséquences bien plus tard.
  • Des boucles de rétraction négatives régulent le système. Par exemple, le service après vente permet d’atténuer ou de résoudre l’insatisfaction de certains clients.
  • Des boucles de rétroaction positive (boucle amplificatrice). Par exemple,créer un service commercial afin de décupler le nombre de ventes.
  • Propriété d’émergence, lorsque des propriétés globales qui émergent des interactions locales entre les éléments d’un système complexe. Le tout est plus que la somme de ses parties. Par exemple lorsque l’entreprise investit X dollars dans un logiciel et Y dollars dans une machine associée. Le retour sur investissement doit être supérieur à X + Y.
  • Effet de seuil, lorsqu’il existe un « seuil » en dessous duquel la conséquence est proportionnelle à la perturbation et au-delà duquel les choses se mettent à évoluer de manière totalement différente. Par exemple, lorsque l’on augmente le prix d’un produit, le chiffre d’affaire augmente en proportion jusqu’au moment où les clients ne souhaitent plus acheter les produits car trop chers.
  • L’effet papillon, petit effet aux très grandes conséquences. Par exemple, un mot lors d’une interview peut provoquer la chute ou au contraire une très forte augmentation de la valeur d’une action d’une entreprise (exemple « OPA »).

Comme montré ci-dessus donc, l’entreprise est un système complexe qui mérite d’être étudié en tant que tel.

Les composantes de la pensée systémique selon Donella Meadows

Afin de faire évoluer un système complexe, Donella Meadows propose d’agir sur 12 leviers classés par ordre croissant de « puissance ». Voici ces leviers illustrés par notre exemple de l’entreprise en tant que système complexe comme vu plus haut :

1.  Les quantités mesurables, les chiffres (augmenter ou diminuer les prix)
2.  La dimension des stocks régulateurs par rapport aux flux (marge de manœuvre permettant  de supporter les flux) (augmenter le stock de produits)
3.  La structure des flux et des stocks (modifier son mode de production ou son processus d’achat)
4.  La longueur des délais par rapport à la vitesse de changement du système (diminuer le temps de production)
5.  L’effet régulateur des boucles de rétroaction négative (créer un service après vente)
6.  L’effet amplificateur des boucles de rétroaction positive (créer un service marketing et commercial)
7.  Les flux d’information (modifier le processus de décision)
8.  Les règles du système (modifier le règlement intérieur d’une entreprise afin d’augmenter le temps de travail par exemple)
9.  Le pouvoir du système de se créer, de s’auto-organiser ou de changer sa structure (donner plus de libertés aux employés en leur permettant d’entreprendre – faire de l’intrapreneuriat)
10. Les objectifs du système (changer la raison sociale de l’entreprise)
11. La vision du monde ou paradigme qui sous-tend le système (adopter une vision et un comportement développement durable, intégrant ainsi des paramètres non plus uniquement économiques, mais également sociaux et environnementaux)
12. La capacité de transcender les paradigmes (changer le monde)

Si vous agissez sur le premier levier, vous aurez peu de résultats. En revanche si vous agissez sur le 12ème levier, vous aurez d’énormes résultats. Mais bien entendu, il est beaucoup plus facile d’agir sur le premier levier que sur le dernier (le classement de difficulté est également croissant dans ce cas). Cet outils permet donc d’avoir une approche plus globale et de prendre les décisions les plus adaptées par rapport aux objectifs de changement que nous souhaitons et par rapport aux moyens que nous avons.

Comme le titre l’indique, je pense qu’adopter cette pensée peut nous permettre de mieux entreprendre car elle permet d’adopter une vision plus globale et polyvalente, ce que doit adopter un entrepreneur justement.

Jack : L’alternance individu-collectivité continue-t-elle après JAUNE ?

Natasha : Il semble que oui. Après JAUNE vient TURQUOISE. Mais JAUNE est déjà très rare. Sans doute pas plus d’un pour cent de la population mondiale accède régulièrement à ce niveau. TURQUOISE est encore plus difficile à trouver. Graves pensait avoir quelques cas, et nous-mêmes n’en avons rencontré aucun au cours de nos recherches. La description actuelle de TURQUOISE est donc très imprécise et devra être affinée et complétée au fur et à mesure de l’émergence de ce niveau.

Chris : Nous avons là l’exemple d’un domaine où la différence entre valeurs de surface et valeurs cachées est fondamentale. Ce besoin de préserver toute vie va bien au-delà du discours sur le bien commun parfois tenu en ORANGE, ou de la notion de communauté élargie fréquente en VERT, voire des connexions aux éléments présentes en VIOLET. Nous en avons déjà parlé, mais j’insiste car c’est un des points essentiels pour comprendre vraiment le modèle.

Jack : Un des points ? Vous pouvez nous donner les autres ?

Chris : Il importe de comprendre qu’il n’y a pas de niveau meilleur qu’un autre. Un niveau est bon s’il permet à la personne d’être adaptée à ses conditions de vie. C’est tout. Il n’y a aucune raison de vouloir changer de niveau pour le plaisir de changer. Ceci est une vision du monde ORANGE, centrée sur l’idée de progrès, et qui entre volontiers en compétition pour être au plus haut niveau possible de la Spirale. Notamment, il est certain qu’on n’est pas plus intelligent quand on accède à un niveau ou à un autre.

Fabien : Oui, j’ai lu dans une revue une personne, dont nous tairons charitablement le nom, décrivant trois niveaux après TURQUOISE, niveaux qu’elle incarnait bien évidemment. J’ai même lu un texte qui parlait de troisième boucle !

Natasha : Nous voyons cela tout le temps et cela ne fait que montrer à l’évidence que ces personnes n’ont pas fait le travail et les recherches nécessaires pour arriver à une compréhension claire du modèle. Il est très facile de lancer à propos du modèle des affirmations grandioses non prouvées par des faits et des données, et c’est bien souvent l’indicateur d’une hypertrophie d’ORANGE chez l’émetteur ! Beaucoup de ces gens croient qu’ils ont pour mission d’aider les autres à progresser. Il n’y a pourtant aucune raison de vouloir forcer les autres à changer. Graves aimait à répéter : « Nom de Dieu, les gens ont le droit d’être ce qu’ils sont ! »

Jack : Un autre point ?

Natasha : Nous avons aussi déjà mentionné que la Spirale Dynamique n’est pas une typologie. Personne n’est JAUNE ou BLEU. Une personne, à un moment donné de sa vie, dans un contexte donné, manifeste un ou plusieurs niveaux. Ce sont cette dynamique et cette complexité qui font la richesse du modèle de Graves : des systèmes à l’intérieur des personnes, plutôt que des types de personnalité.

Fabien : C’est important aussi de notre point de vue à Patricia et à moi. N’étant pas une typologie, la Spirale Dynamique n’est pas « en concurrence » avec l’Ennéagramme. Il ne s’agit donc pas de faire de pont entre les deux modèles visant au même objectif, mais de comprendre comment ils se complètent mutuellement et comment ils s’enrichissent l’un l’autre.

Jack : Effectivement en écoutant la description des différents niveaux, il y a des fois où il était difficile de ne pas penser à certains types de l’Ennéagramme. ROUGE et 8, ou ORANGE et 3par exemple. Alors comment mettre tout cela ensemble ?

Fabien : Nous observons et interrogeons les gens autour de nous depuis près de deux ans pour voir si et comment les deux systèmes cohabitent. Les conclusions de cette étude montrent la validité de chaque modèle et en respectent les spécificités. Chaque matin quand nous nous réveillons, nous avons la conviction d’être la même personne que la veille au soir, et aussi la même qu’il y a dix ans, et aussi la même que dans notre enfance. Et pourtant, cela peut sembler paradoxal, nous avons aussi l’impression d’avoir profondément changé.

Patricia : L’Ennéagramme décrit avec une finesse extraordinaire la partie constante de notre personnalité. C’est l’ennéatype que nous incarnons du début à la fin de notre vie. Cela n’empêche pas l’Ennéagramme d’être un modèle dynamique et d’inclure dans sa description un certain nombre de changements par le développement des ailes ou les processus de désintégration et d’intégration. Ces derniers représentent une évolution psychospirituelle majeure, qui n’a rien à voir avec les changements cartographiés par la Spirale Dynamique.

Fabien : La Spirale Dynamique décrit avec autant de subtilité que l’Ennéagramme un autre aspect de la personnalité, l’adaptation aux conditions de vie, et l’intégration dans une structure sociale. Une compréhension plus complète de notre fonctionnement ou de celui des autres nous semble nécessiter l’utilisation conjointe des deux approches. Nos observations montrent que les deux systèmes peuvent être utilisés dans leur intégralité.

Patricia : Tous les types de l’Ennéagramme peuvent accéder à tous les niveaux de la Spirale…

Fabien : … et tous les niveaux de la Spirale peuvent être vécus par tous les ennéatypes !

Jack : Là, vous me faites le coup du « tout est dans tout et réciproquement » ?

Fabien : Oui. Toutes les combinaisons sont possibles, mais elles ne sont pas toutes égales. Introduisons le concept d’affinité entre un ennéatype et un niveau de la Spirale. Un ennéatype donné peut se sentir à l’aise dans un niveau, simplement parce qu’il lui permet d’exprimer facilement sa personnalité, ou au contraire s’y sentir mal parce que ce niveau ne correspond pas à son fonctionnement naturel.

Patricia : C’est un peu comme quand on voyage. Dans certains pays, on se sent tout de suite confortable, la culture nous semble familière. Dans d’autres, les gens nous semblent plus étrangers et il nous faut un temps d’adaptation plus long.

Fabien : Au cours de son existence, par le simple fait de grandir, un être humain va passer par différents niveaux de la Spirale. Certains niveaux peuvent être tellement naturels et confortables que la personne risque d’avoir du mal à en sortir et à passer au niveau suivant alors que pourtant l’évolution de ses conditions de vie l’exigerait. Sa personnalité, au sens de l’ennéatype, peut créer une rigidité lui empêchant de s’adapter au monde qui l’entoure, ou au moins freinant cette adaptation.

Jack : Vous pourriez nous donner des exemples ?

Fabien : Bien sûr. Voici un tableau qui résume comment chaque ennéatype peut se sentir dans son élément ou non pour chaque niveau de la Spirale :

  1 2 3 4 5 6 7 8 9
VIOLET ++   ++ ++ ++ + ++
ROUGE ++ +(x) +(cp)/– ++ ++
BLEU ++ + ++ ++   +
ORANGE   +(s) ++ +(x) ++ ++ ++
VERT         ++
JAUNE     +(m) + ++(s)   +(a)
TURQUOISE La description de ce système est imprécise et incomplète, les échantillons étant trop faibles.

cp = contre-phobique – s = sous-type social – x = sous-type sexuel 
a = mental comme centre de support – m = instinctif comme centre de support
© Fabien & Patricia Chabreuil, Paris, 2004, 2006

La discussion complète de ce tableau nécessite une connaissance approfondie de la Spirale Dynamique. Cependant, nous pouvons voir rapidement les aspects principaux pour chaque ennéatype.

Patricia : L’ennéatype 1 est particulièrement à l’aise en BLEU. L’existence d’une Vérité absolue et de règles précises définissant la bonne façon de faire lui convient, et l’attitude négative, voire punitive, face aux comportements considérés comme déviants correspondent facilement au fonctionnement d’un 1 égotique. Le sacrifice du soi impliqué par ce niveau lui est aisé. Insistons bien, cela ne signifie pas que tous les 1 sont centrés en BLEU. Cela signifie qu’accéder à ce niveau de la Spirale leur est facile, qu’il leur est plus difficile qu’à d’autres de s’en éloigner pour développer ORANGE, et qu’ils ont tendance à utiliser préférentiellement ce niveau, y compris dans des situations où il n’est pas le plus adapté.

Fabien : L’ennéatype 2 n’aime guère ROUGE, dont l’impulsivité et la propension à exploser l’effraient. Il pourrait se sentir confortable en VERT qui est sensible et prend plus en compte les autres, mais le niveau se veut beaucoup trop égalitariste pour lui. Le 2 fait partie des ennéatypes qui n’ont pas encore rencontré un monde qui leur paraît fait pour eux.

Patricia : Par son extraordinaire faculté d’adaptation et sa passion de mensonge, l’ennéatype 3 est capable de se sentir à l’aise dans beaucoup de niveaux. Mais ORANGE, compétitif, opportuniste et individualiste, constitue son terrain de prédilection. Cela a créé une grande confusion entre 3 et ORANGE ; nous y reviendrons, si vous le voulez bien. VERT, égalitariste, et JAUNE, fonctionnant sur la base de principes, lui conviennent nettement moins bien.

Fabien : Comme le 2, l’ennéatype 4 n’a pas encore trouvé le monde adapté à son ego. Sensible et soucieux de la prise en compte respectueuse des êtres humains, le 4 pourrait grandement apprécier VERT, mais le sacrifice de soi que ce niveau implique lui est source de malaise.

Patricia : Rationalité et progrès scientifique sont la marque d’ORANGE et conviennent parfaitement à l’ennéatype 5. Il apprécie aussi VIOLET qui cherche à comprendre le monde, et JAUNE qui l’aborde par le mental et par la collecte d’informations. Par contre, l’existence d’une Vérité absolue et incontestable en BLEU lui est difficilement tolérable.

Fabien : Quant à l’ennéatype 6, il peut se sentir à l’aise dans des structures sociales fortes et donc sécurisantes : VIOLET avec ses traditions, ses références à une autorité et son désir de trouver une explication au monde ; BLEU avec là aussi l’autorité, les règles et l’appartenance. Mais, les manifestations contre-phobiques peuvent l’amener à rejeter les mêmes systèmes.

Patricia : L’individualisme particulièrement développé de l’ennéatype 7, centré sur l’évitement de sa propre souffrance et la satisfaction de ses impulsions, le connecte profondément au niveau ROUGE. ORANGE est un niveau dans lequel il se sent très à l’aise, car il partage avec lui le désir de la réussite matérielle, le côté optimiste et orienté vers le progrès, le goût du changement et de la technologie. S’il réussit à discipliner son mental, JAUNE, curieux et orienté compréhension, peut jouer un rôle important.

Fabien : Est-il besoin de dire que ROUGE, privilégiant la force, refusant d’être dominé, aimant se battre pour avoir le pouvoir et le contrôle est la grande tentation de l’ennéatype 8 qui y satisfait son goût pour l’action ? Par contre VERT, par la recherche de consensus et le rythme que cela implique, peut lui paraître d’une mollesse insupportable.

Patricia : L’ennéatype 9, enfin, est horrifié par la violence impulsive de ROUGE. Il est sécurisé par le traditionalisme de VIOLET et, dans une moindre mesure, de BLEU, mais VERT, avec la recherche de consensus au sein de la communauté et l’objectif d’appartenance, est l’incarnation de ses valeurs principales… mais aussi de ses défauts potentiels, flou, imprécision, indécision.

Jack : On retrouve bien cette idée fondamentale en Ennéagramme que notre force la plus grande est aussi notre plus grande faiblesse. Parce que nous savons comment fonctionner dans un niveau, nous pouvons avoir tendance à nous y engluer. À l’inverse, nous pouvons passer à côté d’éléments intéressants dans des niveaux qui nous rebutent spontanément. Pour un thérapeute ou un coach, ce rapprochement doit permettre de comprendre des points obscurs du fonctionnement de leurs clients.

Fabien : Pas seulement eux ! Les parents peuvent mieux aider leurs enfants à grandir. À titre personnel, nous pouvons comprendre certaines réticences, certaines difficultés. De plus, le rapprochement permet de prévoir des difficultés d’adaptation à des cultures ou des entreprises. Par exemple, si vous embauchez un 7 dans un service centré en BLEU, vous risquez d’avoir des problèmes.

Jack : Est-ce que cette mise en perspective des deux modèles a aussi un impact sur chacun d’eux ?

Fabien : Oui. Je crois que l’affinité entre un ennéatype et un niveau de la Spirale peut parfois fausser nos descriptions des types.

Patricia : C’est l’un de nos dadas. Un ennéatype, c’est un centre préféré, une utilisation intérieure et/ou extérieure de ce centre, une orientation, une compulsion, un couple passion-vertu, un couple fixation-idée supérieure, un mécanisme de défense principal. À la limite, c’est tout, et nous pourrions décrire complètement l’Ennéagramme sur une page recto verso. Mais pour être plus précis, pour faciliter l’identification, pour rendre l’utilisation du modèle plus efficace, la communauté de l’Ennéagramme a écrit des dizaines de milliers de pages ! Pour ce faire, nous avons observé et interrogé des gens de tous les ennéatypes.

Fabien : Maintenant supposons que statistiquement, la plupart des ennéatypes 1 aient arrêté leur développement en BLEU, ou soient allés au-delà mais en gardant une hypertrophie du BLEU. Dans ce cas, nos descriptions de l’ennéatype 1 risquent de comprendre un mélange de caractéristiques relevant directement du 1, et de caractéristiques dues à BLEU et indépendantes du 1. Vous vous souvenez de Michael, que j’avais rencontré en stage et dont je vous parlais tout à l’heure ? C’est ce qu’il nous reprochait : « Je suis très clairement un 1. La colère et le perfectionnisme sont les moteurs de ma personnalité, mais je ne suis pas centré en BLEU. »

Patricia : Par exemple, telle personne éminemment respectée dans le monde de l’Ennéagramme, et à juste titre, écrit : « Si vous êtes un 1[…] vous vous sentez en sécurité dans une entreprise qui donne des directives claires et définit une démarcation stricte des responsabilités. » La même écrit : « Ils doivent connaître les règles et savoir comment les suivre pour accomplir leur tâche. » Un autre définit le 1 comme « piloté par des règles ».

Fabien : Non, ceci n’est pas du 1. Ceci est du 1-BLEU. Quand Michael lit ces phrases, il ne peut se reconnaître totalement dans le modèle de l’Ennéagramme. Il le trouve inconsistant, décrivant avec exactitude une partie de sa personnalité, mais totalement inexact pour d’autres.

Patricia : Et que dire de nos descriptions du 8 bien souvent un peu trop ROUGE ?

Fabien : Sans compter celles du 3. Notre culture occidentale étant dominée par ORANGE, les 3 qui recherchent le succès social s’adaptent à ce niveau de la Spirale. Nos descriptions du 3, en dehors du mécanisme de base, sont terriblement marquées par ORANGE. Cela a été longtemps une source de perplexité pour nous. Nous pouvions voir une personne comprendre clairement qu’elle n’était pas 3, et pourtant lui voir manifester tant de caractéristiques traditionnellement attachées au 3. En fait ce que nous prenions pour du 3 n’était que de l’ORANGE.

Jack : Que suggérez-vous ?

Fabien : Deux choses. La première, c’est d’être encore plus vigilant dans la séparation entre les mécanismes caractérisant le type et ceux qui en sont les conséquences pour une personne donnée. Par exemple, dans les caractéristiques fondamentales du 1, rien n’évoque les règles !

Patricia : La deuxième, c’est d’accueillir les minorités ! Même si la majorité des 1 ont un accès fort et fréquent au niveau BLEU, essayons de définir les combinaisons 1-VERT, 1-JAUNE, etc. Et cela pour les neuf types.

Jack : C’est un chantier immense !

Fabien : À qui le dites-vous ! Espérons que cet article dans EM donnera envie à nombre de vos lecteurs d’approfondir la Spirale Dynamique et de participer à ce travail. Ils peuvent bien évidemment nous contacter. Toutes les bonnes volontés sont bienvenues.

Jack : Bien évidemment, c’est aussi un moyen de rendre l’Ennéagramme encore plus interculturel.

Patricia : Bien sûr. Même s’il y a des passionnés de l’Ennéagramme dans le monde entier, la majorité d’entre eux vient des pays occidentaux. Cela peut se comprendre par des raisons économiques, mais peut-être aussi parce que nos descriptions des types ne prennent pas encore assez en compte les spécificités culturelles des autres pays. Un moyen de le faire est de mieux cartographier les différentes combinaisons entre les ennéatypes et les niveaux de la Spirale Dynamique.

Fabien : Rendre l’Ennéagramme plus spécifique pour le rendre plus universel.

__________

Chris Cowan or Natasha Todorovic – NVC Consulting, PO Box 42212, Santa Barbara CA 93140-2212, USA. Téléphone : +1 (805) 962-0366. Fax : +1 (805) 962-0306. Email : info@spiraldynamics.org. Web : spiraldynamics.org & clarewgraves.com
Fabien and Patricia Chabreuil – Institut Français de l’Ennéagramme, 66 Champs Elysées, 75008 Paris, France. Téléphone : +33 1 44 35 71 72. Email : info@enneagramme.com. Web : enneagramme.com & spiraledynamique.com

Dans ce tableau vous aurez un classement des couleurs par moi d’abord et ensuite par le collectif

Cinquante-cinquième article de blog: l’écoute génératrice de sourire

Si nous devions ne donner qu’un indicateur de la réussite du projet Pose ta carte, ce serait le sourire sur les lèvres des gens.

Lorsque nous avons construit la méthode, nous avons d’abord pensé aux gens.
Que pensent-ils ? Que vivent-ils ? De quoi ont-il besoin ? Comment les faire sourire ?

Lorsque nous accompagnons des personnes en phase d’accompagnement personnel ou en formation, nous pensons d’abord aux gens.
Ces gens sont d’abord des hommes, des femmes et des enfants. Ils sont ensuite des habitants de la commune, et puis des élus, des experts, des artisans, des membres associatifs…

Arrêtons de penser pour les autres

De ces gens, beaucoup d’autres imaginent qu’ils savent ce dont ils ont besoin. Il a besoin d’être stimulé, de se sentir utile dans la société, elles ont besoin d’une activité pour ne pas s’ennuyer, il doit être si malheureux dans sa vie, il devrait… Beaucoup d’idées que nous nous créons pour faciliter notre raisonnement : c’est plus rapide, ça nous permet de ne pas nous remettre en question et rassure nos positions.

Le problème de cette habitude est qu’en jugeant ou interprétant trop vite, nous nous faisons une fausse idée de ce que pense l’autre. Si on ne s’arrêtait qu’à ça, ça ne poserait pas vraiment de problème. Le sujet ici c’est qu’en général, nous ne nous arrêtons pas à seulement se faire une idée. Cette idée, on la partage à d’autres, on la nourrit dans des échanges et des débats d’idées, on l’utilise dans son programme, on l’amende avec d’autres avis et on peut même en faire un combat politique.

Et ce qui est encore pire, c’est que dire “je sais ce qui est bon pour vous”, “je pense que tu devrais faire ça” ou tout simplement ignorer l’autre peut générer plusieurs vagues d’émotions négatives : se sentir rabaissé.e, être en colère, être aigri, se sentir mis.e de côté…

Je me suis demandé comment nous pourrions éviter cette colère inutilement générée par des gens maladroits ou réducteurs d’idées. Et si nous allions tout simplement leur demander ? De quoi avez-vous besoin ?

Allons rencontrer les gens pour les écouter

Nous sous estimons souvent le pouvoir de l’écoute. Toutes les hommes et les femmes de ce monde ont besoin d’être écouté.es. Se savoir écouté, c’est savoir que nous sommes entendu.es, que nous sommes compris.e et que notre avis compte.

Une bonne qualité d’écoute permet avant tout de mieux comprendre l’autre. Comprendre ses réactions, ses comportements et ses actions. C’est un moyen de se concentrer pleinement sur l’autre un instant, de le questionner, d’être attentif à ce que l’autre ressent, sans jugement.

L’écoute est libératrice. Elle permet de sentir que nous comptons, de lever les mauvaises émotions et états d’âme du moment, de transformer l’échange en un moment émancipateur.

Repensez aux derniers moments où on vous a vraiment et profondément écouté… Ils sont souvent rares dans nos vies. Mais lorsque ça arrive, souvenez vous du sentiment que ça vous a procuré et de la qualité de l’échange produite.

Utiliser l’écoute comme fondement de Pose ta carte

Penser aux gens et prendre soin d’eux passe par une sacrée dose d’écoute. C’est que nous essayons de faire humblement à chacune de nos collaborations. Et ce n’est pas toujours évident.

Tout le monde ne connaît pas ses besoins, ou a tout du moins des difficultés à les exprimer. Il est alors essentiel de savoir poser les bonnes questions et de savoir écouter les réponses.

Nous cherchons systématiquement à connaître les besoins des personnes avec qui nous travaillons : les élus, les citoyens, les membres de l’association. Nos premières rencontres commencent toujours avec quelques questions : quels sont tes besoins et tes motivations ? qu’est-ce qui t’intéresse dans ce projet ? comment aimerais-tu contribuer ?

Nous les demandons ensuite aux habitants des communes que nous accompagnons en nous appuyant sur une méthode inspirée de la psychologie positive – la démarche appréciative – qui demande les besoins des habitants en mettant d’abord les forces du territoire en lumière : Qu’est-ce qui vous plaît dans l’endroit où vous vivez actuellement ? A quelles activités aimez-vous participer ? Quelles activités supplémentaires souhaiteriez vous ? Que souhaiteriez-vous avoir de plus pour améliorer la qualité de vie ?

Être créatif pour prendre soin des gens, les écouter, les questionner, prendre du recul lorsque nous échangeons avec un proche, pratiquer l’écoute profonde… c’est des choses que nous pourrions tous faire un peu plus. Si nous cultivions tous l’écoute, nous pourrions créer une société avec plus de sourires !

Voilà ! C’était des nouvelles de ce qui c’est passé pour moi durant les 1 an et demi écoulés et où j’en suis !

Un grand Merci à tous pour votre patience et votre soutien !!!

C’est grâce à vous que toute cette aventure et cette enquête sur le mode d’emploi de l’humain est possible, et peut aller encore plus loin !

Merci spécialement à ceux qui ont privilégié de commander mes livres dans ma boutique !

Cela m’a permis essentiellement de financer mes 4 formations professionnelles, d’investir dans du matériel, et de dégager du temps pour l’écriture !

Pour ceux qui ne connaitraient pas encore la série « Emotions, enquête et mode d’emploi », des extraits des premiers tomes sont disponibles ici :– Extraits du tome 1– Extraits du tome 2

>>> Pour commander : Aller à la boutique

Et j’ai quand même un livre qui sort cette fin année !!  Héhé !
Si ! Si ! ça y est ! « Friandises philosophiques 2 » est disponible !


Lire un extrait ici !
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————————————————————————————
UPDATE : Suite à de nombreuses demandes sur le détail des formations que j’ai suivies, j’ai décidé de mettre plus en évidence ici la réponse que j’ai donnée :

« Tu peux trouver des infos sur internet pour les formations que j’ai suivies.
IFS et IR, c’était avec François Ledoze. La théorie polyvagale vient de Stephen Porges, et a été adaptée par Déborah Dana pour être utilisable concrêtement. IFIO est l’approche de Toni Herbine Blank.

Pour résumer super rapidement, IFS c’est une approche pour remettre de l’harmonie dans la famille intérieure en remettant « l’énergie du SELF » (le soleil que nous sommes, notre vraie nature) au centre de la famille. Cela implique la guérison des blessures du passé, et bien d’autres choses.


Cela marche très bien pour les personnes qui ont un « attachement sécure ». Pour ceux, comme moi qui ont un « trouble de l’attachement » (qui n’ont pas pu s’attacher à un référent extérieur qui incarnait la sécurité relationnelle), il peut être nécessaire de recalibrer le système nerveux autonome par une expérience de relation sécure et cohérente. C’est ce qu’amène l’IR (Intelligence relationnelle).

En sachant que l’IR prend sa source dans l’IFS et la théorie polyvagale (et une troisième branche), j’ai aussi fait la formation avec Déborah Dana, que je trouve fabuleuse dans la façon de comprendre en profondeur et par l’expérience le système nerveux autonome, et la façon dont on peut naviguer entre les différents états, cultiver l’état de sécurité.

Et j’étais aussi curieuse du travail IFIO avec les couples, qui m’a apporté plus de clarté sur l’aspect systémique l’amélioration des relations, et de comment cela peut être fait.

Voiloù en hyper condensé, tel que je l’ai vécu et compris.  »

Armella Leung, alias Art-mella

Curieuse de la vie et de ses mystères, je suis à la recherche du mode d’emploi de l’humain et… de l’univers en général ! ^_^

Pourquoi ?

Parce qu’il y a quelques années, je n’aimais pas du tout ma vie. Criblée de peurs et de blocages, j’ai décidé de chercher des solutions.
De précieuses découvertes ont changé ma vie, et j’aime les partager en BD pour les rendre accessibles au plus grand nombre.

Réinventer sa vie avec la bande dessinée | Armella Leung | TEDxLaRochelle

https://youtu.be/WPWhtW3Qexk

Pour ré-inventer sa vie, Art-mella s’est mise à défricher son jardin intérieur. Elle raconte comment cela l’a amenée à découvrir, par petits bouts, le mode d’emploi de l’humain, et à vouloir le partager en bandes-dessinées. Artiste, illustratrice, animatrice, curieuse de la vie et de ses mystères, passionnée de développement personnel, Armella partage ses réflexions au fur et à mesure de ses investigations et de ses rencontres… sous forme de bande-dessinées. This talk was given at a TEDx event using the TED conference format but independently organized by a local community. Learn more at http://ted.com/tedx

 

La carte pour trouver ton besoin caché

Cinquante-quatrième article de blog explication de la spirale dynamique par vergnes philippe

Date: 14 février 2019

Auteur: vergnesphilippe9 Commentaires

« Nous ne pouvons pas résoudre les problèmes avec la pensée qui les a créés » (Albert Einstein)

(ALBERT EINSTEIN)

« La psychologie de l’être humain mature se développe selon un processus émergent, oscillant, en spirale, caractérisé par la subordination progressive de systèmes comportementaux anciens et inférieurs à des systèmes plus récents et supérieurs, à mesure que les problèmes existentiels de l’homme évoluent. »

(DR. CLARE W. GRAVES)

Pour comprendre la vision intégrale ou la pensée intégrale de Ken Wilber et sa théorie de tout que nous avons abordée lors de la première partie de cette série d’articles (cf. « Ken Wilber : En marche vers une révolution jaune ? »), nous devons nous intéresser à la Spirale Dynamique de Clare Graves et aux enseignements que nous pouvons tirer de ce modèle quant à l’évolution de l’humanité et du milieu dans lequel elle s’insère.

Prétendre élaborer une théorie de tout peut apparaître bien présomptueux. Néanmoins, si nous considérons l’état actuel de la science matérialiste et des croyances qu’elle a introduites dans nos modes de pensée, nous ne pouvons que constater que la fragmentation actuelle du savoir nous impose l’obligation de construire des repères et de remettre chaque chose à sa place pour ne pas se laisser happer par le trou noir du confusionnisme ambiant générant des incompréhensions insolubles qui, in fine, aboutissent immanquablement à la guerre de tous contre tous.

En outre, comme le précise Serge Carfantan : « N’est-ce pas un besoin inné de l’esprit humain que de tenter de mettre chaque pièce du puzzle au bon endroit pour avoir une idée de l’image qu’elles composent ? Tous ceux qui prennent un peu au sérieux le désir de connaître se retrouvent très vite confrontés au fait que le savoir est devenu une forêt inextricable où les complications et les contradictions sont déroutantes. Il est indispensable, pour ne pas se perdre ou s’égarer, de situer chaque approche et ses limites.

D’où l’intérêt de l’approche proposée par Ken Wilber. Il faut tout de suite noter que son approche de la théorie du Tout se situe dans le cadre d’une philosophie de l’évolution[1]. » Fort de ces constats, il importe donc de savoir d’où l’on parle et d’où parlent nos interlocuteurs pour mieux saisir leurs croyances et les nôtres afin de leur apporter des réponses appropriées.

Connaître la double position d’où l’on parle, tant sur un plan vertical (les niveaux de conscience tels que Clare Graves a pu les synthétiser) que sur un plan horizontal (le système AQAL qui présente les différentes approches de la réalité), nécessite de relier les connaissances dans un méta-système capable d’en donner une représentation (cartographie) plus complète quand bien même une carte, aussi précise soit-elle, n’est pas le territoire qu’elle représente (cf. la sémantique générale d’Alfred Korzybski).

Alfred Korzybski est auteur de l’aphorisme : « une carte n’est pas le territoire qu’elle représente. » (en anglais, « A map is not the territory it represents. ») Il met toutefois très fortement en garde dans ses ouvrages, en particulier Science and Sanity, contre l’usage du verbe « être », qui ne possède pas de définition univoque concernant des objets déjà existants.

Qu’est-ce donc que la Spirale Dynamique et que nous enseigne-t-elle sur l’évolution des individus, des sociétés et du monde dans lequel nous vivons ?

La Spirale Dynamique est une approche psychologique basée sur l’étude statistique de données relatives aux valeurs auxquelles s’attache tout être humain immergé dans un contexte culturel donné. C’est un modèle d’évolution et de développement centré sur les visions du monde et les systèmes de pensée des individus, des organisations, des sociétés et des civilisations qui permet de comprendre comment les hommes s’organisent et pourquoi ils sont amenés à changer. Il rend compte de la façon dont les personnes interagissent avec leur environnement ainsi que de leurs capacités d’adaptations aux situations particulières qu’ils sont amenés à vivre. En ce sens, cette théorie diffère des approches classiques en sciences humaines qui catégorisent les individus en tant que « type ».

Elle répond à la question du comment nous nous représentons le monde (conceptualisation), plutôt que ce à quoi nous pensons (concepts) en se basant sur une holarchie de besoins incarnée par des systèmes de valeurs se superposant les uns aux autres. Autrement dit, nos représentations du monde dépendent d’un système de valeur qui change qualitativement au fur et à mesure de l’évolution de nos besoins personnels (cf. « La pyramide des besoins de Maslow ») et cet état de fait a de très nombreuses incidences sur l’état du monde, les sociétés et les individus qui les composent.

La Spirale Dynamique est un outil puissant qui peut être utilisée tant pour comprendre la phylogenèse de l’humanité que l’ontogenèse de l’être humain évoluant dans différents environnements culturels. Comme le précise Ken Wilber, les études portant sur le développement de la conscience humaine « s’avèrent être une partie cruciale de toute véritable théorie de Tout[2] », il est donc important de connaitre les travaux de Carle Graves sur les différents niveaux d’existences (rebaptisés ultérieurement par « niveaux de conscience »).

Carle Graves a développé le modèle de la Spirale Dynamique entre 1952 et 1958, d’abord sous le nom d’ECLET (Théorie émergente et cyclique des niveaux d’existence), à partir de l’étude des systèmes de valeurs qui sous-tendent nos différentes visions du monde. Cette théorie repose sur des études statistiques scientifiquement validées et a été popularisée et complétée par Don Edward Beck et Christopher C. Cowan. C. Graves a résolu le problème des valeurs affichées par un être humain, une organisation ou une société en observant qu’elles étaient organisées en trois strates : les valeurs de surface, les valeurs cachées maquées ou implicites, et valeurs profondes.

  • Les valeurs de surface sont celles qui sont manifestées publiquement et ouvertement dans tous les actes de l’existence.
  • Les valeurs cachées masquées sont des valeurs dont nous voulons qu’elles restent ignorées des autres parce qu’elles sont en contradiction avec les valeurs de surface et les valeurs cachées implicites ne sont pas formulées expressément et complètent les valeurs de surface sans forcément s’opposer à elles.
  • Les valeurs profondes sont des structures qui conditionnent les valeurs de surface et les valeurs cachées.

La Spirale Dynamique ne décrit que les valeurs profondes dans les huit niveaux d’existence qu’elle a identifiés à ce jour. Plus les valeurs sont profondes, plus elles sont inconscientes et abstraites, et plus elles sont difficiles à changer. Ces invariants sont présentés sous le concept de mème (ou vMêmes pour « valeurs mèmes » à ne pas confondre avec les mèmes de la mémétique) qui à chaque niveau d’existence (ou de conscience) possède ces propres lois fondamentales rendant ainsi possible une vision du monde cohérente et unifiée.

Carle Graves a initialement désigné chaque niveau d’existence par une paire de lettres. La première faisant référence aux conditions de vie et la seconde ayant trait aux capacités cérébrales. Les conditions de vie activent des capacités cérébrales qui permettent la mise en œuvre des niveaux d’existence.

Ces capacités cognitives représentent nos capacités d’adaptation face aux conditions de vie produites par les différents types de sociétés. L’émergence de nouveaux niveaux d’existence ne correspond donc pas un progrès de l’intelligence, mais plutôt à la façon dont nous réagissons aux problèmes générés à chaque étape du processus de développement de la conscience qui doit intégrer la gestion d’un monde de plus en plus complexe. Ce qui signifie qu’aucun niveau d’existence n’est bon ou mauvais en soi, et ne peut être jugé supérieur ou inférieur à un autre. Le seul critère d’évaluation d’un niveau d’existence réside dans sa capacité à répondre de façon adaptée aux conditions de vie en vigueur dans une société donné qui découlent des différents modes de pensée. Par exemple, le niveau moderniste-matérialiste-capitaliste ER orange est-il adapté aux enjeux environnementaux actuels (changements climatiques, perte de la biodiversité, pollutions, etc.) ?

Ainsi, la progression de la spirale se fait par alternance entre les niveaux d’expression du soi (JE) et de sacrifice du soi (NOUS). Dans les niveaux d’expression du soi (JE), c’est le collectif (NOUS) qui est sacrifié et dans ceux où le collectif domine (NOUS), c’est l’expression du soi (JE) qui est sacrifiée. Il en résulte que le sacrifice est toujours présent sous différentes formes – sacrifice du soi (JE) ou sacrifice du collectif (NOUS) – tout au long de l’évolution humaine. Chacun des six niveaux d’existence de la conscience du premier palier se construit par opposition à celui qui le précède, car les problèmes qu’engendre un niveau de conscience ne sont résolus que par un développement cognitif qui transcende et inclut le niveau précédent. Ce nouveau développement cognitif génère à son tour des problèmes qui ne peuvent être résolus que par un nouveau mode de pensées, etc. La Spirale dynamique est donc organisée en holarchie (hiérarchie naturelle, cf. première partie), mais seule l’évolution vers la conscience de second palier est à même de résoudre le problème posé par la logique sacrificielle (individuelle, JE, ou collective, NOUS) à l’œuvre dans les niveaux de conscience du premier palier. D’où l’importance et l’urgence d’une « révolution jaune » !

Tableau 4

Présentation résumée des niveaux d’existence ou de conscience[3] :

Les six premiers niveaux sont les « niveaux de subsistance » marqués par une pensée de « premier palier ». Il y a ensuite une transformation radicale de la conscience qui ouvre sur l’émergence des « niveaux d’être » (dont on dénombre deux vagues principales), et de la « pensée de second palier ».

Voici une brève description de chacune des huit vagues, avec le pourcentage estimé de la population mondiale à chaque vague et le pourcentage de pouvoir social détenu pour chacune d’entre elles.

1. Beige : Archaïque-instinctuel. Le niveau de survie élémentaire : la nourriture, l’eau, la chaleur, le sexe et la sécurité dominent. Fonctionnement basé sur les habitudes et les instincts et orienté vers une survie élémentaire. Le moi distinct est tout juste éveillé, à peine soutenu. Se rassemble en groupes de survie.

Observé : Premières sociétés humaines, nouveau-nées, personnes séniles, personnes atteintes de stades avancés de la maladie d’Alzheimer, personnes en régression vivant dans la rue, masses affamées, personnes en état de choc. Environ 0,1 % de la population adulte, 0 % du pouvoir.

2. Violet : Magique-animiste. Mode de pensée animiste : des esprits magiques, bons et mauvais, habitent le monde et déterminent les événements en dispensant sorts, bienfaits et malédictions. Se rassemble en tribus ethniques. Les esprits existent chez les ancêtres et soudent la tribu. La parenté et la lignée déterminent la politique. Peut sembler « holistique », mais est en fait atomistique : « Il y a un nom pour chaque méandre du fleuve, mais aucun nom pour le fleuve ». [25]

Observé : Croyances aux sortilèges de type vaudou, serments de sang, vendetta, amulettes, rituels familiaux, croyances ethniques magiques et superstitions ; présent dans le tiers-monde, les gangs, les équipes sportives, et les « tribus-entreprise ». 10 % de la population, 1 % du pouvoir.

3. Rouge : Dieux puissants. Première apparition de l’individu distinct de la tribu : puissant, impulsif, égocentrique, héroïque. Esprits magico-mythiques, dragons, bêtes féroces et personnages puissants. Dieux et déesses archétypiques, êtres puissants, forces, bonnes et mauvaises, dont il faut tenir compte. Les seigneurs féodaux protègent les vassaux en échange de l’obéissance et du travail. Fondement des empires féodaux ; pouvoir et gloire. Le monde est une jungle remplie de menaces et de prédateurs. Conquérir, être Je plus rusé, dominer ; profiter de soi-même le plus possible sans regrets ni remords ; être ici et maintenant.

Observé : Chez les jeunes enfants (cf. la « crise » des deux ans), la jeunesse rebelle, le spécisme, les royaumes féodaux, les épopées héroïques, les méchants dans James Bond, les chefs de gangs, les mercenaires, le narcissisme New Âge, les rocks stars impétueuses, Attila le Hun, « Sa Majesté des mouches ». 20% de la population, 5 % du pouvoir.

4. Bleu : Ordre mythique. La vie a un sens, une orientation et une destination, déterminés par un Ordre/un Autre, tout-puissant. Cet Ordre légitime et vertueux impose un code de conduite basé sur l’absolutisme et des principes intangibles de « bien » et de « mal ». La transgression de ce code et de ces lois a des répercussions graves, et peut-être éternelles. L’obéissance à ce code garantit aux fidèles des récompenses. C’est la base des anciennes nations. Hiérarchies sociales rigides, paternalistes, avec une et une seule façon juste de penser le monde. La loi et l’ordre ; l’impulsivité contrôlée par la culpabilité ; croyances concrètes-littérales et fondamentalistes ; obéissance à la règle de l’Ordre ; fortement conventionnel et conformiste. Souvent « religieux » ou « mythique » [dans le sens [26] de confrérie mythique. Beck et Cowan s’y réfèrent comme au niveau « du salut »/absolutiste], mais il peut s’agir d’un Ordre ou d’une Mission séculaire ou athée.

Observé : Amérique puritaine, Chine confucéenne, Angleterre de Dickens, discipline de Singapour, totalitarismes, codes d’honneur et de chevalerie, « bonnes actions », fondamentalismes religieux (par exemple, chrétien et islamiste), scoutisme, « majorité morale », patriotisme. 40 % de la population, 30 % du pouvoir.

5. Orange : Accomplissement scientifique. À cette vague, l’individu s’émancipe de la « mentalité de troupeau » bleue, et part en quête de sens et de vérité en termes individualistes : hypothético-déductifs, expérimentaux, objectifs, mécanistes, opérationnels, « scientifiques » au sens classique du terme. Le monde est une machine rationnelle et prévisible, dont les lois naturelles peuvent être apprises, maîtrisées et manipulées afin de servir les intérêts personnels. Fortement orienté vers l’accomplissement, la réussite, et (particulièrement aux États-Unis) l’acquisition de biens matériels. Les lois scientifiques régissent la politique, l’économie et les événements humains. Le monde est un échiquier sur lequel les gagnants remportent prééminence et avantages matériels sur les perdants. Alliances des marchés ; manipulation des ressources terrestres pour ses propres intérêts stratégiques. Fondement des états-entreprise.

Observable : Le Siècle des Lumières, le roman La Grève (Atlas shrugged) d’Ayn Rand, Wall Street, la classe moyenne émergente partout dans le monde, l’industrie cosmétique, la chasse au trophée, le colonialisme, la Guerre Froide, l’industrie de la mode, le matérialisme, l’humanisme séculaire, l’intérêt personnel libéral. 30 % de la population, 50 % du pouvoir.

6. Vert : L’individu sensible. Communautaire, importance du lien humain, sensibilité écologique, réseaux. L’esprit humain doit être libéré de la cupidité, du dogme et de la division ; les sentiments et le souci d’autrui supplantent la rationalité froide ; attachement à la [27] terre, Gaia, la vie. Contre les hiérarchies ; établit des connections et des liens latéraux ; moi perméable, relationnel ; tissage de groupes. Met l’emphase sur le dialogue, les relations. Fondement des communautés de valeurs (c’est-à-dire les affiliations librement choisies sur la base de sentiments partagés). Fonde la prise de décision sur la réconciliation et le consensus (inconvénient : discussions interminables et incapacité à aboutir à des décisions). Renouveau de la spiritualité, recherche de l’harmonie, de l’épanouissement du potentiel humain. Fortement égalitaire, antihiérarchique, valeurs pluralistes, construction sociale de la réalité, diversité, multiculturalisme, systèmes de valeurs relativistes ; cette vision du monde est souvent appelée relativisme pluraliste. Mode de pensée subjectif et non linéaire ; manifeste un plus haut degré d’empathie pour la terre et tous ses habitants.

Observé : Écologie profonde, postmodernisme, idéalisme hollandais, approche thérapeutique rogerienne, Santé Canada [organisme gouvernemental pour la santé au Canada], psychologie humaniste, théologie de la libération, recherche coopérative, le Conseil Œcuménique des Églises, Greenpeace, droits des animaux, écoféminisme, post-colonialisme, Foucault/Derrida, concept du Politiquement Correct, mouvements pour la diversité, Droits de l’Homme, écopsychologie. 10 % de la population, 15 % du pouvoir.

Au terme du mème vert, la conscience humaine est prête à effectuer un saut quantique vers un mode de pensée de « second palier ». Clare Graves décrit cette transition comme un « bond décisif » dans lequel « un abîme de significations est franchi ». Essentiellement, une conscience de second palier peut penser à la fois verticalement et horizontalement, en intégrant à la fois les fonctionnements hiérarchiques et hétérarchiques (penser à la fois en termes de classements et de relations). On peut dès lors, pour la première fois, saisir avec clarté la totalité du spectre du développement intérieur, et ainsi réaliser que chaque niveau, chaque mème, chaque vague est essentielle à la santé de la Spirale dans son ensemble. [28]

En d’autres termes, chaque vague « transcende et inclut ». C’est-à-dire que chaque niveau va au-delà de son prédécesseur tout en l’incluant dans son tissu propre. Par exemple, une cellule transcende, mais inclut les molécules, qui à leur tour transcendent et incluent les atomes. Dire que la molécule va au-delà de l’atome ne signifie pas qu’elle le rejette ou qu’elle le marginalise : bien au contraire, elle l’intègre dans sa composition. De la même manière, chaque vague d’existence est un ingrédient fondamental de toutes les vagues suivantes, digne d’être pleinement appréciée et accueillie.

De plus, chaque vague peut être activée ou réactivée en fonction des nécessités de la vie. Dans des situations d’urgence, nous pouvons activer les pulsions rouges ; en réponse au chaos, il se peut que nous ayons besoin d’activer l’ordre bleu ; si nous sommes à la recherche d’un nouvel emploi, nous pouvons avoir besoin des initiatives et des ambitions orange orientées vers la réussite ; dans notre mariage ou avec nos amis, nous privilégierons probablement des liens affectifs verts. Tous ces mèmes apportent leur précieuse contribution.

Mais ce qu’aucun des mèmes de premier palier n’est en mesure de faire, c’est d’apprécier pleinement l’existence des autres mèmes. Chaque mème de premier palier voit sa perspective, sa vision du monde comme étant la meilleure. Chacun réagit négativement dès qu’il est remis en question, et contre-attaque violemment, avec ses armes, dès qu’il se sent menacé. L’ordre bleu ne peut supporter ni l’impulsivité rouge, ni l’individualisme orange. Pour l’individualiste orange, seuls les plus naïfs peuvent se satisfaire de l’ordre bleu et l’égalitarisme vert lui semble anémique et irréaliste. Quant à l’égalitarisme vert, il a beaucoup de mal à accepter la notion d’excellence, les classements de valeurs, les généralités, les hiérarchies, et tout ce qui ressemble à de l’autorité, et de ce fait il a tendance à rejeter les mèmes bleus, orange, et tout ce qui est « post-vert ».

Tout cela commence à changer avec l’avènement de la pensée de second palier. Parce que la pensée de second palier a conscience des niveaux intérieurs de développement, même si elle ne peut les articuler de façon technique, elle est capable de prendre du recul [29] et de saisir le tableau d’ensemble, et de ce fait elle peut apprécier le rôle nécessaire que joue chacun des différents mèmes. La conscience de second palier pense en termes de la totalité de la spirale de l’existence, et non plus dans ceux d’un niveau en particulier.

Là où le mème vert prend conscience de la diversité des systèmes et des contextes pluralistes présents dans les différentes cultures (ce qui en fait un individu sensible, car sensible à la marginalisation des autres), la pensée de second palier va un pas plus loin. Elle explore le contexte riche dans lequel sont connectés ces différents systèmes pluralistes, et ainsi elle commence à les inclure et à les intégrer dans des spirales holistiques et des maillages (ou meshworks) intégraux. Autrement dit, la pensée de second palier joue un rôle déterminant dans le passage du relativisme au holisme, du pluralisme à l’intégralisme.

Les recherches approfondies de Graves, Beek et Cowan indiquent au moins deux vagues principales dans cette conscience intégrale du second palier :

7. Jaune : Intégratif. La vie est un kaléidoscope de hiérarchies naturelles (holarchies), de systèmes et de formes. Les priorités sont la flexibilité, la spontanéité et la fonctionnalité. Les différences et les pluralités peuvent être intégrées dans des flux naturels et interdépendants. L’égalitarisme est complété par des degrés naturels d’ordre et d’excellence. La connaissance et la compétence remplacent la puissance, le statut ou les affinités. L’ordre mondial dominant est le résultat de l’existence des différents niveaux de réalité (mèmes) et des inévitables mouvements ascendants et descendants le long de la spirale dynamique. Une bonne gouvernance permet à chaque individu de s’épanouir à travers des niveaux de complexité croissante (hiérarchie imbriquée). 1 % de la population, 5 % du pouvoir.

8. Turquoise : Balistique. Système holistique universel, halons/vagues d’énergies intégratives ; unifie le sentiment et la connaissance ; multiples niveaux entretissés en un système conscient. [30] Ordre universel, vivant et conscient, et non plus fondé sur des lois externes (bleu) ou sur des affinités de groupe (vert). Une « grande unification » [T.D.T] est possible en théorie et en pratique. Comprends parfois l’émergence d’une nouvelle spiritualité, vue comme un maillage de tout ce qui existe. La pensée turquoise utilise la Spirale dans sa totalité, perçoit les multiples niveaux d’interaction, détecte les harmoniques, les forces mystiques, et les états de flow présents dans toute organisation. 0, l % de la population, l % du pouvoir.

La conscience de second palier est donc relativement rare, moins de 2 % de la population (à peine 0, l % à turquoise), car elle représente actuellement la « pointe » de l’évolution collective humaine. Nous pouvons citer en exemple, à la suite de Beek et Cowan, le concept de noosphère de Teilhard de Chardin, le développement de la psychologie transpersonnelle, les théories du chaos et de la complexité, les systèmes de pensée intégraux-holistiques, les approches d’intégration pluraliste de Mandela et de Gandhi, certainement amenées à se répandre, ainsi que d’autres mèmes plus élevés en perspective.

Le saut vers une conscience de second palier ?

Comme l’auront certainement compris certains lecteurs, l’émergence de la pensée de second palier s’accompagne d’une forte résistance de la part de la pensée de premier palier. « En fait, précise Ken Wilber, une version du mème vert postmoderne, nourri de pluralisme et de relativisme, a  activement combattu l’émergence de modes de pensée plus holistiques et intégratifs. Et pourtant, sans pensée de second palier, l’humanité est destinée à demeurer victime d’une “maladie auto-immuneˮ à grande échelle, dans laquelle les mèmes s’affrontent, chacun cherchant à établir sa suprématie sur les autres[4]. »

En effet, si chaque même tente de s’imposer aux autres, il n’est pas étonnant d’analyser cette situation comme celle d’un monde où règne une guerre de tous contre tous. C’est la raison pour laquelle de nombreuses disputes ne sont pas fonction de la meilleure preuve objective qu’il nous est possible de produire à l’appui du système de valeur que nous défendons, mais plutôt des niveaux subjectifs (valeurs profondes) des différentes parties en jeu. C’est ainsi qu’« aucune preuve scientifique (orange), aussi bonne soit-elle, ne saurait convaincre un croyant mythique (bleu) ; aucun degré d’empathie et de solidarité (vert) ne saurait impressionner l’agressivité orange ; et de la même manière, le holisme turquoise échoue à déloger le pluralisme vert… jusqu’à ce que l’individu soit prêt à évoluer à travers la spirale dynamique du déploiement de la conscience. Ceci explique pourquoi les débats entre différents niveaux de conscience sont rarement résolus, et occasionnent souvent un sentiment de n’avoir pas été apprécié ou compris. […] Le matérialisme scientifique (orange) est agressivement réductionniste envers les structures de second palier, et tente de réduire toutes les dimensions intérieures à des feux d’artifice neuronaux objectifs. Le fondamentalisme mythique (bleu) est souvent outré par ce qu’il perçoit comme une tentative de détrôner son Ordre établi. L’égocentrisme (rouge) ignore le second palier dans son ensemble, quant à la pensée magique (violet), elle le conjure en lui lançant un sort. Le mème vert accuse la conscience de second palier d’être autoritaire, durement hiérarchique, patriarcal, marginalisant, oppressant, raciste et sexiste. » Etc. et Ken Wilber rajoute : « De même, rien de ce qui sera dit dans ce livre ne pourra vous convaincre qu’une T.D.T. est possible si vous n’avez pas déjà une touche de turquoise à votre palette cognitive (qui alors vous fera dire à la lecture de plus d’une page “Je savais déjà cela. Je ne savais simplement pas comment le formulerˮ). »

Il découle de tout ceci que la seule solution à nos problèmes contemporains réside dans un saut de conscience qui fera basculer l’humanité à un niveau de conscience de second palier, c’est-à-dire GT (A’N’) jaune (d’où le titre de la première partie de cette série d’articles).

Philippe Vergnes

N.B. :
De nombreux lecteurs pourront reconnaître certains signes distinctifs du niveau de conscience auquel ils se situent, ceux qui souhaitent approfondir ce sujet peuvent le faire grâce à la bibliographie succincte communiquée lors de la première partie de cette série d’articles, en commençant par lire le très bon ouvrage de Fabien Chabreuil et Patricia Chabreuil, La Spirale Dynamique, comprendre pourquoi les hommes s’organisent et pourquoi ils changentet visionner l’excellente présentation de la chaîne You tube Arche formation : « L’évolution des systèmes de valeurs : Clare Graves “Spiral Dynamicsˮ ». C’est une nécessité, car l’évolution de la conscience tout au long de la Spirale Dynamique possède ses propres lois qui n’ont pas toutes été exposées dans cet article.


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[1] Carfatan, Serge (2017), Connaissance de la totalité, pourquoi l’homme fonctionne comme une totalité vivante ?, Paris : Almora, 400 p.

[2] Wilber, Ken (2014), Une théorie de tout, Paris : Almora, 282 p. (p. 22).

[3] Ce résumé est extrait de l’ouvrage de Ken Wilber Une théorie de tout (pp. 24-31).

[4] Wilber, Ken (2014), op. cit. (p. 31).